Ottawa va indemniser les étudiants externes des pensionnats autochtones

OTTAWA — Diena Jules n’avait que sept ans quand on l’a forcée à aller en classe au pensionnat de Kamloops. Mais elle était considérée comme l’une des chanceuses, car elle pouvait rentrer à la maison tous les soirs.

Malgré tout, elle ne se souvient pas de s’être sentie si chanceuse. En fait, elle a surnommé cette période «l’âge des ténèbres» de sa vie.

Diena Jules était inscrite comme «élève externe» lors de ses cinq premières années scolaires en plus de passer une autre année comme pensionnaire.

Pendant toutes ces années, elle a vécu des abus physiques et verbaux de prêtres, de frères et de soeurs catholiques qui dirigeaient l’établissement en plus de ceux des autres élèves qui étaient jaloux parce qu’elle pouvait garder ses cheveux longs et porter ses propres vêtements.

Elle se souvient très bien comment les religieux qualifiaient sa spiritualité traditionnelle de «culte du diable» et comment ils essayaient systématiquement de l’éloigner de la priver de sa langue et de sa culture.

«Ils me traitaient de païenne et d' »idiote d’indienne » et me disaient que je devais devenir plus blanche», a témoigné Mme Jules.

«Je suis devenue déconnectée de ma famille et de ma communauté. J’ai perdu ma langue, ma fierté pour ma culture, et ma propre identité», a-t-elle poursuivi.

Diena Jules fait partie des quelques cas désignés d’une action collective contre le gouvernement fédéral qui regroupe des centaines d’Autochtones exclus des indemnités versées aux victimes du système des pensionnats.

Cette poursuite, approuvée en 2015, a été intentée par les élèves externes des infâmes pensionnats autochtones. Ceux qui rentraient à la maison après leur journée en classe.

Mercredi, Diena Jules et les autres représentants de l’action collective ont pris part à une annonce conjointe avec Ottawa au sujet de la conclusion d’une entente hors cour.

Selon les détails de la convention de règlement, chacun des survivants recevra une compensation de 10 000 $. Dans le cas des anciens élèves décédés avant la conclusion de l’entente, la somme sera versée à leur succession.

De plus, Ottawa s’engage à investir 50 millions $ dans un fonds consacré à «favoriser la guérison, le bien-être, l’éducation, la langue, la culture, le patrimoine et la commémoration pour les survivants et les descendants», peut-on lire dans un communiqué publié par Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada.

«Ils n’ont pas eu droit à un espace rassurant pour apprendre et grandir. Au lieu de ça, on les a privés de leur culture, de leur langue et de leur savoir traditionnel», a reconnu la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett.

Les élèves externes avaient été exclus de la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens pour les violences sexuelles et physiques graves subies dans ces pensionnats, en 2006.

En vertu de cette entente, les survivants des pensionnats avaient reçu 10 000 $ pour leur première année de fréquentation d’un établissement et 3000 $ pour chaque année supplémentaire.

Tous les survivants ayant subi des abus physiques ou sexuels, peu importe leur statut, avaient aussi pu toucher des indemnités liées à un autre recours judiciaire.

L’entente dévoilée mercredi doit encore être approuvée par la Cour fédérale avant de devenir officielle. L’audience visant à certifier que l’entente est équitable est prévue pour le 27 septembre.

Charlotte Gilbert, une autre ancienne élève externe du pensionnat de Kamloops et membre de la Première nation de Tk’emlúps te Secwépemc, a confié que toutes ces procédures judiciaires ont épuisé les survivants.

«Ça a été un long, très long processus. Quatorze ans. Ça n’a pas été facile. Chaque fois qu’on allait au tribunal, c’était comme revivre, régurgiter le même traumatisme que j’avais vécu enfant», a-t-elle décrit.

Les survivants se sont récemment vu offrir deux options par leurs avocats: retourner en cour ou accepter la proposition d’Ottawa. Comme de nombreux survivants sont morts depuis le début des procédures, la décision a été prise d’accepter l’entente, a expliqué Mme Gilbert.

«Ces avocats fédéraux, wow, ils sont vraiment durs. Et on devait être fort et se tenir debout devant eux. On a fait du bon travail», a-t-elle ajouté.

Des discussions se poursuivent afin d’obtenir des excuses officielles de la part du gouvernement fédéral pour les élèves externes des pensionnats, leurs familles et leurs communautés.

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Je croit que c’est très peut, si mettons nous enclenchiont une poursuite pour un dédommagement moral et social inter-générationnel encourus de ses monstruosités qu’ils ont subit. Ont parlerait de Milliards puisque le problème qui à généré est d’une envergure immense causé sur des générations qui en découlent à des graves problèmes social aujourd’hui.

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