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Le cancer de la peau continue de progresser au pays

MONTRÉAL – Alors que la belle saison est à nos portes, la Société canadienne du cancer (SCC) tire la sonnette d’alarme. Dans un rapport rendu public mercredi, l’organisme prévient qu’un type de cancer — l’un des plus facilement évitables — progresse davantage que les autres: le cancer de la peau. Au Québec, environ 930 mélanomes et 30 000 autres cas de cancer de la peau (de types carcinome spinocellulaire et carcinome basocellulaire) seront diagnostiqués au courant de l’année, soit environ 30 pour cent du nombre total de cas. Pour ce type de cancer, qui est devenu le plus courant dans l’ensemble du Canada — ex aequo avec le cancer du poumon, à l’heure actuelle —, le principal facteur de risque n’est pas génétique, mais bien environnemental. La surexposition aux rayons ultraviolets (UV) du soleil ou des lits de bronzage est à pointer du doigt, peut-on lire dans le document préparé en collaboration avec l’Agence de la santé publique du Canada, Statistique Canada ainsi que les registres de cancer provinciaux et territoriaux. «Malheureusement, la mode du bronzage est encore présente et les gens ont un peu perdu les consignes de sécurité. Ils s’exposent plus qu’avant et se protègent moins qu’il y a 20 ans. On voit qu’il y a encore de l’éducation à faire», résume André Beaulieu, porte-parole de la SCC. «Les jeunes bébés, les enfants, ça, les parents ont compris. C’est bien intégré dans les moeurs. Mais dès que l’adolescence arrive, les consignes de sécurité sont complètement mises de côté», poursuit-il en entrevue avec La Presse Canadienne. L’entrée en vigueur en février dernier de la loi québécoise interdisant aux moins de 18 ans de fréquenter les salons de bronzage est un pas dans la bonne direction, estime-t-il. Les jeunes, surtout les adolescentes, devenaient rapidement accros à ces appareils, qui projettent des rayons UV d’une puissance de cinq à 15 fois plus élevée que ceux du soleil. «La majorité des clients qui allaient dans les salons de bronzage commençaient avant l’âge de 18 ans. Le ‘pattern’ que l’on observait, c’était qu’il y en avait beaucoup avant les cérémonies de diplomation, en secondaire cinq, expose M. Beaulieu. Et malheureusement, l’habitude durait jusqu’à la fin de la vingtaine.» Martine Provost s’est glissée dans ces machines qu’elle appelle désormais des «cercueils» alors qu’elle était adolescente. La jeune femme aujourd’hui âgée de 33 ans, au teint et aux cheveux naturellement foncés, se faisait aussi dorer au soleil sans trop pécher par excès de prudence. Le diagnostic, «brutal», est tombé le 14 mai 2013. Sa dermatologue lui a annoncé qu’elle était atteinte d’un mélanome et qu’il fallait opérer immédiatement, ce qui fut fait avec succès. «C’était la fin de mon histoire avec le soleil», lâche-t-elle à l’autre bout du fil. «Dans mon histoire, il y a quand même de l’espoir, parce qu’ils m’ont prise au bon moment — surtout qu’il y avait des métastases, poursuit Mme Provost. Maintenant, je me dis que c’est mon devoir de rencontrer les jeunes, surtout les jeunes filles, pour passer le message qu’il n’y a pas de façon sécuritaire de se faire bronzer.» En février 2012, la SCC avait proposé dans un mémoire déposé en commission parlementaire d’inclure dans le projet de loi sur les salons de bronzage l’imposition d’une taxe à la séance de 10 pour cent, avec un prix plancher de 1 $. L’organisme s’inspirait d’une loi adoptée aux États-Unis en juillet 2010. À la lumière des statistiques rendues publiques mercredi, faudrait-il envisager d’amender la loi québécoise afin d’y inclure une telle disposition? Le porte-parole de la SCC ne se montre pas chaud à l’idée, disant préférer attendre de voir comment les choses ont évolué depuis. «Vous savez, il y a des pays qui ont banni complètement l’industrie du bronzage. On n’est pas rendus là. Nous, on dit quand même qu’il y a le libre choix de la personne. Je pense qu’on est encore à l’étape de conscientiser les gens», fait valoir M. Beaulieu. La pression exercée par l’explosion du nombre de cas de cancer de la peau sur le système de santé est non négligeable: au Canada, les coûts atteignent actuellement environ 532 millions $ par année, et on s’attend à ce que cette somme grimpe à 922 millions $ par année d’ici 2031, selon la SCC. Le cancer de la peau n’est toutefois pas le seul à progresser au pays, constate-t-on à la lecture du rapport intitulé Statistiques canadiennes sur le cancer 2014. Inévitablement, le vieillissement de la population et la croissance démographique ont une influence à la hausse sur le nombre de cas répertoriés. «On ne pourra rien faire contre ça. Là où on pourra faire des gains dans les prochaines années, c’est au niveau de la prévention et du dépistage précoce», souligne André Beaulieu. Dans le cas du cancer colorectal, l’un de ceux dont l’impact sur la mortalité est le plus élevé, la SCC exhorte le ministère de la Santé et des Services sociaux à déployer au plus vite le Programme québécois de dépistage du cancer colorectal (PQDCC) à l’ensemble des Québécois âgés de 50 à 74 ans. Dans le cas du cancer du poumon, le combat est bien loin d’être gagné, et ce, malgré les nombreuses campagnes de prévention et de sensibilisation aux conséquences du tabagisme qui ont été mises en oeuvre dans les dernières années. Plus d’hommes au Québec qu’ailleurs au pays recevront un diagnostic de cancer du poumon, et près du tiers des décès par cancer, soit 31 pour cent (27 pour cent au Canada), sont imputables au seul cancer du poumon (hommes et femmes), souligne-t-on dans le rapport. La proportion de cancers «évitables» — 60 pour cent en compilant ceux du poumon et de la peau — surpasse donc les cancers dont les causes sont plutôt de nature génétique. Martine Provost, elle, veut éviter à tout prix de revivre le même cauchemar, mais ne s’empêche pas de vivre pour autant. «Je suis allée dans le Sud cet hiver, alors c’est sûr que ça m’a causé un petit stress. J’ai passé la semaine sous les parasols, avec un chapeau… et disons je suis très contente que les robes longues soient à la mode, parce que ça m’a permis de me protéger les jambes», rigole-t-elle. Le rapport complet sur les statistiques canadiennes en matière de cancer est disponible sur le site Internet de la SCC.

