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Les Atikamekw d’Opitciwan demandent à la Cour d’établir leur souveraineté

MONTRÉAL — Les Atikamekw d’Opitciwan claquent la porte des négociations tripartites avec Ottawa et Québec et se tournent vers les tribunaux pour faire reconnaître leur souveraineté sur leur territoire ancestral. Le conseil de bande a déposé mardi en Cour supérieure une requête en reconnaissance de leur titre et de leur droit, démarche qui pourrait avoir des conséquences importantes à terme. Le chef du conseil de bande, Christian Awashish, a ainsi retiré ses billes de la table de négociations Atikamekw-Québec-Ottawa, jugeant qu’après près de 40 ans de négociations, la patience de sa communauté avait atteint sa limite. La requête vise à obtenir les mêmes statuts que ceux accordés par la Cour suprême aux six bandes de la Première Nation Tsilhqot’in, en Colombie-Britannique. Affrontement à venir devant le tribunal C’est en se basant sur ce précédent que les Atikamekw entendent défendre leur requête, a indiqué à La Presse canadienne l’avocat qui représente la Première Nation, Me Nadir André. «Le jugement Tsilhqot’in a eu deux effets: premièrement de reconnaître le titre, mais également de donner des indications sur comment le prouver pour les autres», a-t-il précisé. Le précédent n’est pas garant de l’avenir: la requête sera certainement contestée par Québec et Ottawa, qui sont nommés comme partie défenderesse, mais aussi fort possiblement par des entreprises et promoteurs divers, notamment Hydro-Québec et certaines compagnies forestières et minières. «Si on obtient gain de cause, ça va vouloir dire beaucoup: ça va vouloir dire qu’on est propriétaires du territoire de façon exclusive, qu’on le gère nous-mêmes tel que notre mode de vie le dicte, qu’on va pouvoir prélever les ressources — évidemment, on a un mode de vie de chasse, de pêche et de cueillette — mais aussi prélever les ressources naturelles, la forêt», a dit le chef Awashish en entrevue téléphonique avec la Presse canadienne. Le territoire d’Opitciwan est situé en pleine forêt, aux abords du réservoir Gouin, à mi-chemin entre le Lac-Saint-Jean et l’Abitibi. Effet domino dans le passé Selon Me André, une décision semblable à celle de Tsilhqot’in conférerait non seulement un pouvoir décisionnel aux Autochtones sur leur territoire pour les projets à venir, mais ouvrirait aussi la voie à des réparations pour l’exploitation des ressources dans le passé. «Le titre, à partir du moment où il est reconnu, est vu comme ayant toujours existé. (…) À partir du moment où cette preuve est faite, le titre sera rétroactif. «Plusieurs projets ont été faits dans le passé, notamment des barrages hydroélectriques, des réservoirs par Hydro-Québec. Il y a eu des coupes forestières, des projets miniers sur le territoire sans le consentement d’Opitciwan et, selon (le jugement) Tsilhqot’in, à partir du moment où il y a un titre, le résultat est de reconnaître le droit exclusif aux terres et aux ressources naturelles qui se trouvent sur le territoire en question», a expliqué le juriste. «S’il y a d’autres entreprises et promoteurs qui ont exploité ces ressources, leur responsabilité sera questionnée», a-t-il ajouté. «Nos droits sont éteints» Un des éléments-clés derrière ce retrait des négociations est le fait que 60 pour cent du territoire de 26 360 kilomètres carrés revendiqué par les Atikamekw d’Opitciwan est couvert par la Convention de la Baie-James, conclue entre Québec, les Cris, les Naskapis et les Innus dans les années 1970, mais dont les Atikamekw ne sont pas signataires. Or, les droits des Atikamekw sur ce territoire sont inexistants en vertu de la Convention. «Ce que dit la Convention (de la Baie-James), c’est que nos droits sont éteints», a fait valoir le chef Awashish. «La position du Canada encore à ce jour à la table de négociations est qu’ils ne veulent pas négocier cette partie-là. C’est une position inacceptable. (…) Ça, c’est un gros morceau qui a fait en sorte que notre décision est allée vers la voie juridique», a justifié le leader autochtone. La communauté d’Opitciwan est la seule des trois communautés Atikamekw qui est affectée de cette façon et les récentes tractations à la table de négociations avec Ottawa et Québec n’ont pas résolu ce problème, selon le chef Awashish. Jusqu’à nouvel ordre, les deux autres communautés Atikamekw de Wemotaci et de Manawan sont toujours à la table de négociations. Le chef Awashish a d’ailleurs reconnu que la décision de sa communauté n’avait été communiquée à ses confrères que mardi matin. Agréablement surpris par la ministre Le chef Awashish a par ailleurs confié avoir discuté avec la ministre provinciale responsable des Affaires autochtones, Sylvie D’Amours, et dit avoir été «agréablement surpris» de l’accueil qu’il a reçu. «J’ai senti de sa part une volonté de faire autrement dans ses relations avec les Premières Nations. J’ai bon espoir que le dialogue sera là et qu’il va permettre de bâtir autrement que de faire des concessions à une table de négociations avec le Canada et le Québec», a affirmé Christian Awashish. «La ministre D’Amours a bien saisi que 40 années de négociations, elle-même trouvait ça très long», a-t-il pris soin d’ajouter.

