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Explosion chez Neptune: la CSST blâme l’employeur

MONTRÉAL – L’entreprise Neptune technologies et bioressources est à blâmer pour l’explosion et l’incendie qui ont fait trois morts en novembre 2012, conclut la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST). L’enquête de l’organisme a permis de retenir trois causes principales pour expliquer l’accident, peut-on constater dans un rapport rendu public jeudi. D’abord, le déversement d’acétone incontrôlable qui est à l’origine de l’accident a été causé par des manquements dans la conception et le contrôle du procédé. Ensuite, la classification et les aménagements du bâtiment étaient en contradiction avec son usage principal, soit l’utilisation de matières dangereuses. Finalement, souligne la CSST, les déficiences dans la gestion de la santé et de la sécurité ont généré des situations dangereuses. L’employeur a erré dans son analyse initiale de gestion du risque, ce qui a eu des répercussions sur l’ensemble des procédures sécuritaires, d’après l’organisme. «Lors de l’enquête, on s’est rendu compte que le plan de mesure d’urgence présent chez l’employeur n’était pas à jour, et les travailleurs n’en connaissaient pas le contenu», a expliqué l’inspecteur Robert Beaudette. La CSST souligne en outre dans son rapport que l’évacuation des lieux a été «désorganisée». Un constat d’infraction d’environ 64 000 $ a été délivré en novembre 2013 à l’employeur, Neptune technologies et bioressources, qui l’a contesté. L’affaire doit donc suivre son cours devant les tribunaux. Trois personnes ont perdu la vie dans la violente explosion, qui avait été suivie de multiples déflagrations et d’un incendie majeur. Selon la CSST, 34 autres travailleurs ont subi des blessures physiques ou psychologiques. Un déversement d’acétone utilisé dans le procédé d’extraction d’huile de krill a causé l’accident. La matière dangereuse s’est échappée hors de la salle de production vers un corridor non aménagé pour recevoir ce type de produit. Une déflagration s’est ensuivie. Neptune technologies et bioressources produit notamment de l’huile de krill, un produit riche en oméga-3, pour les marchés nutraceutique et pharmaceutique.

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Une attaque de pit bull en Ontario fait 2 blessés, les propriétaires du chien

GREY HIGHLANDS, Ont. – Une femme et son père âgé de 90 ans ont été blessés par d’importantes morsures causées par leur propre chien pit bull, mercredi, en Ontario. La dame de 64 ans a été grièvement blessée au visage et à un bras, au point où on a dû la transporter par voie aérienne à un hôpital de London, à environ 250km de chez elle. Son père a été mordu à l’avant-bras; il a reçu son congé d’un hôpital de sa région après avoir été soigné. L’attaque est survenue à Grey Highlands, à environ 200km au nord-ouest de Toronto. Selon la police, la dame se dirigeait à pied vers son automobile lorsqu’elle a été soudainement attaquée et projetée au sol par le pit bull. Le nonagénaire, qui était assis dans la voiture, en est sorti pour porter secours à sa fille mais il a lui aussi été mordu par l’animal. Des agents se sont ensuite présentés sur les lieux et puisque le pit bull âgé de 4 ans demeurait très agressif, il a été abattu, pour des raisons de sécurité publique.

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Québécois accusés de meurtre: la Cour suprême entendra deux causes d’extradition

OTTAWA – La Cour suprême du Canada se penchera sur le cas de deux Québécois accusés de meurtre il y a 24 ans aux États-Unis, qui demandent leur extradition pour les traduire en justice. David Caplin et Anthony Barnaby ont été accusés des meurtres de Charlene Ranstrom et de Brenda Warner, toutes deux poignardées à mort dans leur appartement en 1988 à Nashua, au New Hampshire. Ils ont été inculpés de ces infractions en 1990. La poursuite soutenait que les hommes les avaient assassinées parce qu’elles étaient lesbiennes, rapportait alors l’Associated Press. Dans le cas de David Caplin, des requêtes avaient été présentées par son avocat pour faire exclure des éléments de preuve et ont été accueillies. Les accusations portées contre lui ont donc été rejetées et son procès n’a jamais eu lieu. En ce qui concerne Anthony Barnaby, il a subi trois procès, en 1989 et en 1990. Au terme de chacun d’entre eux, le jury s’est retrouvé dans une impasse, faute de verdict unanime. Au terme du troisième procès, les accusations contre lui ont été retirées. Mais en 2010, les autorités du New Hampshire ont rouvert leur enquête et obtenu un nouveau mandat d’arrêt contre les deux hommes. Une preuve d’ADN, non disponible à l’époque, a permis de lier David Caplin à la scène du crime. Le ministre de la Justice du Canada a émis les ordres d’extradition en 2012. La Cour d’appel du Québec l’a ensuite maintenu contre David Caplin, mais cassé à l’égard d’Anthony Barnaby. M. Barnaby invoque qu’un quatrième procès ne changerait rien au résultat et serait un abus de procédures, 26 ans après les événements.

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Route 175: le choix de la méthode par le MTQ a empêché une baisse de prix

MONTRÉAL – Pour octroyer les contrats de construction de la route 175 dans la Réserve faunique des Laurentides, le ministère des Transports a choisi une méthode qui a eu pour résultat d’empêcher une baisse de prix pour les contribuables, a admis jeudi un témoin devant la Commission Charbonneau. Luc Bergeron, ancien directeur territorial du ministère des Transports pour la région de Québec, a concédé que lors de la planification du vaste chantier, en 2002, 2003 et 2004, le milieu politique a sciemment choisi de scinder le contrat de 700 millions $ sur sept ans. Il a donné 10 contrats à 10 firmes de génie différentes. En agissant ainsi, il voulait rendre les contrats accessibles aux entreprises de moins grande taille de Québec et du Saguenay, éloignant ainsi volontairement les grandes entreprises de Montréal qui auraient pu faire une guerre de prix pour obtenir le gros contrat, a admis le témoin. Interrogé par la juge France Charbonneau et le commissaire Renaud Lachance, M. Bergeron a indiqué que la décision de favoriser ainsi les entreprises de la région venait du «milieu politique», du cabinet du sous-ministre. La juge Charbonneau lui a fait admettre que cette méthode «protectionniste» a eu pour effet de réduire la compétition et d’empêcher une potentielle baisse de prix dont auraient pu bénéficier les contribuables. Les chantiers ont commencé en 2005 et 2006. Et il s’agissait de gros contrats pour les régions de Québec et du Saguenay, soit entre 25 et 30 millions $. Le premier appel d’offres «a bien été». Les cinq contrats ont été acceptés sous le montant de l’estimation du ministère. «On était heureux», a commenté le témoin. Mais dès le deuxième appel d’offres, les choses se sont gâtées. Les soumissions étaient plus élevées de 12 à 20 pour cent par rapport à l’estimation du MTQ. Les entrepreneurs prétextaient toutes sortes de motifs. «Ils nous ont donné toutes sortes de raisons: la faute à l’environnement, au climat», a rapporté M. Bergeron. Le ministère a donc annulé l’appel d’offres et en a relancé un autre. Et les prix soumis étaient encore supérieurs à ceux qui venaient d’être rejetés. Et les mêmes cinq entreprises avaient déposé une soumission. Cette fois, le MTQ était confronté à des soumissions supérieures de 15 à 25 pour cent. Le sous-ministre des Transports Florent Gagné _ celui-là même qui avait été directeur général de la Sûreté du Québec et qui avait reçu une plainte de collusion dans les contrats, avec preuve à l’appui _ a rencontré les entrepreneurs pour en discuter. Et malgré ces drapeaux rouges, «il a décidé d’octroyer les contrats malgré la hausse des coûts», a rapporté M. Bergeron. Confronté encore une fois à des soumissions à des prix supérieurs à ses estimations, le ministère a fini par soupçonner qu’il était victime de collusion. «C’est là la première fois de ma vie que j’ai entendu le mot collusion. On était conscient que c’était les mêmes firmes; c’était toutes des firmes du Saguenay ou de Québec. On s’est dit ‘elles se sont probablement parlé’», a admis le témoin. Le ministère a même cédé devant ces soumissions plus élevées en haussant ses propres estimations pour tenir compte des doléances des entrepreneurs. «On a élevé nos coûts légèrement», a-t-il avoué. Ce comportement a fait sursauter le commissaire Lachance. «Si je comprends bien, vous avez ajusté vos estimés pour tenir compte qu’il y a de la collusion dans le système?» lui a-t-il demandé. Mais le témoin a redit qu’il y avait aussi des «contraintes» dans le projet de la route 175, comme une saison très courte pour construire, une réserve faunique et la présence du fédéral et de la SEPAQ (Société des établissements de plein-air) en plus. Autres demandes Sur un autre thème, M. Bergeron a rapporté avoir reçu une demande de l’ancienne ministre déléguée aux Transports, Julie Boulet, qui voulait qu’il lui identifie des projets dans Maskinongé et La Tuque. Il a compris qu’un projet d’enrobé bitumineux dans Maskinongé signifiait un contrat à donner à Maskimo, la seule usine dans le coin. L’autre directeur territorial qui a suivi devant la commission d’enquête, Claude Tremblay, qui a oeuvré sur la Côte-Nord et en Mauricie, a confirmé les dires de M. Bergeron. Les demandes adressées aux directeurs territoriaux sont fréquentes, particulièrement en fin d’exercice budgétaire, lorsqu’il reste des «fonds de tiroir». Des élus veulent alors s’empresser de financer des projets de moindre envergure, avant la fin de la saison d’automne. Et les priorités ne tiennent alors plus tout à fait. M. Tremblay a relaté qu’il a déjà proposé une telle liste de projets que le cabinet du sous-ministre lui avait demandé, mais que celui-ci, insatisfait pour une raison que M. Tremblay ignore, lui en a demandé une seconde. Et la demande avait été faite spécifiquement pour le comté de Laviolette, non pour une région. Julie Boulet est députée libérale de Laviolette. M. Tremblay a aussi eu affaire aux demandes répétées de l’entreprise Maskimo, de Maskinongé, qui trouvait qu’elle n’avait pas assez de contrats. Il a admis que dans certaines régions, il y a si peu d’entrepreneurs que quand le cabinet demande de suggérer des projets pour un territoire particulier, c’est comme s’il nommait un entrepreneur donné.

