Ottawa annonce un fonds d’urgence de 350 millions $ pour groupes communautaires

OTTAWA — Devant les difficultés éprouvées par les groupes communautaires à obtenir des dons en temps de pandémie, le gouvernement fédéral crée un «fonds d’urgence pour l’appui communautaire».

Ottawa distribuera ainsi 350 millions $ aux groupes de charité, organismes sans but lucratif et groupes communautaires. L’argent passera, entre autres, par Centraide et la Croix-Rouge canadienne.

«On donne aux organismes plus de ressources pour s’adapter aux réalités et aux difficultés liées à la pandémie», a annoncé le premier ministre Justin Trudeau, mardi avant-midi.

Il a souligné que cet argent pourrait servir à «accroître les livraisons à domicile pour les personnes âgées ou offrir des services de transport pour les personnes handicapées».

Au Centre de ressources communautaires de la Basse-Ville, organisme qui oeuvre à Ottawa, on ne sait pas encore si on aura droit à une partie de cette nouvelle aide. On sait cependant que «le besoin est vraiment plus criant qu’avant», à ce que constate le directeur général du centre, Matthew Beutel.

«La banque alimentaire roule comme ça n’a jamais roulé», illustre-t-il en entrevue téléphonique. M. Beutel estime à environ 40 pour cent l’augmentation de la demande pour cette aide offerte par son centre.

«Quand on parle des employés de première ligne, on a souvent tendance à penser au médical, aux hôpitaux, et chapeau à tout ce monde-là qui fait un travail incroyable. Il faut, en même temps, ne pas oublier tous ceux qui travaillent en services sociaux (…) à offrir la nourriture aux familles vulnérables. On est là aux premières lignes (aussi)», fait-il remarquer.

Le gouvernement fédéral compte également sur la subvention salariale de 75 pour cent qu’il offre aux entreprises, y compris aux organismes sans but lucratif, pour donner un coup de main à ces groupes communautaires.

Cette subvention sera gérée par l’Agence du revenu du Canada qui a mis en ligne, mardi, une «calculatrice» pour aider les entreprises à préparer leurs demandes de subventions.

Les demandes pourront être déposées en ligne à partir de lundi prochain.

«On s’attend à ce que 90 pour cent des demandes soient traités avant le 5 mai et que les dépôts directs et les chèques soient acheminés peu de temps après», a déclaré le président du Conseil du trésor, Jean-Yves Duclos, lors du point de presse qui a suivi celui du premier ministre.

Grâce à cette subvention, les travailleurs pourront recevoir un maximum de 847 $ par semaine payés par Ottawa.

Invité à garantir qu’aucune portion de cette aide financière n’ira à des entreprises qui ont recours à des paradis fiscaux, le premier ministre Trudeau a assuré que son gouvernement continue de lutter contre l’évasion fiscale et l’évitement fiscal.

«Dans notre approche pour aider les entreprises, on a toujours été ancrés dans l’aide pour les travailleurs. On ne voulait pas juger si un travailleur travaillait pour une petite quincaillerie indépendante ou pour une grosse chaîne internationale de quincaillerie», a-t-il toutefois offert.

Deux avions repartis bredouilles

Le premier ministre a confirmé que deux avions qui devaient ramener de Chine de l’équipement de protection personnelle acheté par les Canadiens, ont dû repartir sans leurs cargaisons.

Une de ces cargaisons était destinée au gouvernement fédéral, l’autre à une province qu’il n’a pas voulu identifier.

«Il y a des limites extrêmement restreintes sur le temps qu’un avion peut rester sur le territoire chinois. Et il y a eu des délais énormes en termes de transport des marchandises vers l’aéroport. Et, malheureusement, les avions ont dû décoller dans cette situation sans avoir reçu leur livraison de cargaisons», a relaté M. Trudeau.

Cet incident a été soulevé, lundi, aux Communes, par le chef par intérim du Parti conservateur. Le premier ministre n’avait pas alors répondu directement à Andrew Scheer. Mardi, il disait avoir été informé depuis la veille.

M. Trudeau a également répété que son gouvernement multiplie les efforts pour mettre la main sur cet équipement que tous les pays s’arrachent.

Rapatriements

Lundi, des Canadiens ont pu rentrer des Bahamas, de Guinée, des îles Caïmans et de Jordanie.

Il reste 24 Canadiens à bord de navires de croisière, 18 touristes et six membres d’équipage. Deux des trois navires qui les transportent devaient débarquer leurs passagers dès mardi, l’un à Los Angeles, l’autre à Marseille.

Ottawa a distribué 5,9 millions $ aux Canadiens coincés à l’étranger et qui ont demandé un prêt au gouvernement canadien. Le gouvernement étudie encore quelque 2000 demandes de prêt.

Nombre de cas

Il y a eu plus de 565 000 tests administrés au Canada jusqu’à maintenant. La proportion de tests positifs ayant décelé la COVID-19 est de 6,5 pour cent, rapportait l’Agence de la santé publique du Canada, mardi.

Ces tests ont décelé 38 422 cas confirmés et probables. La COVID-19 a provoqué la mort de 1834 Canadiens.

Distribution des cas au pays, selon les plus récents bilans provinciaux et territoriaux: 20 126 cas au Québec, dont 1041 décès; 11 735 cas en Ontario, dont 622 décès; 3095 cas en Alberta, dont 61 décès; 1724cas en Colombie-Britannique, dont 87 décès; 737 cas en Nouvelle-Écosse, dont 10 décès; 320 cas en Saskatchewan, dont quatre décès; 257 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont trois décès; 255 cas au Manitoba, dont six décès; 118 cas au Nouveau-Brunswick; 26 cas à l’Île-du-Prince-Édouard; 11 cas au Yukon; cinq cas dans les Territoires-du-Nord-Ouest, tous guéris; aucun cas au Nunavut.

À ces bilans provinciaux et territoriaux s’ajoutent les 13 cas chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars.