Ottawa exhorté à empêcher la déportation d’un Palestinien bisexuel en danger de mort

MONTRÉAL — Des membres des communautés lesbiennes, gays, bisexuels, trans et queer (LGBTQ) de Montréal exhortent le gouvernement du Canada à empêcher la déportation, prévue lundi, d’un migrant palestinien qui risque la persécution et «une mort presque certaine» en raison de son orientation sexuelle.

«Il n’y aura pas de vie. Je vais être tué en arrivant», a expliqué Samer, un jeune homme bisexuel dont le nom de famille et le visage ne sont pas diffusés en raison de craintes pour sa sécurité.

En Jordanie, où l’homme âgé de 33 ans doit être renvoyé, bien que «techniquement il n’y a pas de lois qui criminalisent les LGBTQ», la réalité sur le terrain est bien différente: les crimes d’honneur et les meurtres surviennent, a raconté Meryem Benslimane, qui siège sur le conseil d’administration d’AGIR, un organisme qui vient en aide aux migrants LGBTQ.

Et pour être clair: il n’est pas rare que des gens soient battus dans la rue, jetés du haut d’un édifice, tués ou détenus, a renchéri Iyan Hayadi, également impliqué dans l’organisme.

Lors d’une conférence de presse virtuelle, Samer a affirmé que des membres de sa famille ont menacé de le tuer en raison de son orientation sexuelle et que des preuves écrites existent.

Tous implorent le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, d’annuler le renvoi de l’homme âgé de 33 ans, et le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Marco Mendicino, d’utiliser son pouvoir discrétionnaire afin d’accorder d’urgence un permis de séjour temporaire.

«Nous vivons un moment George Floyd au Canada, a lancé son avocat, Stewart Istvanffy. L’agence des services frontaliers du Canada à son pied sur son cou. Ce ne n’est pas une question de minutes, mais il reste 60 heures. C’est vraiment une question de vie ou de mort.»

Samer vivait aux États-Unis jusqu’en 2019 lorsqu’il a fui les États-Unis après avoir été victime de crimes haineux. Sa demande de statut de réfugié n’a jamais pu être présentée parce qu’il a un dossier criminel aux États-Unis pour avoir causé un accident de voiture mortel alors qu’il était âgé de 18 ou 19 ans, a expliqué son avocat.

Me Istvanffy estime que ce qui arrive à son client viole ses droits fondamentaux et que sa vie est réellement en danger.

«On a plaidé tout ça à la cour fédérale récemment, mais le juge a préféré défendre le système administratif du Canada et ne pas respecter notre Charte des droits et libertés et nos obligations en droits internationaux.»

Dans cette course contre la montre, Me Istvanffy fait désormais appel «à l’opinion publique et aux ministres pour sauver sa vie».

La Presse Canadienne n’avait pas été en mesure de joindre les cabinets des ministres Blair et Mendicino au moment de publier.

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