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Contrebande de tabac: amendes de 2,4 millions $ imposées à 6 personnes

QUÉBEC – Revenu Québec annonce que six personnes viennent d’être condamnées à payer d’ici un an des amendes totalisant plus de 2,4 millions $ pour avoir effectué de la contrebande de tabac. Les jugements rendus ont aussi ordonné la confiscation ainsi que la destruction du tabac saisi. Ces condamnations découlent de différentes opérations menées par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et de la Sûreté du Québec (SQ) en 2009 et en 2011. D’autre part, l’Agence du Revenu du Québec rappelle que les personnes qui achètent du tabac de contrebande pour leur consommation personnelle s’exposent à une amende minimale de 350 $.

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Un incendie a fait un mort dans une résidence d’Otterburn Park en Montérégie

OTTERBURN PARK, Qc – Un incendie qui a éclaté dans une résidence a fait un mort jeudi matin à Otterburn Park, en Montérégie. Les flammes ont été signalées peu avant 4 heures 45 sur la rue Comtois, selon ce qu’a précisé la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent. Lorsque l’incendie a été maîtrisé, un corps a été découvert à l’intérieur du bâtiment. On ignore pour l’instant la cause de l’incendie et l’identité de la victime.

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IPÉ: demande du ministre de la Santé pour bannir le tabac aromatisé

CHARLOTTETOWN – Le ministre de la Santé de l’Île-du-Prince-Édouard, Doug Currie, a écrit une lettre aux autorités fédérales de la santé publique qui les encourage à favoriser l’interdiction à travers le Canada de la vente de produits du tabac aromatisés. Plus tôt cette semaine, le chef de l’opposition progressiste-conservatrice, James Aylward, a déposé une motion à l’Assemblée législative, à Charlottetwon, qui proposait que ces produits soient bannis à l’Île-du-Prince-Édouard. La motion a été adoptée à l’unanimité. Présentement, il est interdit à tout résident de la province insulaire âgé de moins de 19 ans de se procurer du tabac aromatisé. À court terme, le ministre Currie s’assurera que cette interdiction soit bien appliquée. Selon plusieurs études et statistiques, le tabac aromatisé exerce un attrait particulier auprès des jeunes.

