Ottawa investit en contraception au Sud; rien encore sur l’avortement

OTTAWA – Le gouvernement de Justin Trudeau annonce que le Canada financera à nouveau la planification des naissances et la contraception à travers une agence des Nations unies.

Il demeure toutefois muet quant à sa promesse de mettre fin au boycott du financement des avortements dans les pays en développement, mis en place par le gouvernement conservateur à partir de 2010.

La ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, a annoncé lundi la reconduction d’enveloppes et l’injection de nouveaux fonds pour différents programmes du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP).

Ottawa investit notamment 5 millions $ pour l’achat de moyens de contraception dans les pays du Sud et 11 millions $ dans la prévention des grossesses chez les adolescentes au Honduras. Il reconduit par ailleurs 15,6 millions $ en contribution canadienne à l’agence onusienne et va de l’avant avec un financement de 50 millions $ pour appuyer les sages-femmes au Soudan du Sud.

«Notre approche sera fondée sur l’analyse des faits, et non seulement sur d’étroites considérations idéologiques», a lancé la ministre.

Mme Bibeau a toutefois indiqué qu’il n’était pas question, pour l’instant, d’argent qui pourrait servir à financer des avortements pour des grossesses non désirées dans son enveloppe d’aide internationale. Libéraux, néo-démocrates et bloquistes avaient vivement dénoncé le gouvernement de Stephen Harper quand il avait cessé de fournir des fonds à cet effet, dans le cadre de son programme de santé maternelle.

Mme Bibeau n’a pas fourni d’échéancier sur la question.

«Je n’ai pas de projet concret sous la main à vous annoncer aujourd’hui, a-t-elle noté. Vraiment, l’annonce qu’on fait aujourd’hui, c’est de travailler avec fierté à toute la planification des naissances, à l’éducation sexuelle (…) et à contribuer financièrement à l’achat de différents moyens de contraception.»