Ouverture de la 43e législature à Ottawa: l’opposition bombe le torse

OTTAWA — À la veille du discours du Trône à Ottawa, le chef de l’opposition officielle bombe le torse.

Andrew Scheer fait face à des problèmes de leadership, mais dans un discours devant ses députés conservateurs mercredi après-midi, il a promis d’être d’attaque et la cible de ses attaques sera encore et toujours Justin Trudeau.

Il y avait un peu moins de bravade chez les bloquistes qui, pourtant, se sentent bien solides avec leurs 32 élus. Et le ton était beaucoup plus conciliant chez les néo-démocrates qui sont bien conscients que dans ce rapport de force, leurs 24 députés comptent moins.

Ces trois partis d’opposition tenaient des réunions de leurs caucus mercredi.

Les conservateurs ont ouvert les portes de la leur aux journalistes, le temps d’un discours de leur chef. Pendant une dizaine de minutes, M. Scheer s’en est pris au premier ministre.

«Alors que nous formons l’opposition la plus forte de l’histoire du Canada, les Canadiens vont voir que le problème n’est pas les autres Canadiens, le problème est Justin Trudeau», a-t-il dit.

M. Scheer continue de reprocher au premier ministre libéral d’avoir semé la division dans le pays en s’en prenant aux premiers ministres conservateurs de l’Ontario et de l’Alberta.

«Dans ce Parlement minoritaire, nous lui lançons un avertissement. Nous ne laisserons rien passer. (…) Nous ne le laisserons pas attaquer notre secteur de l’énergie avec des lois comme C-69», a-t-il ajouté, faisant référence à la loi qui a resserré les évaluations environnementales des projets.

À la sortie de sa réunion, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a rappelé les enjeux qu’il considère prioritaires: une assurance médicaments, des meilleures cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et l’abandon de l’appel devant les tribunaux de la cause impliquant les services aux enfants autochtones.

Jagmeet Singh ne fait d’aucun de ces enjeux une condition à son appui pour le gouvernement.

«Si le premier ministre veut faire des choses pour améliorer la qualité de vie des gens, oui, il peut compter sur nous (…). Mais si (tout ce qu’il) veut, (c’est) rester au pouvoir, il a l’option de travailler avec le Bloc ou les conservateurs», a déclaré M. Singh.

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet a, quant à lui, fait écho aux demandes des provinces pour une augmentation des transferts fédéraux en santé. Lundi, les provinces réclamaient une hausse de 5,2 pour cent de ces transferts.

«Le trou que se creuse le Québec à chaque année, à cause de ce manque de transferts en santé, est grave», a insisté M. Blanchet avant de se joindre à la réunion de ses députés mercredi matin.

Mais encore là, il n’a exprimé aucun appétit pour une chute rapide du gouvernement libéral.

Les travaux de la 43e législature débutent jeudi matin avec l’élection d’un président de la Chambre des communes. Le discours du Trône sera lu, en après-midi, par la gouverneure générale Julie Payette, au Sénat.

Un record

La tradition veut que ce soit le doyen de la Chambre qui préside les travaux, le temps d’élire un président. Or, pour la première fois de l’histoire du Parlement, c’est le même député qui tiendra le rôle pour la troisième fois de suite. Et ce député est le bloquiste Louis Plamondon.

«La première fois je l’ai fait, on était quatre députés. La deuxième fois, 10. Et là, 32», a fait remarquer M. Plamondon, tout content d’être beaucoup mieux entouré. L’ironie d’un bloquiste qui dirige les travaux à Ottawa, même si c’est seulement pour quelques heures, n’échappe pas à M. Blanchet. «Sa Majesté va être fière», a-t-il laissé tomber avec un sourire narquois.

Le député Plamondon a remporté 11 élections successives. Le vieux routier s’attend, de la part de ce gouvernement minoritaire, à la livraison d’un discours du Trône qui ne soit «surtout pas provocateur».

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