Fusillades: Trump accueilli par des manifestants en Ohio et au Texas

DAYTON, Ohio — Le président Donald Trump s’est rendu mercredi dans les deux villes touchées par des fusillades meurtrières le week-end dernier, où il devait jouer le rôle traditionnel du leader qui console ses concitoyens frappés par des tragédies. Mais ses propos incendiaires l’ont précédé et ses visites ont été marquées par des manifestations et des attaques politiques acerbes.

Des dizaines de manifestants attendaient le président à Dayton, en Ohio, l’accusant d’avoir enflammé les tensions politiques et ethniques et réclamant qu’il prenne des mesures pour mieux contrôler les armes à feu.

M. Trump et sa femme Melania se sont rendus dans un hôpital où plusieurs des victimes de l’attaque de dimanche ont été soignées. La fusillade survenue dans le quartier des bars de Dayton a fait neuf morts en plus du tireur, et près d’une quarantaine de blessés.

Les journalistes qui accompagnaient le président n’ont pas pu assister à la visite, mais la secrétaire de presse de la Maison-Blanche, Stephanie Grisham, a déclaré que le couple avait été reçu «très chaleureusement» par le personnel de l’hôpital, les premiers intervenants, les survivants blessés et leurs proches.

M. Trump a ensuite passé une partie de son vol entre l’Ohio et le Texas à exprimer ses griefs sur Twitter, réprimandant des élus démocrates, l’ancien vice-président Joe Biden et les médias.

En quittant la Maison-Blanche, plus tôt mercredi, M. Trump avait rejeté l’idée que sa rhétorique puisse alimenter les tensions dans le pays, affirmant plutôt qu’il «rassemblait les gens». «Notre pays va incroyablement bien», a-t-il dit.

Selon un récent sondage réalisé par le Pew Research Center, 85 pour cent des adultes américains pensent que le ton et la nature du débat politique sont devenus plus négatifs, et une majorité d’entre eux croient que Donald Trump a empiré la situation.

Et plus des trois quarts des Américains (78 pour cent) estiment que les élus qui utilisent un vocabulaire agressif ou incendiaire pour parler de certaines personnes ou de certains groupes augmentent le risque de violence à l’encontre de ces personnes.

Au Texas

Donald Trump n’est pas arrivé en terrain allié à El Paso, au Texas, où 22 personnes ont été abattues par un tireur dans un magasin Walmart samedi. Certains résidents et élus démocrates de la ville frontalière ont déclaré que le président n’était pas le bienvenu chez eux.

La démocrate Veronica Escobar, qui représente la ville au Congrès, a refusé de le rencontrer pendant sa visite. «Je refuse d’être un accessoire», a-t-elle déclaré lors d’une entrevue avec CNN.

Le candidat à l’investiture démocrate Beto O’Rourke, natif d’El Paso, devait prononcer un discours à l’événement #ElPasoStrong dans un parc, mercredi après-midi, pendant la visite du président. M. O’Rourke devait aussi visiter en soirée un mémorial près du lieu de la tuerie.

En février, lors d’un rassemblement de M. Trump à El Paso en faveur d’un mur à la frontière américano-mexicaine, M. O’Rourke avait attiré des milliers de personnes venues écouter un discours contre ce même mur, de l’autre côté de la rue.

Mercredi, M. Trump a écrit sur Twitter qu’il avait «écrasé» M. O’Rourke lors de ces événements rivaux en février, ajoutant que ce dernier devrait respecter les victimes et les forces de l’ordre et «garder le silence».

M. O’Rourke a répliqué: «El Paso ne gardera pas le silence et moi non plus.»

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