Ottawa approuve avec conditions le projet massif de gaz liquéfié en C.-B.

RICHMOND, C.-B. – Le gouvernement fédéral a accordé son approbation conditionnelle, mardi, au projet massif de gaz naturel liquéfié Pacific NorthWest sur la côte nord-ouest de la Colombie-Britannique.

La ministre de l’Environnement, Catherine McKenna, le ministre des Ressources naturelles, Jim Carr, et le ministre des Pêches, Dominic LeBlanc, se sont rendus à Richmond, en Colombie-Britannique, pour annoncer l’approbation par le gouvernement de ce qui devrait représenter l’un des plus imposants investissements en infrastructure dans l’histoire canadienne.

Quelque 190 conditions juridiquement contraignantes sont attachées à cette approbation, a souligné Mme McKenna, soutenant que le projet avait été soumis à un «examen environnemental rigoureux».

Le projet de gaz naturel liquéfié de 36 milliards $ dirigé par Petronas sur l’île Lelu près de Prince Rupert ouvrirait la voie au transport de 19 millions de tonnes par année de gaz liquéfié vers les marchés asiatiques, ainsi qu’à l’émission de cinq millions de tonnes de dioxyde de carbone annuellement dans l’atmosphère. Ce projet constituerait l’un des plus importants émetteurs uniques de gaz à effet de serre au Canada, selon l’Agence canadienne d’évaluation environnementale.

L’approbation conditionnelle par le gouvernement fédéral met la table pour un automne de décisions cruciales sur la lutte aux changements climatiques et les infrastructures du secteur énergétique.

Mais cela ne signifie pas nécessairement que le projet imposant de gaz liquéfié se mettra en branle.

Les bas prix du pétrole à l’échelle mondiale et des stocks croissants de gaz naturel ont déprécié les prix à l’international pour le gaz naturel liquéfié, mettant davantage en doute la rentabilité du projet que lors de la première annonce en 2013.

Un porte-parole de Pacific NorthWest LNG a indiqué lundi que toute décision sur le début des travaux devrait d’abord être soumise aux actionnaires de l’entreprise, dans l’éventualité de l’approbation par Ottawa.

Tout de même, la décision du cabinet du premier ministre Justin Trudeau donne une première indication de la voie empruntée par le nouveau gouvernement libéral entre les intérêts divergents dans les dossiers de l’énergie et de la protection de l’environnement.

Des environnementalistes et des Premières Nations ont dénoncé le projet Pacific NorthWest en raison de craintes sur les changements climatiques et l’habitat du saumon, tandis que des partisans d’une croissance du secteur énergétique, incluant le gouvernement britanno-colombien de Christy Clark, ont parlé d’un élément clé de relance de l’économie du pays.