Ottawa offre de l’argent pour former la main-d’oeuvre secouée par la pandémie

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau a indiqué vendredi que le gouvernement fédéral distribuera 1,5 milliard $ aux provinces et territoires en aide à la formation professionnelle particulièrement pour les Canadiens durement touchés par la pandémie de COVID-19.

Le financement doit aider les travailleurs mis à pied dans des secteurs comme la construction, le transport et l’hébergement à retrouver le marché de l’emploi en améliorant l’accès aux formations professionnelles et aux services, a affirmé M. Trudeau, vendredi.

«En améliorant les ressources liées à l’emploi et à la formation, nous aidons les travailleurs qui en ont besoin à trouver et à conserver de bons emplois durables. C’est avec une main-d’oeuvre forte et qualifiée que nous allons pouvoir rebâtir une économie plus inclusive dans laquelle tous les Canadiens auront leur place», a-t-il déclaré.

Ce financement arrive à un moment critique, illustré par un nouveau sondage de Statistique Canada montrant que près du tiers des entreprises ignorent combien de temps elles pourront continuer de fonctionner en vertu des conditions imposées par la deuxième vague de COVID-19.

Près de 40 pour cent des entreprises ont fait des mises à pied depuis mars, et près d’une sur cinq dit qu’elle sera contrainte de prendre des mesures draconiennes dans moins de six mois si les liquidités ne s’améliorent pas.

Pendant ce temps, le taux de chômage a à peine bougé le mois dernier, s’établissant à 8,9% comparativement à 9% en septembre, indiquant qu’environ 1,8 million de personnes se trouvaient sans travail.

L’économiste en chef de la Chambre de commerce du Canada, Trevin Stratton, a affirmé que les perspectives étaient sombres pour les propriétaires d’entreprises et a appelé à de l’aide ciblée pour les secteurs de l’hébergement et culturel.

«L’approche universelle pour les programmes d’aide n’est pas durable jusqu’en 2022, et elle pourrait ne pas être tellement utile à ce moment de la pandémie», a-t-il fait valoir.

Tandis que le gouvernement a promis de discuter avec le secteur de l’aviation pour commencer à concevoir un plan de sauvetage, Ottawa a évité l’aide à certains secteurs en particulier, privilégiant des programmes universels.

La subvention sur le loyer commercial

Un plan d’aide pour la COVID-19 revisité, qui est actuellement devant le Sénat dans le cadre du projet de loi C-9 qui prolongerait une subvention salariale d’urgence jusqu’à l’été prochain, élargit un populaire programme de prêts aux entreprises et revoit un programme pour assouplir les loyers commerciaux.

La subvention d’urgence pour le loyer, qui était largement critiquée pour la nécessité d’avoir le feu vert de propriétaires peu enclins à l’accorder, retire désormais ceux-ci du processus.

Néanmoins, le programme revisité inclut l’obligation pour les entrepreneurs de payer leur loyer avant de s’inscrire pour la subvention, éclipsant ainsi plusieurs propriétaires de commerces ayant de sérieux problèmes de liquidité.

Faisant face à des critiques de l’industrie, la ministre des Finances, Chrystia Freeland, a promis jeudi l’adoption d’une pièce législative subséquente qui viendrait éliminer cette obligation, et a ajouté qu’elle demanderait entre-temps à l’Agence de revenu du Canada de ne pas tenir compte de cette exigence.

Bien que la subvention pour le loyer soit rétroactive au 27 septembre – lorsque le programme original est venu à échéance -, M. Trudeau a dit appeler à l’adoption rapide du projet de loi étant donné que plusieurs entrepreneurs ne font que garder la tête hors de l’eau dans la prolongation des mesures de confinement.

«J’ai dit aux premiers ministres hier soir (jeudi) que tout ce qu’ils pouvaient faire pour encourager les sénateurs qui représentent leurs régions à aller de l’avant rapidement avec le projet de loi C-9 constituerait un grand soulagement pour les entrepreneurs», a dit vendredi M. Trudeau.

Le milliard et demi pour la formation de la main-d’oeuvre s’ajoute aux 3,5 milliards $ déjà annoncés.

Il s’inscrit dans le cadre des ententes sur le développement de la main-d’oeuvre (EDMO) que signent régulièrement Ottawa et les provinces.

La part de Québec est de 303 millions $ cette fois-ci.

Les provinces auront accès à cet argent pour assurer de la formation en milieu de travail, de la formation parrainée par l’employeur,  des services d’aide à l’emploi et des services d’orientation professionnelle.

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