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Les efforts contre le terrorisme au pays sont déficients, dit un imam de Calgary

OTTAWA – Un imam de Calgary a affirmé que les agences de sécurité du Canada avaient échoué dans leurs efforts contre la radicalisation des jeunes dans la communauté musulmane. La déclaration de l’imam Syed Soharwardy est survenue après que le réseau anglais de Radio-Canada eut identifié les frères de Calgary Collin et Gregory Gordon comme deux autres jeunes hommes ayant récemment quitté le Canada pour joindre les combattants de l’État islamique en Syrie. M. Soharwardy, qui représente les groupes Musulmans contre le terrorisme et Conseil suprême islamique du Canada, a dit croire vendredi que le gouvernement fédéral devait accentuer ses efforts pour contrer la radicalisation et le recrutement de jeunes Canadiens par des groupes extrémistes islamistes. Et il a fait valoir que les gens s’étant mêlés à des éléments radicaux en Syrie et en Irak devraient être suivis de près par la police dès leur retour au pays. Le même jour, le ministère de la Sécurité publique a dévoilé le rapport annuel sur la sécurité nationale du gouvernement fédéral, avec comme thème dominant le spectre du terrorisme en sol canadien. Le terrorisme demeure la menace principale à la sécurité nationale, a conclu le rapport, insistant sur le besoin de travailler avec les communautés pour contrer les efforts insidieux de recrutement en sol canadien. Selon le document, le gouvernement est au fait d’environ 80 personnes qui sont revenues au Canada «après avoir voyagé à l’étranger avec des présumés objectifs divers reliés au terrorisme». Ces gens présentent une menace réelle, a fait valoir M. Soharwardy. «C’est mon cauchemar, que ceux qui reviendront causent véritablement des problèmes, des problèmes graves pour la communauté musulmane au Canada, de même que pour tous les Canadiens», a exprimé l’imam. Ils doivent rendre des comptes, a-t-il argué. M. Soharwardy a salué les conclusions du rapport, mais a critiqué le gouvernement pour ne pas avoir encore fait les efforts nécessaires. «Une intervention anticipée est requise, et le gouvernement a les ressources et les outils pour procéder», a soutenu l’imam. «Les communautés, les organisations à but non lucratif, les musulmans font ce qu’ils peuvent avec leurs propres moyens, mais assurément, il revient au gouvernement de soutenir ces activités», a ajouté M. Soharwardy. Au début de l’année, le gouvernement était au fait de plus de 130 personnes qui étaient à l’étranger et soupçonnées d’activités reliées au terrorisme, indique le rapport. Environ 30 personnes avec des liens au Canada étaient soupçonnées d’activités terroristes en Syrie. Le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, a affirmé que le rapport montrait que la menace terroriste demeurait une priorité pour le gouvernement fédéral. «Il poursuit un important dialogue que nous avons amorcé avec les Canadiens et permet de garder les communautés informées à l’égard de cette menace très réelle», explique-t-il par voie de communiqué.

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Arrêt «Mister Big»: conséquences sur un procès pour meurtre à Saskatoon

SASKATOON – Un procès pour meurtre très suivi à Saskatoon, en Saskatchewan, pourrait dérailler dans la foulée d’un récent arrêt de la Cour suprême sur une technique policière visant à obtenir des aveux. Le juge Gerald Allbright s’apprêtait à rendre son verdict dans le procès de Douglas Hales, qui est accusé du meurtre prémédité de Daleen Bosse. Mais pour épingler le suspect, les autorités policières avaient monté un subterfuge appelé «Mister Big». Dans ce type d’opération, des policiers se faisant passer pour des membres d’une organisation criminelle recrutent un suspect pour gagner sa confiance et lui soutirer des aveux. Or, le mois dernier, le plus haut tribunal au pays a conclu dans un arrêt que cette technique policière nécessitait un meilleur encadrement pour que les aveux soient admissibles devant les tribunaux. Par conséquent, le juge Allbright a soutenu vendredi dans un tribunal de Saskatoon que deux options s’offraient à lui: rouvrir le dossier de Douglas Hales pour entendre les témoins sur l’arrêt de la Cour suprême ou décréter le procès nul. La Couronne recommande de poursuivre les démarches et estime que les preuves recueillies grâce à l’opération «Mister Big» seront admises. La défense penche du côté d’une annulation de procès. Le juge Allbright doit entendre d’autres arguments sur la cause le 22 septembre. Douglas Hales est accusé d’avoir battu et étranglé Daleen Bosse, une jeune femme qu’il avait rencontrée dans un bar où il travaillait comme portier. Les restes calcinés de la victime ont été retrouvés en 2004, soit quatre ans après sa disparition.

