Ottawa va verser 1,7 milliard $ aux producteurs agricoles affectés par l’ACÉUM

MONTRÉAL — Les producteurs de lait, de volaille et d’œufs soumis au système de gestion de l’offre au Canada seront indemnisés pour les pertes subies à la suite de l’adoption de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACÉUM). Ottawa annonce que plus de 1,7 milliard $ seront versés sous forme de paiements directs et de programmes d’investissement.

Cette somme avait déjà été dévoilée dans le cadre de l’Énoncé économique de l’automne de la ministre des Finances Chrystia Freeland.

Le montant sera distribué sommairement de cette manière, soit jusqu’à 1,2 milliard $ en paiements directs aux producteurs laitiers; jusqu’à 112 millions $ aux producteurs de volaille et d’œufs sous forme d’aide aux investissements à la ferme; jusqu’à 105 millions $ aux transformateurs de ces trois secteurs sous forme d’aide aux investissements dans les installations; et jusqu’à 300 millions $ aux transformateurs laitiers à travers un programme d’aide à l’innovation.

Dans un communiqué publié lundi, la ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire Marie-Claude Bibeau mentionne que ces fonds vont aider les producteurs et les transformateurs à être plus compétitifs dans l’industrie.

La ministre souligne qu’après les aides financières liées aux accords commerciaux avec l’Union européenne et avec des États d’Amérique du Sud et d’Asie (Accord de partenariat transpacifique global et progressiste), une enveloppe supplémentaire s’élevant jusqu’à 1,2 milliard $ sera réservée aux producteurs laitiers pour les six prochaines années.

«Avec cette annonce, le gouvernement du Canada respecte son engagement à indemniser pleinement et équitablement les producteurs et les transformateurs qui ont perdu des parts de marché en raison» des divers accords commerciaux internationaux, peut-on lire dans le communiqué.

«Promesse faite, promesse tenue», ajoute-t-on dans une citation attribuée à la ministre Bibeau.

Cette annonce a été accueillie avec joie par les Producteurs de lait du Québec qui estiment que ce fonds va éponger «une portion importante» des pertes de parts de marché. Le président de l’association, Daniel Gobeil, voit aussi de manière positive les investissements dans l’optimisation des fermes et des usines.

Par voie de communiqué, les producteurs de lait rappellent que la nouvelle mouture de l’accord de libre-échange nord-américain offre «un accès additionnel au marché canadien» équivalent à environ 3,9 % du marché.

Les porte-parole du Bloc québécois en matière d’agriculture, Yves Perron, et en matière de commerce international, Simon-Pierre Savard-Tremblay, ont eux aussi fait part de leur réjouissance devant cette promesse tenue du gouvernement libéral.

«Ottawa doit cependant se rappeler de son autre engagement, celui de ne faire aucun autre compromis qui occasionnerait des brèches supplémentaires dans le système de gestion de l’offre lors des prochains accords de libre-échange», ont-ils toutefois mis en garde dans une réaction écrite.

Le Bloc a d’ailleurs déposé un projet de loi visant à protéger l’intégrité de la gestion de l’offre.

D’après les données fournies par le gouvernement fédéral, ce sont plus de 100 000 emplois directs qui seraient attribuables aux secteurs agricoles sous gestion de l’offre. On retrouve 9952 exploitations laitières et 4 773 producteurs de poulets, de dindons, d’œufs et d’œufs d’incubation au pays.

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