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Le guitariste Timothy Bachman de nouveau accusé d’agression sexuelle en C.-B.

ABBOTSFORD, C.-B. – Un membre fondateur du groupe rock canadien Bachman-Turner Overdrive fait face à de nouvelles accusations d’agression sexuelle, un an après avoir été acquitté d’accusations similaires. Selon la police d’Abbotsford, en Colombie-Britannique, Timothy Bachman, 62 ans, est accusé d’agression sexuelle, de contacts sexuels et d’incitation à des contacts sexuels, en lien avec des incidents allégués survenus dans les années 1990. L’agent Ian MacDonald a indiqué que la police avait ouvert une enquête après qu’une personne eut porté plainte auprès de la police dans la vallée du Fraser, à l’est de Vancouver. Timothy Bachman a brièvement comparu en cour, mardi. Il a été libéré à condition de n’avoir aucun contact avec des mineurs de moins de 16 ans et de se tenir loin des lieux où des enfants pourraient se rassembler. Un interdit de publication empêche la diffusion de toute information qui pourrait permettre d’identifier la victime, mais M. MacDonald a précisé que les accusations n’étaient pas liées à la femme qui a déjà accusé Bachman d’agression sexuelle quand elle était une préadolescente placée en foyer d’accueil chez lui. En mai 2013, un juge de la Cour suprême de Colombie-Britannique a jugé Timothy Bachman non coupable de ces accusations, estimant que le témoignage de la jeune femme était peu fiable et contradictoire.

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La modulation des tarifs des garderies serait un recul important, plaide le PQ

QUÉBEC – La modulation des tarifs des garderies serait un «recul important» pour les familles du Québec, plaide l’opposition péquiste. Le Parti québécois a ainsi réagi, mardi, au scénario d’une tarification modulée en fonction des revenus dans les Centres de la petite enfance (CPE), tel qu’évoqué par le gouvernement libéral. Le premier ministre Philippe Couillard a confirmé que cette option est sur la table. Elle sera discutée dans le cadre de la commission sur la fiscalité qu’il va mettre sur pied au cours des prochains mois. Selon M. Couillard, l’enjeu fait déjà assez largement consensus dans la société. À son avis, personne ne s’objecterait à ce que quelqu’un disposant de revenus plus élevés ait à payer un tarif de 10 $ par jour pour un enfant à la garderie, par exemple, comparativement à 7 $ actuellement. Or le chef intérimaire péquiste, Stéphane Bédard, y voit une «très mauvaise idée». Il reproche au gouvernement libéral de briser un consensus établi avant les élections, quand le gouvernement Marois avait proposé une augmentation graduelle du tarif de 7 $, acceptée par le milieu, en échange du développement du réseau, de la hausse du nombre de places. Selon lui, les libéraux renoncent à une solution simple et claire. «Là, on est plutôt dans l’arrêt du développement du réseau et on fait payer plus le monde, a-t-il dit en point de presse. Je pense que cette voie n’est pas la bonne. Le gouvernement s’est détourné de la bonne voie et là, on complique la chose. La modulation, ce serait un recul important pour les familles du Québec.» Au cours de la période de questions en Chambre, M. Bédard a ajouté qu’il s’agit du «pire des deux mondes» pour les familles québécoises, puisque non seulement les tarifs augmenteront, mais en plus le développement du réseau sera interrompu. Il exige des libéraux qu’ils s’en tiennent simplement à leur engagement d’indexer les tarifs. En Chambre, Philippe Couillard a affirmé que «cette décision n’est pas prise». Il a précisé que la réflexion sera confiée à la commission sur la fiscalité et la révision des programmes. Le premier ministre s’est aussi défendu de vouloir orienter les conclusions de la commission. «Former une commission dont les conclusions sont connues d’avance n’est pas du style de notre gouvernement», a-t-il répliqué ironiquement. Par contre, il a indiqué qu’il y a «certainement des décisions importantes à prendre au cours des prochains mois», que ce ne seront pas des décisions «cosmétiques», et que nous sommes à un «tournant sur le plan de l’économie et des finances publiques». Il a par ailleurs rappelé que le développement du réseau allait bon train, puisque plus de 6000 places prévues allaient être rendues disponibles cette année. Pour sa part, le chef caquiste François Legault reste ouvert à l’idée d’une modulation, mais pas à court terme. Il estime que le fardeau fiscal des contribuables est déjà trop lourd.

