Ottawa aidera les étudiants et les Canadiens qui vivent à Hong Kong

OTTAWA — Le gouvernement fédéral a finalement dévoilé jeudi son plan pour aider les Canadiens qui vivent à Hong Kong, alors que les autorités chinoises resserrent leur étau sur la démocratie dans le territoire.

Le ministre canadien de l’Immigration, Marco Mendicino, a annoncé de nouvelles mesures «qui permettront aux étudiants et aux jeunes de Hong Kong de venir rapidement au Canada grâce à des permis de travail et d’études, ainsi qu’à de nouvelles voies d’accès de séjour permanent».

Le ministre a également rassuré les Canadiens et résidents permanents du Canada à Hong Kong «qu’ils pouvaient revenir au Canada en tout temps et que les documents dont ils ont besoin seraient traités rapidement».

«Cette annonce appuie également les engagements pris par le gouvernement du Canada de soutenir les nombreux liens entre le Canada et Hong Kong en réponse à l’imposition et à la mise en oeuvre par le gouvernement chinois de la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong le 30 juin 2020», indique le ministère dans un communiqué.

Ottawa estime que 300 000 Canadiens vivent à Hong Kong, ce qui en ferait «l’une des plus grandes collectivités canadiennes à l’étranger». En vertu d’un traité international, Hong Kong devait fonctionner selon la formule «un pays, deux systèmes» après la rétrocession du territoire à la Chine continentale par le Royaume-Uni en 1997.

Mais la loi sur la sécurité nationale adoptée récemment par Pékin pour Hong Kong «criminalise « le séparatisme, la subversion, le terrorisme et la collusion avec les forces étrangères », en fournissant des définitions très larges de ces crimes qui portent atteinte aux droits et libertés», estime le gouvernement canadien.

Le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, indiquait mercredi que le Canada était «profondément déçu» par la décision de Pékin de destituer quatre législateurs légitimement élus à Hong Kong.

«Cette décision restreint davantage l’autonomie de Hong Kong et l’espace de liberté d’expression et de participation de la population à la gouvernance à Hong Kong», écrivait le ministre Champagne. «Cette action montre clairement un mépris inquiétant pour la Loi fondamentale de Hong Kong et le degré élevé d’autonomie promis à Hong Kong suivant le principe du « un pays, deux systèmes ».»

Les Ouïghours

Plus tôt jeudi, les membres d’un sous-comité des Communes qui s’était penché sur le sort de la minorité musulmane ouïghoure dans la province du Xinjiang ont rappelé «que les gestes du Parti communiste chinois constituent un génocide aux termes de la Convention sur le génocide».

Les annonces de jeudi à Ottawa risquent d’irriter Pékin, qui avait prévenu le gouvernement canadien de ne pas se mêler de Hong Kong et de se garder de toutes critiques liées aux Ouïghours. Les relations entre Ottawa et Pékin ont rarement été aussi mauvaises depuis que le gouvernement chinois a emprisonné deux Canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor. Ce geste est considéré par plusieurs comme une mesure de représailles à l’arrestation à Vancouver, à la demande des Américains, de la dirigeante de Huawei, Meng Wanzhou, quelques jours plus tôt.

Le Sous-comité des droits internationaux de la personne du Comité permanent des affaires étrangères et du développement international précise que ses condamnations «visent directement le gouvernement de la Chine, représenté par le Parti communiste chinois, et non le peuple chinois». Le Sous-comité condamne «sans réserve la persécution des Ouïghours et des autres musulmans turciques du Xinjiang par le gouvernement chinois».

Le rapport du sous-comité cheminera par la suite au sein du Comité permanent des affaires étrangères et du développement international, avant d’être présenté formellement au gouvernement. Le premier ministre Trudeau a souvent répété qu’il ne se gênerait pas, même publiquement si nécessaire, pour soulever la question des droits de la personne en Chine.

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