Ottawa annonce à son tour un soutien financier pour Resilience Montréal

MONTRÉAL — Deux semaines après Québec, Ottawa allonge à son tour 3,6 millions $ pour permettre au centre de jour Resilience Montréal d’acquérir un édifice afin de poursuivre sa mission d’offrir un lieu de répit et de soutien aux Autochtones en situation d’itinérance.

«C’est une nouvelle vraiment incroyable!» a lancé la directrice du développement de Resilience Montréal, Nakuset, qui a qualifié d’historique les contributions fédérale et provinciale lors de l’annonce fédérale par vidéoconférence lundi.

Le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, s’est bien défendu de s’être fait tirer l’oreille par Québec en procédant à cette annonce. M. Miller affirme que son gouvernement était déjà prêt lorsque son vis-à-vis provincial, Ian Lafrenière, a fait essentiellement la même annonce pour le même montant il y a deux semaines.

«Ça fait assez longtemps que je travaille et que je parle avec le ministre Lafrenière de ce financement spécifiquement et à essayer de trouver des enveloppes où la demande pourrait être traitée. On était prêts il y a deux semaines, mais c’est simplement une question de logistique», a-t-il affirmé.

«La question en termes de ‘timing’ est une question qui doit se poser au ministre Lafrenière. On était prêts il y a deux semaines.» 

Pourtant, le 22 février dernier, le ministre Lafrenière ne semblait pas au courant, disant tendre la main à M. Miller: «J’espère vraiment que mon collègue Marc Miller, que je sais très occupé parce qu’il a plusieurs dossiers présentement, mais j’espère l’avoir comme partenaire. Pour nous ce serait extrêmement important, surtout que c’est dans son comté», avait-il alors affirmé.

«Il y a maintenant une lueur d’espoir»

La contribution fédérale, qui équivaut dollar pour dollar à celle de Québec, porte à 7,2 millions $ les subventions pour l’achat d’un édifice près du square Cabot, lieu de rassemblement de nombreux Autochtones en situation d’itinérance à Montréal. Mme Nakuset a précisé qu’il lui fallait environ 8 millions $ pour assurer l’achat de l’édifice, dont l’emplacement demeure confidentiel durant les négociations, mais qui sera situé tout près du square Cabot. Elle est toujours à la recherche de financement pour compléter la mise sur l’édifice.

Il y a deux semaines, sept fondations privées se joignaient au ministre Lafrenière pour annoncer un soutien additionnel de 1,5 million $ sur trois ans afin d’assurer le maintien des activités de l’organisme. Mme Nakuset souligne qu’au-delà de la brique et du mortier, il est nécessaire de développer une gamme de services culturellement appropriés pour la clientèle autochtone.

«Les personnes qui viennent à Montréal n’ont jamais, dans leurs pires cauchemars, imaginé qu’elles aboutiront dans la rue», a-t-elle fait valoir.

«Les gens dans la rue, après des années, commencent à perdre espoir. (…) Avec cette annonce, il y a maintenant une lueur d’espoir.»

Elle a invoqué les nombreux obstacles auxquels sont confrontées les personnes autochtones en raison du racisme systémique: «Des gens viennent et disent ne pas vouloir aller à l’hôpital. On peut comprendre pourquoi. (…) Nous voulons aider les gens à atteindre ce prochain niveau de traitement.»

Nakuset explique que le rôle du personnel et des experts recrutés à l’externe est non seulement d’accueillir la clientèle pour lui permettre de se reposer, manger et autres besoins élémentaires, mais aussi de leur fournir des outils pour reprendre le contrôle de leur vie.

«Éventuellement, quand ils deviennent plus autonomes, ils seront capables d’aller à l’hôpital parce qu’ils seront en mesure de défendre leurs droits eux-mêmes s’ils font l’objet de commentaires dérogatoires d’une infirmière ou d’un médecin. Ils pourront dire: je sais quoi faire maintenant. Je peux faire une plainte. Ce qu’ils font habituellement, c’est simplement de quitter et n’y retournent pas.»

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