Ottawa déploie à Toronto deux «unités mobiles de santé», pour soulager les hôpitaux

TORONTO — Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé vendredi qu’Ottawa enverra à Toronto deux unités mobiles de santé, afin d’atténuer la pression sur les hôpitaux de la région.

Les unités mobiles apporteront 200 lits supplémentaires dans la grande région de Toronto, afin de libérer des lits pour les personnes qui ont besoin de soins intensifs. Les unités mobiles fourniront aussi du matériel médical.

Les hôpitaux de l’Ontario sont débordés depuis des semaines en raison de la flambée des cas de COVID-19, en particulier dans les «zones chaudes». Lundi, le gouvernement ontarien a indiqué qu’un nouvel hôpital qui doit ouvrir à Vaughan, en banlieue nord de Toronto, sera utilisé pour soulager la pénurie de lits. Le premier ministre Doug Ford a déclaré que certains patients des hôpitaux débordés dans le Grand Toronto seraient transférés à cet hôpital Cortellucci dès son ouverture le 7 février.

On signalait vendredi 2662 nouveaux cas de COVID-19 en Ontario et 87 décès supplémentaires liés au virus. De ces 2662 nouveaux cas, 779 étaient recensés à Toronto, 542 dans sa banlieue de Peel et 228 dans celle de York. On comptait également 128 cas dans la région de Waterloo et 118 dans le comté de Windsor-Essex. Plus de 71 000 tests ont été effectués en Ontario depuis la dernière mise à jour quotidienne.

Le gouvernement affirme que plus de 11 000 doses de vaccins ont été administrées depuis le dernier rapport de la province. Jusqu’à présent, 264 985 doses de vaccin ont été administrées en Ontario.

Optimisme prudent 

On signalait par ailleurs une légère baisse des hospitalisations et des séjours aux soins intensifs, vendredi. Mais si ces chiffres montrent une certaine amélioration, la santé publique prévient qu’il est trop tôt pour conclure au début d’une réelle tendance à la baisse. 

La docteure Barbara Yaffe, médecin hygiéniste en chef adjointe, admettait jeudi que le taux d’infections en Ontario avait commencé à baisser pour la première fois depuis le mois de novembre — il se situe actuellement à 145,4 cas pour 100 000 habitants —, mais elle prévient aussi que ce chiffre est encore élevé.

Le taux de positivité moyen aux tests de dépistage a également chuté — à 5,3 %, contre 6,3 % la semaine dernière — et la plupart des bureaux de santé publique de la province ont vu les taux de cas baisser, a indiqué le gouvernement. «Mais nous avons besoin de plus de données pour déterminer si ces taux à la baisse représentent une réelle tendance», a soutenu la docteure Yaffe.

Les chiffres positifs surviennent une semaine après que le gouvernement du premier ministre Doug Ford a imposé l’état d’urgence et émis une ordonnance qui presse les Ontariens à rester chez eux. Les écoles dans une grande partie du sud de l’Ontario demeurent fermées et le gouvernement n’a pas fourni de calendrier pour un retour en classe.

Le «variant britannique» 

Il y avait vendredi 1512 personnes à l’hôpital à cause de la COVID-19, dont 383 aux soins intensifs et 291 sous respirateur. 

La province signale également au moins 15 cas du «variant britannique», dont quatre n’avaient pas d’antécédents de voyage, ce qui laisse croire à une transmission communautaire de cette souche plus contagieuse. «Nous nous attendons certainement à en voir davantage au fur et à mesure que nos laboratoires testent ces variants», a expliqué la docteure Yaffe.

Par ailleurs, six autres résidents d’un foyer de soins de Barrie sont morts d’un variant encore à identifier, portant le bilan total à 25 décès depuis le début du mois seulement; 122 résidents de Roberta Place et 74 membres du personnel ont été infectés jusqu’ici.

Enfin, des tests de dépistage obligatoires dans une installation de Postes Canada à Mississauga ont permis de détecter 27 cas asymptomatiques de COVID-19 en 48 heures. Postes Canada a déclaré que 149 travailleurs du site de Dixie Road avaient reçu un diagnostic positif entre le 1er janvier et jeudi après-midi.

Le porte-parole Phil Legault a ajouté que les plus récents cas ont été détectés chez des travailleurs asymptomatiques ou qui ne croyaient pas avoir de symptômes. Le dépistage de l’ensemble du quart de travail a été commandé par la santé publique de Peel et a commencé le 19 janvier.

M. Legault dit que Postes Canada offre maintenant des tests sur une base volontaire aux employés qui travaillent en dehors du quart de travail identifié par la santé publique. Plus de 4500 personnes travaillent sur le site de Mississauga.

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