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Californie: un jeune homme d’Ottawa parmi les victimes de la fusillade

GOLETA, États-Unis – Un jeune homme de 19 ans originaire d’Ottawa est au nombre des victimes de la fusillade survenue vendredi à l’Université de Californie à Santa Barbara. George Chen, un étudiant en informatique, était diplômé de l’école Leland à San Jose, en Californie. Il fait partie des six personnes tuées par le tireur. Une amie de la famille, Sherry Shih, a déclaré au journal San Francisco Chronicle que George Chen était une âme douce qui aimait travailler auprès des enfants. Mme Shih a ajouté qu’il était «un très bon gars, très intelligent», et que ses parents sont «très, très tristes» et incapables de parler de ce qui s’est produit. Les parents du jeune homme ont visité un monument commémoratif improvisé, lundi soir, et ont inscrit leur nom à la craie sur le trottoir. Ils ont soutenu à la chaîne KABC-TV que les États-Unis devraient adopter des lois sur les armes plus sévères pour empêcher une autre tuerie. La mère de M. Chen, Kelly Wang, a déclaré, en larmes, qu’aucune famille ne devrait avoir à vivre ce genre de choses. L’homme identifié comme étant le tireur, Elliot Rodger, est décédé après avoir vraisemblablement retourné son arme contre lui. Avant la fusillade, il avait publié une série de vidéos sur YouTube dans lesquelles il disait en vouloir aux femmes et se plaignait d’être encore puceau, seul et frustré. L’université prévoyait tenir une cérémonie en l’honneur des victimes mardi après-midi sur le campus.

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Avortement: le député McKay s’en prend à Justin Trudeau dans un enregistrement

TORONTO – Le député libéral John McKay s’est excusé, mardi, pour avoir critiqué, en privé, son chef Justin Trudeau, parce qu’il écartera tout futur candidat opposé au libre-choix en matière d’avortement. Dans un enregistrement obtenu par le réseau CTV, M. McKay, lui-même opposé à l’avortement, disait croire que Justin Trudeau n’avait pas réfléchi à ce qu’il disait («bozo eruption») en déclarant que des candidats anti-avortement ne pourraient pas se présenter dorénavant sous la bannière libérale. Le député ontarien se disait surtout «effrayé» à l’idée que l’entourage de M. Trudeau ait pu entériner cette position sans réaliser à quel point il s’agit d’un enjeu «explosif». Il y voyait alors un manque de jugement politique flagrant. M. McKay a ensuite dit voir une «manoeuvre politique» dans la publication de cet enregistrement — qui aurait été réalisé par un sympathisant conservateur, selon CTV. Le député de Scarborough—Guildwood a admis au réseau avoir fait des «commentaires mal avisés» lors d’un échange qu’il estimait de nature privée, ignorant qu’il était enregistré. Le Parti libéral du Canada a répondu en affirmant que M. Trudeau respectait M. McKay, mais que parfois, des gens aux opinions fermes sur un enjeu «disent des choses qu’ils en viennent à regretter». Plus tard mardi, dans un point de presse aux Communes, M. Trudeau a indiqué qu’il comprenait la profondeur des convictions du député McKay, mais que le chef du Parti libéral se devait de prendre la défense des droits individuels et du libre choix des femmes. M. Trudeau a annoncé plus tôt ce mois-ci que les opposants à l’avortement ne pourraient pas se porter candidats pour le Parti libéral du Canada aux élections de 2015. Les députés libéraux actuels qui sont opposés à l’avortement, tels que M. McKay et Judy Sgro, ne seraient toutefois pas écartés. M. McKay avait dit à ce moment à La Presse Canadienne qu’il aurait probablement «quelques moments de malaise» face à la position de son chef. «C’est la vie», avait-il conclu.

