Ottawa verse 82,5 M $ aux Autochtones pour la santé mentale pendant la pandémie

Ottawa s’engage à verser 82,5 millions $ pour améliorer l’accès aux soins en santé mentale dans les communautés autochtones pendant la pandémie.

L’accès à de nombreux services de santé mentale dans les communautés autochtones a été perturbé en raison de la COVID-19, alors que justement, la demande est plus grande en ces temps de crise. Certains services sont passés à des options «virtuelles» de téléconsultations, mais cette alternative a créé des obstacles pour les personnes vivant dans des communautés éloignées, où la connectivité internet est difficile.

Au cours des quatre premiers mois de cette année, la «Ligne d’écoute d’espoir», qui offre un soutien téléphonique et en ligne aux Autochtones dans plusieurs langues, a reçu plus de 10 000 appels et demandes de clavardage de personnes à la recherche de services d’intervention en cas de crise. Il s’agit d’une augmentation de 178 % par rapport à la même période en 2019. De son côté, la Régie autochtone de la santé de la Colombie-Britannique a indiqué le mois dernier que les décès par surdoses au sein des Premières Nations avaient presque doublé entre janvier et mai de cette année.

Des représentants des communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis avaient ainsi fait pression pour que la santé mentale fasse partie intégrante de la lutte contre la COVID-19.

Le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, a reconnu mardi la disparité entre le soutien offert aux Autochtones et celui offert aux Allochtones — une situation qu’il qualifie d’inacceptable. «La pandémie n’a fait qu’exacerber la situation», a déclaré M. Miller.

«Il est primordial d’offrir un soutien communautaire, culturellement adapté et opportun en matière de santé mentale afin de promouvoir le bien-être de toute personne qui lutte pour faire face au stress et à l’anxiété supplémentaires engendrés par la pandémie de COVID-19», a indiqué le ministre.

Son ministère indique aussi que des soutiens dirigés par les Autochtones et les communautés, qui offrent une approche plus holistique en santé mentale, sont nécessaires pour répondre aux besoins des jeunes, des familles et des aînés. Le financement fédéral annoncé mardi soutiendra l’accès à des services supplémentaires, en transférant certains services vers des plateformes virtuelles et en aidant les partenaires autochtones à développer de nouvelles façons de lutter contre la toxicomanie et à améliorer l’accès aux traitements.

Le traumatisme intergénérationnel subi par de nombreux Autochtones en raison du passé colonialiste du Canada et des mauvais traitements infligés aux premiers peuples constitue déjà un problème de santé mentale extrêmement difficile à résoudre, a déclaré le docteur Tom Wong, médecin hygiéniste en chef au ministère des Services aux Autochtones. L’anxiété supplémentaire provoquée par la pandémie n’a fait qu’empirer les choses, a-t-il soutenu.

Les effets négatifs de la distanciation physique ont également conduit à une augmentation des taux de violence conjugale à l’égard des femmes et provoqué un isolement supplémentaire des jeunes Autochtones et de ceux des communautés LGBTQ+ et bispirituelles.

«Nous devons tous soutenir les Premières Nations, les Métis et les Inuits pour répondre à la crise de santé mentale au Canada. Il est extrêmement important que nous les soutenions afin qu’aucune communauté ne soit laissée pour compte», a déclaré le docteur Wong.

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