Ottawa n’arrêtera pas de dénoncer la diplomatie de coercition de la Chine

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau affirme que son gouvernement n’a pas l’intention d’arrêter de défendre les droits de la personne en Chine ni de dénoncer Pékin pour son approche coercitive de la diplomatie.

Vendredi, Justin Trudeau a précisé que cette position incluait aussi la situation à Hong Kong, où les militants prodémocratie s’opposent à une loi controversée en matière de sécurité nationale qui a été imposée par Pékin au territoire autonome.

La veille, l’ambassadeur de la Chine au Canada avait mis en garde Ottawa de ne pas offrir l’asile politique aux citoyens de Hong Kong en exil. Selon l’ambassadeur, un tel geste serait considéré par la Chine comme une interférence dans ses affaires internes.

Cong Peiwu a déclaré que si le Canada se souciait des quelque 300 000 citoyens canadiens habitant à Hong Kong ainsi que des relations économiques avec le territoire, il devrait soutenir la lutte contre ce qu’il décrit comme étant des crimes violents.

Justin Trudeau a répliqué que la Chine usait de diplomatie coercitive en détenant deux Canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor, en guise de mesures de rétorsion contre l’arrestation d’une dirigeante d’une entreprise de haute technologie à la suite de l’exécution d’un mandat d’arrestation américain.

Le premier ministre a insisté sur le fait que le Canada se tiendrait debout pour défendre les droits de la personne tout en réclamant le rapatriement des deux Michael détenus arbitrairement. Et Justin Trudeau a pris le soin d’ajouter que le Canada n’est pas seul, mais qu’il se tient aux côtés des États-Unis, de l’Australie, du Royaume-Uni, de nations européennes et de nombreuses autres nations à travers le monde qui partagent les mêmes préoccupations.

L’ambassadeur Cong Peiwu a déclaré aux médias, en visioconférence jeudi, que la Chine considère toute critique de son bilan en matière de droits de la personne comme autant d’ingérences politiques.

Il a aussi nié toute allégation concernant la détention de musulmans ouïghours dans des camps d’internement dans le sud-est du pays.

L’opposition officielle conservatrice a pressé Justin Trudeau d’adopter un discours plus dur envers la Chine.

«L’ambassadeur de Chine a décidé d’employer une rhétorique belligérante et indigne de ses fonctions», a réagi le chef du Parti conservateur Erin O’Toole dans une déclaration écrite.

«De toute évidence, il s’agissait d’une menace, à peine voilée, envers les 300 000 Canadiens à Hong Kong. C’est le genre de ton et de contenu qu’on attend de quelqu’un qui cherche à protéger ses propres intérêts, et non de l’émissaire officiel d’un membre du Conseil de sécurité des Nations unies.»

Erin O’Toole exige que l’ambassadeur Cong se rétracte et présente des excuses publiques, sans quoi le gouvernement libéral devrait l’expulser du pays.

De plus, les conservateurs soutiennent que le gouvernement devrait mettre en place un processus pour accueillir des réfugiés politiques parmi les militants prodémocratie à Hong Kong et imposer des sanctions aux dirigeants chinois derrière la loi controversée en matière de sécurité nationale.

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