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Cas du juge Nadon: Ottawa écarte une modification de la Constitution

OTTAWA – Stephen Harper écarte la possibilité de modifier la Constitution canadienne pour permettre la nomination à la Cour suprême de juges québécois de la Cour fédérale, alors que son ministre de la Justice semblait laisser la porte entrouverte. Le directeur des communications du premier ministre, Jason MacDonald, a fait connaître la position de son chef par courriel mardi après-midi. Mais une certaine confusion plane toujours sur la question puisqu’il n’a pas clarifié le propos du ministre de la Justice, Peter MacKay, contenu dans un document parlementaire signé, et que le bureau de ce dernier a refusé d’expliquer. M. MacKay a d’ailleurs évité les journalistes à sa sortie de la Chambre des communes, mardi. Ces plus récentes informations au sujet de la controversée nomination du juge Marc Nadon proviennent du processus de demandes formelles transmises au gouvernement, par lequel le député libéral Stéphane Dion a posé une longue série de questions. Le document a probablement été rédigé par des fonctionnaires, mais il a été signé par Peter MacKay. L’une de ces questions visait à savoir si le gouvernement allait tenter d’amender la Constitution pour pouvoir nommer des juges de la Cour fédérale pour occuper les sièges réservés au Québec à la Cour suprême. «Aucune décision n’a encore été prise à ce sujet», est-il écrit. Stephen Harper ne ferme donc pas la porte à cette possibilité, soulignait en matinée M. Dion. Mais le tout a été contredit par le bureau de Stephen Harper après que la nouvelle eut été rapportée. «Nous n’avons pas l’intention de rouvrir la Constitution; nous allons respecter la lettre et l’esprit de la récente décision de la Cour suprême», a écrit Jason MacDonald. Aucune explication n’a toutefois été fournie par le bureau de M. MacKay, après que La Presse Canadienne eut demandé trois fois pour quelle raison il n’avait pas simplement répondu qu’il n’était pas question de toucher à la Constitution, si telle est la position du gouvernement. La Cour suprême a tranché en mars que les juges de la Cour fédérale, comme Marc Nadon, ne sont pas admissibles sur leur banc pour occuper l’un des trois sièges du Québec. La Cour a aussi annulé la nomination de ce juge. M. Dion a également demandé au gouvernement si des opinions juridiques avaient été commandées à des juristes québécois au sujet de l’admissibilité du juge Nadon à la Cour suprême. Il s’est fait répondre que le sujet est confidentiel et relève du secret professionnel. M. Dion souligne toutefois que le gouvernement n’a pas hésité à rendre publique l’opinion de l’ancien juge de la Cour suprême Ian Binnie, qui considère les magistrats de la Cour fédérale admissibles. «À mon avis, c’est la preuve en béton qu’ils n’ont pas consulté aucun juriste du Québec», a dit le député libéral. «C’est quand même un mépris», a-t-il ajouté. Il a aussi relevé que les deux autres experts consultés par le gouvernement — le professeur de droit constitutionnel Peter Hogg et l’ancienne juge de la Cour suprême Louise Charron — n’ont pas remis d’opinion écrite, ayant simplement confirmé qu’ils approuvaient les conclusions de M. Binnie. À Québec, la ministre de la Justice ne semble pas s’inquiéter. «Je tiens à rassurer mon collègue que le Québec entend jouer un rôle proactif dans toute la question relative à la nomination des juges à la Cour suprême. Et ce rôle proactif-là, il se joue dans un esprit de collaboration et non de confrontation», a répondu Stéphanie Vallée au député péquiste Alexandre Cloutier. Celui-ci cherchait à savoir si le gouvernement québécois avait eu la garantie d’Ottawa que la liste de juges fournie par le Québec sera respectée pour le choix du prochain magistrat. La ministre Vallée a dit avoir eu plusieurs conversations avec le ministre MacKay sur le choix des juges pour lui faire part du rôle que le Québec entendait jouer dans la nomination Le ministre des Affaires intergouvernementales, Jean-Marc Fournier, a ajouté son grain de sel. Il a précisé que Québec a présenté à M. MacKay «le processus que suit (le ministre de la Justice du Québec) lorsque vient le temps de faire les recommandations du Québec, un processus qui est rigoureux, qui est complet et qui, à notre avis, représente l’alternative que cherche Ottawa pour faire des nominations valides, respectueuses de la Constitution».