Ottawa compte présenter un projet de loi pour respecter le «Principe de Joyce»

Ottawa compte travailler sur un projet de loi qui donnerait plus de pouvoirs aux peuples autochtones en matière de santé, souhait exprimé par la Nation atikamekw et la communauté de Manawan à la suite du décès de Joyce Echaquan.

Le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, en a fait l’annonce après deux jours de rencontres virtuelles portant sur le racisme vécu par les Autochtones dans le système de santé.

Cette législation serait développée en partenariat avec les Premières Nations, les Métis et les Inuits dans les prochains mois. Le gouvernement fédéral ne se donne pas d’échéancier précis pour en arriver à un projet de loi, a affirmé M. Miller.

«La présentation de la loi, ce n’est pas pour demain parce qu’on va prendre le temps de bien faire nos affaires. […] Ce que nous visons tous, c’est la parité, l’égalité des peuples autochtones dans le système de santé», a-t-il déclaré.

Cette initiative a été immédiatement saluée par l’Assemblée des Premières Nations (APN).

«Cette législation doit jeter les bases d’un système de santé qui aborde le racisme systémique, est respectueux des besoins individuels de nos gens et est traité comme une pierre angulaire du système de santé global au Canada», a déclaré Marlene Poitras, en charge des dossiers en santé au sein de l’APN.

M. Miller se dit bien conscient que la santé est une compétence «jalousement gardée par les provinces», mais estime que l’heure est à l’écoute et à la collaboration entre tous les paliers gouvernementaux. Il s’est d’ailleurs dit ravi que des représentants de nombreuses provinces aient participé aux rencontres des deux derniers jours.

Le Québec était représenté par son ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière.

M. Miller dit avoir senti une «ouverture d’esprit» de la part de M. Lafrenière, qui s’est engagé devant les intervenants présents à combattre le racisme. Québec refuse cependant toujours de reconnaître le concept de «racisme systémique».

«Je le crois de bonne foi, mais il y a beaucoup de travail à faire», a laissé tomber M. Miller au sujet de M. Lafrenière. Ce dernier n’était pas disponible, jeudi soir, pour réagir à la rencontre. Son attaché de presse a cependant rappelé dans un courriel à La Presse Canadienne que «la Santé est de compétence provinciale».

La mort tragique de Joyce Echaquan, à l’hôpital de Joliette en septembre dernier, a levé le voile sur le racisme à l’endroit des Autochtones dans le système de santé. Le personnel de soin avait proféré des injures racistes à son endroit.

Mme Echaquan avait filmé la scène en direct. La vidéo avait soulevé une tempête d’indignation au Québec et au Canada.

Les proches et la communauté de Mme Echaquan avaient ensuite dévoilé le «Principe de Joyce», une série de mesures afin de s’assurer que les Autochtones reçoivent des soins équitables sans être victimes de discrimination.

Parmi elles, on réclamait de «reconnaître le droit à l’autonomie et à l’autodétermination des peuples autochtones» en matière de santé et de services sociaux.

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