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Vente aux enchères d’unités de GES: le Québec engrange 24,5 millions $

QUÉBEC – La plus récente vente aux enchère d’unités d’émissions de gaz à effet de serre (GES) a permis à Québec d’engranger 24,5 millions $ même si elle s’est une fois de plus terminée au prix plancher de 11,39 $ par tonne d’émissions. Au total le gouvernement provincial, qui en était à sa quatrième et dernière enchère pour l’année 2014, a récolté 105 millions $ grâce à ce processus. D’après un document diffusé vendredi sur le site du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, les participants ont respectivement acheté 66,2 pour cent et 95,3 pour cent des crédits pour les unités d’émissions de 2014 et 2017. Ces crédits sont mis en vente auprès de sociétés visées par le système de plafonnement d’émissions de carbone. Hydro-Québec, Alcoa, Lafarge, Tembec et TransCanada figurent notamment parmi les participants inscrits pour l’enchère d’unités pour 2014 et 2017. Le système permet aux entreprises qui dépassent leurs émissions allouées d’acheter des crédits. De leur côté, les sociétés qui réduisent leurs émissions peuvent vendre leurs crédits inutilisés. Les revenus provenant de la vente de permis d’émission de GES constitueront la principale source de financement du plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques. En Amérique du Nord, le gouvernement de la Californie est le seul à organiser des enchères similaires. Ces deux marchés sont liés depuis le 1er janvier dernier, ce qui permet de tenir des ventes aux enchères communes.

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Une caméra a capté l’accident d’autocar en Colombie-Britannique

MERRITT, C.-B. – Une caméra sur le tableau de bord d’un camion gros porteur a pris des images d’un autocar qui s’est renversé sur une route en secteur montagneux en Colombie-Britannique, jeudi, blessant des dizaines de touristes. La plupart des touristes sont originaires de l’Est asiatique et revenaient d’un voyage dans les Rocheuses. L’autocar transportant 56 personnes s’est renversé, jeudi après-midi, sur la route Coquihalla au sud de la ville de Merritt, et 43 passagers ont été amenés à l’hôpital. Les responsables de la santé ont indiqué vendredi que sept patients se trouvaient dans un état critique, et que six étaient dans un état grave. Plusieurs enfants étaient à bord, mais aucun n’a été blessé grièvement. Le sergent de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) Brian Nightingale a affirmé que les images, prises par un camion qui roulait derrière l’autocar, montrent que la vitesse n’a probablement pas été un facteur, laissant croire à une erreur humaine ou à un problème mécanique comme causes possibles. M. Nightingale a dit croire que le conducteur était embarqué sur le terre-plein central, pour ensuite faire un mouvement trop brusque pour tenter de se ramener dans la voie. Il a dit que des inspections étaient effectuées sur l’autobus afin d’écarter des problèmes mécaniques, tels que le système de direction et le freinage. Les passagers participaient à un voyage organisé par Super Vacation, une entreprise établie à Richmond, en Colombie-Britannique, qui se décrit comme le plus important organisateur de voyages de propriété chinoise en Amérique du Nord. L’autocar était sur le chemin du retour, entre Kamloops et Vancouver. Le porte-parole de la compagnie, L. Lau, a affirmé que plusieurs des passagers étaient originaires de la Chine, de Hong Kong et Taïwan, bien que quelques-uns viennent de la Colombie-Britannique et d’ailleurs au Canada. M. Lau a précisé que l’autocar était exploité par Western Bus Lines, parlant d’une «compagnie locale comptant 35 ans d’expérience». Le groupe établi à Kelowna n’a pas retourné les appels.

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Les diffuseurs auront l’obligation de transmettre les messages d’urgence

