Ottawa doit respecter le choix des Autochtones de tenir des pow-wow, dit Miller

OTTAWA — Le ministre des Services aux Autochtones répète qu’Ottawa ne dictera pas aux Premières Nations quand et comment organiser leurs cérémonies et leurs pow-wow en période de pandémie.

«Si vous croyez en l’autodétermination des Peuples autochtones, vous devez respecter leurs choix même si vous êtes en désaccord», a déclaré le ministre Marc Miller lors d’un point de presse vendredi.

Celui-ci réagissait à une question portant sur une communauté manitobaine ayant annoncé la tenue d’un pow-wow le mois prochain. Le ministre a ajouté que, selon des études, les impacts médicaux sont meilleurs quand ce sont les communautés autochtones qui prennent elles-mêmes leurs décisions.

Le chef de la Première Nation du lac Manitoba, Cornell McLean, a déclaré plus tôt cette semaine qu’après avoir soigneusement évalué la situation, il a été décidé que le pow-wow traditionnel de sa communauté aurait lieu en juin.

Selon le chef McLean, l’événement apportera du réconfort à la communauté située environ 160 kilomètres au nord de Winnipeg. Depuis deux mois, la population a été contrainte à respecter de sévères règles de confinement instaurées par les leaders de la communauté dans le but de prévenir la propagation de la COVID-19.

Cornell McLean a souligné que le gouvernement fédéral avait été clair sur le fait qu’il n’interviendrait pas contre les cérémonies autochtones. La Gendarmerie royale du Canada a fait l’objet de critiques pour être intervenue afin d’interrompre une célébration de la danse en regardant le soleil, en Saskatchewan, au début du mois.

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, a joint sa voix à celle de son homologue de la Saskatchewan, Scott Moe, pour critiquer le double discours du fédéral qui a pour effet, selon eux, de nuire au message sur l’importance de respecter les consignes de la santé publique.

«Nous ne sommes pas des gens qui croient en une santé à deux vitesses», a commenté Brian Pallister.

Le ministre Marc Miller lui a répondu que du point de vue des chefs autochtones, les Premières Nations vivent depuis longtemps dans un système de santé à deux vitesses «ils en sont les victimes».

Les bilans de santé dans les communautés des Premières Nations tendent à être plus lourds que la moyenne canadienne et le niveau de soins offert est largement inférieur à ceux des centres urbains.

«Ce sont les cartes que les communautés autochtones avaient en main au moment de l’arrivée de cette pandémie et qui ont créé cette vulnérabilité exacerbée par la COVID-19», a renchéri Marc Miller.

Vendredi, au cours de sa mise à jour hebdomadaire sur la crise sanitaire, le comité spécial de l’Assemblée des chefs du Manitoba a indiqué qu’il n’y avait actuellement aucun cas actif de COVID-19 parmi leurs communautés.

Dre Marcia Anderson a mentionné que des consignes ont été transmises aux chefs le mois dernier afin de rendre les cérémonies et pratiques spirituelles plus sécuritaires. Les informations ont été mises à jour d’après les plus récentes connaissances sur le sujet.

Dre Anderson dit avoir encouragé les chefs à prendre des précautions s’ils choisissent de maintenir l’organisation d’activités culturelles. Elle a suggéré que chaque personne utilise son propre tambour et se place en ligne plutôt que d’entourer un seul tambour lorsqu’ils chantent ensemble. Elle mentionne aussi que toutes les activités devraient se dérouler à l’extérieur.