Ottawa croit toujours à la «boucle de l’Atlantique», malgré la position d’Emera

HALIFAX — Le ministre fédéral des Ressources naturelles qualifie de pépin temporaire la décision de l’entreprise Nova Scotia Power de «suspendre» sa participation dans un éventuel mégaprojet visant à mettre fin à la dépendance au charbon dans les centrales électriques.

Jonathan Wilkinson estime que la décision de l’entreprise privée de service public Nova Scotia Power, filiale d’Emera, représente un défi pour le projet de «boucle de l’Atlantique». 

Ce projet de 5 milliards $ permettrait à la région d’avoir un meilleur accès à l’hydroélectricité du Labrador et du Québec, en créant une gigantesque boucle de lignes à haute tension dans les provinces de l’Atlantique. 

Le ministre Wilkinson a indiqué lundi soir en entrevue qu’Ottawa appuyait toujours activement ce corridor énergétique, et il estime que la position de Nova Scotia Power représente un «pépin» qu’il espère pouvoir surmonter.

Emera a annoncé la semaine dernière qu’elle suspendait sa participation au projet, après que le gouvernement progressiste-conservateur de la Nouvelle-Écosse a présenté un projet de loi qui plafonnerait les hausses des tarifs d’électricité à 1,8 % au cours des deux prochaines années, pour les coûts de production autres que les combustibles.

Le ministre Wilkinson assure qu’il reste concentré sur le projet et croit qu’il n’y a pas beaucoup d’autres options pour le gouvernement de la Nouvelle-Écosse s’il veut respecter les lois fédérales et provinciales qui fixent des cibles d’émissions de gaz à effet de serre. 

Dans sa lettre de mandat, le premier ministre Justin Trudeau lui a demandé notamment de soutenir les efforts visant à atteindre un réseau électrique complètement carboneutre d’ici 2035, et de consulter les provinces et les Autochtones afin de «décarboniser les réseaux électriques».

Dans une déclaration envoyée à La Presse Canadienne la semaine dernière, Emera a indiqué qu’elle avait «suspendu les travaux sur le projet de boucle de l’Atlantique» pendant qu’elle évaluait le plein impact du projet de loi de la Nouvelle-Écosse.

L’entreprise indique également que «ce n’est qu’un exemple des investissements que Nova Scotia Power sera obligé de réévaluer», affirmant que le projet de loi pourrait signifier que des investissements dans d’autres projets d’énergie propre d’une valeur d’environ 500 millions $ pourraient être aussi suspendus.

L’entreprise n’a pas révélé les détails des projets spécifiques sur lesquels elle cesserait de travailler si les modifications proposées à la loi provinciale sur les services publics étaient mises en œuvre en Nouvelle-Écosse.

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