OTTAWA – Les stations de radio, chaînes de télévision et d’autres membres de l’industrie seront bientôt obligés de transmettre les messages d’urgence en provenance de sources officielles. Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a annoncé vendredi qu’il voulait s’assurer qu’en cas d’urgence, les Canadiens seront informés rapidement de la situation par des avertissements diffusés à la radio et à la télévision. Par communiqué, le CRTC a ainsi indiqué que les entreprises de distribution par câble et par satellite, les stations de radio, les stations de télévision en direct et les services de vidéo sur demande seront tenus de commencer à transmettre des messages d’urgence d’ici le 31 mars 2015. Les radiodiffuseurs de campus universitaires, communautaires et autochtones auront quant à eux jusqu’au 31 mars 2016 pour se conformer à cette nouvelle exigence. La participation au système national d’alertes au public se fait actuellement sur une base volontaire. Le CRTC n’a pas précisé dans son communiqué si cette façon de procéder avait déjà causé des problèmes. Les messages d’alerte d’urgence sont émis par les responsables de la gestion des urgences, tels que les commissaires des incendies, les policiers et les responsables de la santé publique, afin d’avertir le public des dangers pour la vie et la propriété. Il peut par exemple être question d’alertes Amber ou d’avertissements concernant des tornades, des incendies de forêt, des inondations, d’une contamination de l’eau ou de désastres industriels. «En cas d’urgence, on peut diffuser des informations importantes aux Canadiens rapidement à la radio et à la télévision», a expliqué le président du CRTC, Jean-Pierre Blais. «Nous veillons à ce que les fournisseurs de services de radiodiffusion assument le rôle qui leur revient afin d’augmenter la sécurité de la population canadienne. La décision prise aujourd’hui fait en sorte que les Canadiens aient accès aux messages de sécurité locaux lorsque les autorités émettent des avertissements.»

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Le Parti libéral du Canada explore actuellement l’idée du vote obligatoire

OTTAWA – Au moment où les taux de participation aux élections sont de plus en plus bas, des députés libéraux étudient l’idée de rendre le vote obligatoire aux élections fédérales. Un sondage envoyé par courriel aux membres du parti explore l’idée du vote obligatoire, qui fait partie des «nouvelles idées» proposées par des députés lors de la retraite estivale du caucus, la semaine dernière. L’ajout du vote obligatoire dans la prochaine plateforme électorale des libéraux n’est pas chose faite. Mais le chef libéral adjoint Ralph Goodale croit que c’est une idée qui mérite d’être étudiée sérieusement, compte tenu de la santé précaire de la démocratie canadienne. «C’est une notion intéressante qui, je crois, appelle à une réflexion», a avancé M. Goodale en entrevue. M. Goodale insiste sur le fait que le caucus libéral ne fait que tester les réactions des membres du parti pour le moment. Il a cependant noté que Justin Trudeau a fait de la réforme démocratique un pilier de son leadership et que son programme a été adopté avec enthousiasme par le parti. «Justin a indiqué qu’il était ouvert à de nouvelles idées, ouvert à aller dans de nouvelles directions si cela rend le pays plus fort», a-t-il souligné. Le taux de participation aux élections fédérales est passé d’un sommet de près de 80 pour cent en 1958 à un creux record de 58,8 pour cent en 2008, selon Élections Canada. Il a légèrement rebondi en 2011, atteignant 61,1 pour cent. Une élection partielle tenue dans la circonscription de Fort-McMurray-Athabaska, en juin, a atteint les bas-fonds, alors que seuls 15 pour cent des électeurs se sont déplacés pour voter. Par contraste, le taux de participation en Australie, où le vote est obligatoire depuis 1924, atteint en moyenne environ 95 pour cent. Le sondage auprès du caucus libéral survient après la publication d’une analyse, le printemps dernier, par l’un des conseillers principaux de Justin Trudeau, le professeur de l’Université d’Ottawa Robert Asselin, qui proposait l’adoption du vote obligatoire et l’introduction du mode de scrutin préférentiel. Le sondage appuie la proposition de M. Asselin concernant le vote obligatoire, rappelant que les électeurs désenchantés ou non intéressés pourraient quand même choisir «aucun de ces candidats» et que ceux qui s’abstiendraient de voter ne recevraient qu’une «petite amende». «Je crois qu’ils prennent l’idée au sérieux, mais c’est un projet qui modifierait grandement notre culture politique», a indiqué M. Asselin en entrevue. Le professeur admet que le vote obligatoire serait sans aucun doute controversé et pourrait peut-être même être contesté en cour par des électeurs qui jugeront que le refus de voter est un droit fondamental. M. Asselin croit cependant que ce droit sera préservé puisque les électeurs pourront choisir de ne voter pour aucun des candidats ou annuler leur vote. Une amende de 20 $ —une pénalité semblable à ce qui se fait en Australie — serait surtout symbolique et serait rarement imposée, selon lui. Si les libéraux adoptent officiellement l’idée, ils se buteront certainement à l’opposition des conservateurs, qui ont déjà aboli le formulaire long du recensement, jugeant que les Canadiens ne devraient pas être forcés de divulguer de l’information personnelle à une agence du gouvernement.