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Des Canadiens ont dû évacuer des troupes au Mali

OTTAWA — Des Casques bleus canadiens ont vécu leur journée la plus occupée, dimanche, au Mali, après que des extrémistes ayant des liens avec Al-Qaïda eurent attaqué une base des Nations unies, faisant dix morts et des dizaines de blessés. Cinq hélicoptères canadiens ont été déployés depuis une autre base après l’attaque, selon le porte-parole des Forces armées canadiennes, le capitaine Christopher Daniel. Deux imposants Chinooks ont servi d’hôpitaux dans les airs et trois plus petits Griffons ont également été utilisés. Les hélicoptères canadiens ont évacué 15 soldats des Nations unies qui ont été blessés dans l’attentat, a ajouté M. Daniel dans un courriel. Ils ont aussi livré de la nourriture, de l’eau et des munitions. Les soldats ont travaillé de «façon professionnelle» lors de cette journée «exigeante et extrêmement complexe», a-t-il poursuivi. Cette intervention est de loin la plus importante effectuée par les troupes canadiennes depuis leur arrivée l’été dernier au nord du Mali, où leur tâche principale est d’effectuer des évacuations pour les soldats de l’ONU malades ou blessés. Le nombre d’hélicoptères impliqués a souligné la gravité de l’attaque, alors qu’en temps normal, seulement un Chinook doit être disponible 24 heures sur 24. Le Canada a trois Chinooks et cinq Griffons à la base de Gao. Au cours des cinq derniers mois, les soldats de paix canadiens ont réalisé un total de cinq évacuations impliquant six patients. Le reste du temps, ils ont participé à des entraînements et ont transporté des approvisionnements dans différentes régions du pays. L’une des pires attaques L’attaque de dimanche était la plus mortelle depuis plusieurs mois, parmi toutes les bases de l’ONU dans le monde. Les victimes provenaient toutes du Tchad. Le bilan des morts chez les Casques bleus établis au Mali depuis 2013 se situe maintenant à 187; la plupart des victimes étaient originaires du continent africain. Au moins 25 autres soldats de paix ont été blessés dans l’attaque à la base d’Aguel’hoc, qui a été revendiquée par une organisation islamiste extrémiste qui est liée à Al-Qaïda, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans. La base est située à environ 400 kilomètres d’où sont stationnés les hélicoptères canadiens. Selon l’ONU, les assaillants sont arrivés dans un véhicule au camp, après quoi les soldats de paix ont «répondu robustement, tuant un certain nombre d’assaillants». Une enquête est en cours pour que les responsables rendent des comptes, a indiqué l’ONU. L’attaque a été condamnée par le Canada, les Nations unies et d’autres pays. Elle survient alors que plusieurs se préoccupent d’un afflux de djihadistes islamistes au Mali, un pays secoué par la violence et l’instabilité depuis 2012. On reproche aux djihadistes d’avoir attisé les rivalités et les divisions parmi les différentes communautés ethniques au pays, où les tensions sont vives en raison de la sécheresse, de la pauvreté et de la corruption. Certains craignent que les extrémistes islamistes et les organisations criminelles se propagent là-bas et partout dans la région du Sahel, si la situation n’est pas réglée au Mali. L’attaque à Aguel’hoc, ville située à l’extrême nord du pays et près de la frontière algérienne, était malgré tout inhabituelle, alors que les violences au Mali se sont déroulées plus au centre et au sud du pays dans la dernière année. La mission d’un an du Canada doit prendre fin en juillet. À ce moment-là, les Canadiens prépareront leurs bagages et commenceront à quitter le pays. Les Nations unies voudraient que le Canada reste jusqu’à ce que les troupes roumaines arrivent à l’automne, mais le gouvernement a rejeté la demande.

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Décès de la mère de Duceppe: «Il ne faut plus que ça se reproduise», dit Legault

PARIS — François Legault trouve «infiniment triste» le sort de la mère de Gilles Duceppe, qui est morte de froid dimanche à l’extérieur de sa résidence pour aînés, et le premier ministre ne veut plus qu’un tel drame se reproduise. Hélène Rowley Hotte est décédée dans la nuit de dimanche, après être sortie de la résidence par un froid glacial en raison d’une alarme d’incendie. Au cours de sa mission à Paris, mardi, le premier ministre du Québec a été appelé à commenter le tragique événement. Il a admis que ce drame démontrait qu’il y avait encore des problèmes dans les résidences pour personnes âgées. M. Legault a indiqué que cela ne se réglerait pas en quelques jours, mais il a promis de se mettre au travail avec la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais. En conférence de presse, lundi, la ministre Blais a assuré qu’elle ne «baisserait jamais les bras» pour assurer la sécurité des aînés et qu’elle «serrerait la vis» aux résidences privées s’il le faut. Pendant la nuit de dimanche, une alarme d’incendie avait retenti vers 4 h 15 et Mme Rowley Hotte était alors sortie de la résidence pour retraités «Lux Gouverneur», sur la rue Sherbrooke, dans l’est de Montréal. La dame n’entendait pas très bien et n’a probablement pas saisi le message audio qui l’informait que son bâtiment ne faisait pas partie de l’ordre d’évacuation incendie. Elle est sortie par une issue de secours qui donnait accès à une cour arrière du complexe immobilier, mais la porte s’est verrouillée derrière elle et la dame n’a pu ensuite réintégrer la résidence. Le bureau du coroner enquête sur l’événement. Selon les résidences LUX, la dame portait des vêtements d’hiver et s’est évanouie peu de temps après être sortie. La ministre Blais a souligné lundi que l’établissement avait obtenu de nouveau une certification en avril 2018, et s’était conformé aux 28 normes requises, notamment sur le nombre de surveillants de nuit.