Ottawa verse 1,1 G $ pour la recherche sur la COVID-19, notamment les vaccins

OTTAWA — Si l’arrivée d’un vaccin contre la COVID-19 dans un avenir proche serait le scénario idéal, d’autres solutions à la pandémie pourraient surgir entretemps, a déclaré Justin Trudeau jeudi en annonçant plus d’un milliard de dollars pour la recherche sur le SRAS-CoV-2.

Le gouvernement fédéral a également créé un groupe de travail pour superviser les tests sanguins afin de voir dans quelle mesure le virus s’est propagé et fournir des estimations fiables de l’«immunité de groupe» et des vulnérabilités de certains Canadiens.

Cette enveloppe s’ajoute au financement de 275 millions $ pour la recherche déjà annoncé par les libéraux en mars, au début de la pandémie. L’essentiel de la nouvelle enveloppe est destiné au financement du développement de vaccins et d’essais cliniques, dont 600 millions $ sur deux ans par l’entremise d’un fonds fédéral d’innovation qui, selon le gouvernement, pourrait aider le secteur canadien de la bioproduction.

De plus petites sommes soutiendront les efforts scientifiques visant à prévenir la propagation rapide de la COVID-19, ainsi qu’un projet dirigé par Génome Canada pour suivre le virus, ses différentes souches et les divers symptômes qu’il provoque.

«La meilleure solution, bien sûr, serait qu’un vaccin arrive bientôt», a déclaré M. Trudeau lors de sa conférence de presse quotidienne devant sa résidence officielle à Ottawa. Mais le premier ministre a rappelé qu’il pourrait s’écouler un bon moment avant l’arrivée d’un vaccin, et que des recherches sur les traitements pourraient également être utiles en attendant.

«Nous attendons et tentons de trouver un vaccin contre le sida depuis des décennies et il n’est toujours pas là. Mais il existe des traitements qui améliorent considérablement la qualité de vie des personnes vivant avec le VIH», a-t-il dit.

En attendant le vaccin

Le nouveau groupe de travail sur l’immunité sera dirigé par un petit comité comprenant Theresa Tam, administratrice en chef de l’Agence de la santé publique du Canada, et Mona Nemer, conseillère scientifique en chef du gouvernement. Ce comité comprend aussi le docteur Tim Evans, directeur de l’École de santé des populations et de santé mondiale de l’Université McGill, et la docteure Catherine Hankins, professeure en santé publique et santé de la population à McGill.

«Ils se pencheront sur des questions clés comme le nombre de personnes infectées, au-delà de celles que nous avons déjà testées, si on est immunisé une fois qu’on a eu le virus et, si oui, pendant combien de temps», a expliqué le premier ministre Trudeau.

Le gouvernement prévoit qu’au moins un million de Canadiens seront testés sur deux ans dans le cadre de cette étude épidémiologique. Les tests actuels vérifient la présence du virus, mais les tests d’immunité identifient les anticorps qui révèlent qui a déjà été exposé au virus, a expliqué Mme Nemer jeudi. Ces deux tests fourniront une meilleure image du nombre total de personnes infectées.

Les données pourront servir à l’occasion du déploiement d’un vaccin et permettront d’identifier les mesures de santé publique les plus efficaces, comme la distanciation ou le port d’un couvre-visage.

Environ 20 000 Canadiens sont testés chaque jour, soit près de deux fois plus qu’au début du mois. Mais les tests doivent s’accélérer encore plus avant que les Canadiens puissent reprendre leurs activités habituelles, a déclaré le premier ministre.

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