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David Alward promet de créer un centre de formation pour le secteur énergétique

RIVIÈRE-VERTE, – Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, David Alward, a promis de créer un Centre de formation des secteurs du pétrole, du gaz et des mines si son parti est reporté au pouvoir. M. Alward s’est engagé à investir 5,5 millions $ pour créer un centre qui permettrait aux résidants de la province de développer les compétences dont ils auront besoin pour combler les emplois qui seront créés lorsque les activités des grands projets d’exploitation du gaz de schiste, de pétrole et des mines débuteront au Nouveau-Brunswick. Le chef libéral Brian Gallant a pour sa part promis de mettre en place une stratégie locale sur les aliments et les boissons, avec la collaboration de l’industrie agricole. M. Gallant affirme qu’aider les producteurs locaux à intégrer de nouveaux marchés favorisera le développement durable, créera de l’emploi et solidifiera les relations entre les régions rurales et urbaines. Le chef du Parti vert, David Coon, a également indiqué que la province devra se tourner vers l’autonomie alimentaire et avait promis, jeudi, d’implanter un programme d’étiquetage qui permettrait aux consommateurs d’identifier plus facilement les aliments produits et transformés au Nouveau-Brunswick.

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Télécommunications: Ottawa veut mettre fin aux frais des factures papiers

OTTAWA – Malgré l’exemption des frais pour les factures papiers pour quelques clients convenue par les grandes entreprises de télécommunications, le gouvernement fédéral affirme qu’il mettra fin complètement à la pratique. Le ministre de l’Industrie, James Moore, a affirmé que le gouvernement présentera une loi pour éliminer tous les frais pour les factures papiers. Les entreprises de télécommunications se sont réunies, jeudi, sous l’égide du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), et ont accepté d’exempter certaines personnes, dont les aînés, les handicapés, les anciens combattants et les gens sans accès Internet. Le CRTC a affirmé que cela n’était pas suffisant et a appelé à une autre ronde de discussions, mais le gouvernement fédéral semble avoir voulu prendre les devants dans ce dossier. Le ministre a fait valoir que la pratique de charger pour les factures papiers était inéquitable. Il a dit que les Canadiens s’attendaient à des prix plus bas et à un meilleur service de la part des sociétés de télécommunications. «C’est pourquoi notre gouvernement est engagé à mettre fin à cette pratique injuste et à placer en priorité les intérêts des consommateurs canadiens», a-t-il dit par communiqué. La rencontre de jeudi réunissait en outre des représentants de Bell (TSX:BCE), Rogers (TSX:RCI.B) et Telus (TSX:T). Cogeco (TSX:CGO), qui fournit des services Internet, de câble et de téléphonie au Québec et en Ontario, n’a jamais adopté la pratique, bien qu’elle encourage ses clients à se départir des factures papiers. MTS Allstream (TSX:MBT), SaskTel et Shaw Communications (TSX:SJR.B), ne demandent pas de frais additionnels. Néanmoins, d’autres compagnies font payer pour les factures papiers — jusqu’à 6 $ par mois dans certains cas — et tant les politiques de frais que les politiques d’exemptions varient beaucoup. Rogers, par exemple, aurait accepté de mettre de côté les frais de 2 $ lorsque des clients s’y opposaient pour diverses raisons.

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Le gouvernement fédéral affiche un excédent de 1,6 milliard $ pour juin

OTTAWA – Le gouvernement fédéral a affiché vendredi un excédent de 1,6 milliard $ pour le mois de juin, comparativement à un surplus de 200 millions $ pour le même mois l’an dernier. Le ministère des Finances a expliqué ce résultat par une hausse de 900 millions $ des revenus, soit 3,8 pour cent, attribuable principalement à une croissance des revenus de l’impôt sur le revenu des non-résidents, des taxes et droits d’accise et des cotisations d’assurance-emploi. Les dépenses des programmes ont diminué de 700 millions $, soit 3,2 pour cent, essentiellement en raison de la baisse des charges de programmes directes. Les frais de la dette publique ont progressé de 100 millions $, soit 5,1 pour cent. Pour le trimestre d’avril à juin, le gouvernement a cumulé un excédent de 400 millions $, comparativement à un déficit de 2,6 milliards $ pour la même période l’an dernier. Les revenus pour l’exercice financier en cours ont avancé de 2,5 milliards $, soit 3,8 pour cent, jusqu’à maintenant, tandis que les dépenses des programmes ont diminué de 400 millions $, ou 0,7 pour cent. Les frais de la dette publique pour les trois premiers mois de l’exercice ont reculé de 49 millions $, ou 0,6 pour cent. Selon la revue financière du gouvernement, même si les résultats trimestriels ne fournissent qu’une information limitée quant aux perspectives pour l’ensemble de l’exercice, ils laissent croire que les choses se déroulent comme cela a été prévu dans le budget présenté au printemps. Une mise à jour des perspectives économiques et financières pour l’ensemble de l’exercice est prévue à l’automne.

