Ottawa ordonne à la Chine de quitter l’industrie canadienne du minerai critique

OTTAWA — À la suite d’une évaluation portant sur la sécurité nationale, le ministre de l’Innovation François-Philippe Champagne a ordonné à trois entreprises chinoises de vendre leurs parts dans des firmes exploitant du minerai critique au Canada.

Cet ordre du ministre tombe moins d’une semaine après que le gouvernement fédéral eut annoncé son intention de limiter la présence d’entreprises appartenant à des États étrangers dans l’industrie canadienne du minerai critique.

Le minerai critique ainsi que des métaux, comme le lithium, le cadmium, le nickel et le cobalt, sont des éléments essentiels à la fabrication d’une foule de produits comme des turbines d’éoliennes, des voitures électriques, des ordinateurs portables, des panneaux solaires et des piles rechargeables.

La Chine est le plus grand joueur mondial en matière de raffinage, de transformation et de fabrication de composantes de piles de téléphones cellulaires. Mais la Chine ne produit pas beaucoup de matière première et elle mise plutôt sur des investissements massifs dans des mines étrangères, notamment au Canada, pour se procurer du minerai.

Le Canada et ses alliés tentent désespérément d’affaiblir la domination chinoise dans le marché en développant une chaîne d’approvisionnement qui mise sur ce qu’ils qualifient de partenaires plus stables et plus fiables.

«Le Canada continuera d’accueillir les investissements étrangers directs, mais agira de manière décisive dans le cas d’investissements constituant une menace pour notre sécurité nationale et nos chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques, au pays comme à l’étranger», peut-on lire dans une citation attribuée au ministre Champagne et transmise par voie de communiqué mercredi.

La Loi sur Investissement Canada prévoit que les investissements étrangers fassent l’objet d’un examen pour des raisons de sécurité nationale. Dans le cas du secteur des minéraux critiques, le ministre précise que les investissements sont soumis à des analyses plus approfondies.

Il a ajouté que ces examens ont été effectués en plusieurs étapes par des organismes de sécurité nationale et de renseignement. En conclusion, il a été déterminé que trois entreprises chinoises devaient se départir de leurs investissements dans des entités canadiennes des secteurs des minéraux critiques.

L’ordre a été donné à Sinomine (Hong Kong) Rare Metals Resources Co., Limited de se retirer des affaires de Power Metals Corp.; à Chengze Lithium International Limited de se retirer de Lithium Chile Inc.; et à Zangge Mining Investment (Chengdu) Co., Ltd. de se retirer d’Ultra Lithium Inc..

Le Canada et les États-Unis ont ciblé des dizaines de minéraux et de métaux identifiés comme étant essentiels à l’économie d’avenir.

Les deux États ont cité l’instabilité provoquée par l’invasion russe en Ukraine ainsi que les tensions grandissantes avec la Chine pour justifier la création d’une chaîne d’approvisionnement misant majoritairement sur des pays alliés.

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