Ottawa propose de rendre gratuits les produits menstruels en milieu de travail

OTTAWA — Les femmes qui travaillent dans des organisations sous réglementation fédérale pourraient bientôt avoir accès gratuitement à des produits menstruels.

Le gouvernement fédéral propose d’ajouter les produits menstruels dans les fournitures que les employeurs doivent offrir gratuitement à leurs employés — au même titre que le papier hygiénique, le savon, l’eau chaude et un moyen de se sécher les mains.

Ottawa ne sait pas encore exactement comment le programme fonctionnera: l’avis publié vendredi après-midi prévoit une période de consultation de 60 jours pour déterminer quels produits sont nécessaires et quels seront les impacts financiers sur les entreprises.

Des questions se posent également sur la manière de fournir des produits menstruels dans les trains et les avions — là où les espaces peuvent être limités — ou lorsque les employés partagent les toilettes avec le public.

Les changements s’appliqueraient aux 1,2 million d’employés sous réglementation fédérale qui travaillent entre autres dans les banques, les télécommunications et les transports. Ces travailleurs représentent environ six pour cent de la main d’oeuvre au Canada.

Ces employés comprendraient environ 40 pour cent de femmes, soit 480 000, indique le gouvernement.

Coûteux et dérangeant

Les coûts des produits menstruels varient beaucoup à travers le Canada. Dans le nord du pays et dans les communautés isolées, une boîte de 40 tampons peut coûter jusqu’à 15 $. Et les travailleuses doivent payer elles-mêmes la facture.

Selon un sondage réalisé en 2018 par Plan Canada International, le tiers des femmes âgées de 25 ans et moins trouvaient difficile d’assumer le coût des produits menstruels. D’après le même sondage, près des trois quarts d’entre elles disaient avoir manqué une journée de travail pour des raisons liées à leurs menstruations.

«Tenir une conversation ouverte et honnête à propos des menstruations, et offrir aux femmes et aux employés les produits dont ils ont besoin fait partie de notre plan visant à assurer l’égalité des sexes et à favoriser des milieux de travail sains et sécuritaires», a déclaré dans un communiqué la ministre du Travail, Patty Hajdu.

Le gouvernement fédéral a déjà retiré la taxe sur les produits et services (TPS) des produits menstruels en 2015, comme le font d’autres provinces et États au Canada et aux États-Unis.

À l’école aussi?

Il y a également un mouvement croissant pour fournir des produits d’hygiène féminine gratuits sur les campus et dans les écoles.

En septembre, les élèves de la commission scolaire New Westminster, en Colombie-Britannique, auront accès à des tampons et des serviettes hygiéniques gratuits dans leurs salles de bain.

Plus tôt cette année, les conseillers municipaux de Toronto ont décidé de dépenser plus de 222 000 $ pour l’achat de produits menstruels et de distributeurs dans les refuges, les centres d’hébergement et les centres de répit, ainsi que certains centres communautaires de quartier.