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Saccage à l’hôtel de ville: flopée d’accusations criminelles et de suspensions

MONTRÉAL – Le saccage de l’hôtel de ville de Montréal aura eu de lourdes conséquences pour des dizaines d’employés municipaux. Après que le SPVM eut confirmé le dépôt d’accusations contre 44 personnes, le maire Denis Coderre a annoncé que 39 des 63 employés faisant l’objet d’une enquête étaient suspendues sans salaire. «C’est inacceptable ce qui s’est passé cette journée-là. On a empêché la démocratie, on a empêché une assemblée de se tenir», a tonné le premier magistrat en conférence de presse, vendredi. Les pompiers sont les plus nombreux à être visés par des enquêtes administratives: sur les 63 dossiers ouverts, 52 concernent des sapeurs, contre quatre pour les cols blancs et sept du côté des cols bleus. Les sanctions auxquelles s’exposent tous les manifestants vont jusqu’au congédiement. Mais en attendant les résultats des enquêtes, 39 employés municipaux — 30 pompiers, quatre cols blancs et cinq cols bleus — ont été suspendus sans solde, sur-le-champ, en raison de «la gravité des gestes» qu’ils ont posés le 18 août dernier, a expliqué M. Coderre. Ce bilan pourrait être appelé à s’alourdir. Et malgré ces dizaines de suspensions, les Montréalais peuvent dormir sur leurs deux oreilles: les employés municipaux veillent toujours au grain, a mentionné le maire. «La sécurité de la population est totale. Tant du côté des pompiers que des policiers, nous nous sommes assurés qu’en aucun temps, la sécurité des gens ne serait entachée», a plaidé Denis Coderre. Peu avant la conférence de presse du maire, le directeur du Service de police de la ville de Montréal (SPVM), Marc Parent, annonçait le dépôt de 44 accusations criminelles contre des employés municipaux qui ont pris part au grabuge. Aucun policier du SPVM ne figure parmi les employés municipaux qui font face à des accusations, mais une douzaine d’agents et de cadres ont été rencontrés et s’exposent à des mesures disciplinaires pouvant aller du simple avertissement au congédiement. Les 44 individus visés font principalement face à des accusations d’attroupement illégal et de méfait. Quelques-uns devront répondre à des accusations de voies de fait, a indiqué Marc Parent en conférence de presse au quartier général du SPVM. Le chef de police a précisé que l’enquête n’était pas encore bouclée. Et il estime que celle-ci se fait en toute impartialité. En début de semaine, la Fraternité des policiers a demandé que l’investigation soit transférée à la Sûreté du Québec (SQ) dans la foulée d’une déclaration-choc de la vice-présidente du comité exécutif à la Ville de Montréal, Anie Samson. Celle-ci avait déclaré au quotidien La Presse qu’«il y a des gens qui ont perdu leur job et qui ne le savent pas encore». Mais Marc Parent a assuré qu’il n’a fait l’objet d’«aucune pression», qu’il n’a «jamais eu à rendre des comptes» et que l’enquête a été menée en toute indépendance. «Nous sommes habiletés à pouvoir faire ce genre d’enquête-là, a-t-il assuré. Les résultats le démontrent aujourd’hui: les enquêteurs ont été en mesure de faire leur travail de façon impartiale, neutre, et avec beaucoup de rigueur.» Le soir du 18 août, quelque 250 employés municipaux opposés au projet de loi 3 sur les régimes de retraite s’étaient invités à la séance du conseil municipal avant d’y perturber ses activités. Ils avaient inondé la salle de papiers, lancé des verres d’eau, brisé des vitres et forcé le maire Coderre à battre en retraite dans son bureau — le tout, sous l’oeil de certains policiers en devoir. L’inaction des agents du SPVM en a choqué plusieurs. Le décalage entre leur réaction, ce soir-là, et les interventions effectuées lors des manifestations et occupations survenues pendant le conflit étudiant de 2012 a été dénoncé par des observateurs, qui y ont vu une illustration de l’existence de «deux poids, deux mesures» au SPVM. Marc Parent a dit en être conscient. Et tout en réitérant sa confiance à l’endroit de ses policiers, il a servi une mise en garde à ses agents et aux autres employés municipaux, qui ont promis au gouvernement un «automne chaud» depuis le dépôt du projet de loi 3. «Personne n’est au-dessus de la loi. On doit se soumettre aux règlements et aux lois en fonction de notre démocratie, et (les accusations) établissent encore une fois qu’on ne peut pas transgresser cela», a-t-il plaidé.