Oxfam demande une taxe exceptionnelle sur les entreprises agroalimentaires

LONDRES — Les entreprises alimentaires réalisant de gros bénéfices en raison de l’inflation qui a augmenté devraient faire face à des impôts exceptionnels pour aider à réduire les inégalités mondiales, a déclaré lundi l’organisme de lutte contre la pauvreté Oxfam alors que débute la réunion annuelle du Forum économique mondial. 

C’est l’une des idées d’un rapport d’Oxfam International, qui cherche depuis une décennie à mettre en lumière les inégalités au sein du rassemblement des élites politiques et économiques dans la station de ski suisse de Davos.

Le rapport, qui vise à provoquer des discussions sur des panels réunissant des dirigeants d’entreprises et de gouvernements cette semaine, a indiqué que le monde est en proie à des crises simultanées, notamment le changement climatique, la flambée du coût de la vie, la guerre de la Russie en Ukraine et la pandémie de COVID-19,  mais que les plus riches du monde se sont enrichis et que les bénéfices des entreprises ont explosé.

Au cours des deux dernières années, le 1 % des plus riches au monde a gagné près de deux fois plus de richesse que les 99 % restants combinés, a déclaré Oxfam. Pendant ce temps, au moins 1,7 milliard de travailleurs vivent dans des pays où l’inflation dépasse la croissance de leurs salaires, alors même que les fortunes des milliardaires augmentent de 2,7 milliards de dollars par jour.

Pour lutter contre ces problèmes, Oxfam a demandé une augmentation des impôts sur les riches, par le biais d’une combinaison de mesures comprenant des taxes ponctuelles de «solidarité» et une augmentation des taux minimaux pour les plus riches. L’organisme a noté que le taux d’imposition réel du milliardaire Elon Musk, PDG de Tesla, entre 2014 et 2018, était à peine supérieur à 3 %. 

Certains gouvernements se sont tournés vers la taxation des bénéfices exceptionnels des entreprises de combustibles fossiles alors que la guerre de la Russie en Ukraine a fait monter en flèche les prix du pétrole et du gaz naturel l’année dernière, écrasant les finances des ménages dans le monde entier.

Oxfam veut que l’idée aille plus loin pour inclure les grandes entreprises alimentaires, comme un moyen de réduire l’écart grandissant entre les riches et les pauvres.

«Le nombre de milliardaires augmente, et ils s’enrichissent, et de très grandes entreprises alimentaires et énergétiques font des profits excessifs», a déclaré Gabriela Bucher, directrice exécutive d’Oxfam International.

«Ce que nous réclamons, ce sont des taxes exceptionnelles, non seulement sur les entreprises énergétiques, mais aussi sur les entreprises alimentaires pour mettre fin à cette crise de profit», a mentionné Mme Bucher à l’Associated Press dans une entrevue. 

Selon le rapport d’Oxfam, les riches entreprises utilisent la guerre comme prétexte pour faire passer des hausses de prix encore plus importantes. L’alimentation et l’énergie font partie des industries dominées par un petit nombre d’acteurs qui ont des oligopoles efficaces, et le manque de concurrence leur permet de maintenir des prix élevés, a expliqué l’organisme. 

Au moins un pays a déjà agi. Le Portugal a introduit une taxe exceptionnelle sur les entreprises énergétiques et les principaux détaillants alimentaires, y compris les chaînes de supermarchés et d’hypermarchés. La mesure est entrée en vigueur début janvier et le restera pour toute l’année 2023.

La taxe de 33 % est appliquée aux bénéfices qui dépassent d’au moins 20 % la moyenne des quatre années précédentes. Les revenus générés sont affectés à des programmes d’aide sociale et pour aider les petits détaillants alimentaires.

Oxfam a déclaré que son analyse de 95 entreprises qui ont réalisé des bénéfices excessifs ou exceptionnels a révélé que 84% de ces bénéfices étaient versés aux actionnaires tandis que des prix plus élevés étaient répercutés sur les consommateurs.

– En collaboration avec Barry Hatton à Lisbon, Portugal. 

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