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Mauricie: professeur soupçonné de crimes sexuels sur une fillette de 5 ans

TROIS-RIVIÈRES, Qc – Un professeur d’un établissement collégial privé de la Mauricie est soupçonné de s’être livré à divers crimes sexuels pendant 10 ans sur une fillette. Celle-ci n’avait que 5 ans lorsque les présumées agressions ont débuté. Le professeur âgé de 64 ans, qui enseigne au Collège Laflèche, de Trois-Rivières, depuis près de 30 ans, a été remis en liberté sous promesse de comparaître après avoir été arrêté mercredi par la police de Trois-Rivières. Il a été soumis à un interrogatoire de la part des enquêteurs. Il semble que les actes reprochés soient sans lien avec les activités professionnelles du suspect.

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La surveillance embrouille de plus en plus les mondes public et privé

OTTAWA – Un nouveau livre sur la surveillance au Canada soutient que les renseignements personnels circulent entre les secteurs public et privé de façon croissante, ce qui pose des risques pour la vie privée des citoyens. L’ouvrage intitulé «Vivre à nu: la surveillance au Canada» explique que des données recueillies dans un but peuvent facilement être utilisées à d’autres fins lorsque les organisations publiques et privées partagent des données. Cet essai, qui résulte d’un effort de collaboration entre des chercheurs de pointe canadiens, dégage neuf grandes tendances dans la pratique contemporaine de la surveillance. Il devait être lancé lors d’une conférence sur la surveillance, qui commençait jeudi à l’Université d’Ottawa. Les auteurs concluent que la surveillance de toutes sortes est en pleine croissance en raison de l’explosion de la technologie numérique dans toutes les sphères de notre vie. Selon David Lyon, de l’Université Queen’s de Kingston, en Ontario, plusieurs des grandes tendances en matière de surveillance passent inaperçues parce qu’elles sont cachées sous le voile de transactions banales. «Il n’y a pas de complot, a dit M. Lyon, qui était à la tête de l’équipe de chercheurs. Quand le mot ‘surveillance’ est utilisé, trop souvent on a à l’esprit des images d’hommes en imperméables et des coins sombres. Je crois qu’il est vraiment important d’aller au-delà de ça.» Un besoin accru de sécurité depuis les attentats de 2001 aux États-Unis génère le plus gros de cette surveillance croissante, disent les auteurs, tout en ajoutant que le portrait n’est pas toujours si simple. Les auteurs affirment que les secteurs public et privé sont de plus en plus étroitement liés pour deux raisons: une croyance largement répandue voulant que le gouvernement et l’entreprise privée doivent travailler ensemble pour maximiser l’efficacité, et le fait que les nouvelles technologies fassent tomber les barrières, permettant ainsi aux données de circuler dans les deux sens sans la surveillance traditionnelle d’un mandat judiciaire. Le «réseau complexe et mouvant de relations» entre les agences gouvernementales, les entreprises privées et d’autres institutions au centre d’une «vaste zone grise» rend les métaphores sur «Big Brother» dénuées de sens, tout en testant les limites des lois sur la protection de la vie privée, soutient-on dans le livre. Les auteurs citent le rôle croissant des institutions financières, sociétés d’assurance-vie et autres entreprises dans l’identification des transactions suspectes, et qui fournissent leurs informations aux autorités fédérales qui luttent contre le blanchiment d’argent. Dans la même veine, les compagnies aériennes rassemblent des renseignements personnels sur les passagers pour le compte des agences de sécurité du gouvernement. «Cela signifie que l’on ne peut jamais savoir quand une information personnelle recueillie par le gouvernement ou la police pourrait devenir visible pour une entreprise, ou quand des données recueillies auprès d’un client dans une transaction commerciale pourraient empêcher cette personne d’embarquer dans un avion», écrivent les auteurs. Dans l’ensemble, les auteurs constatent qu’il est maintenant plus difficile de décider quelle information est privée, et laquelle ne l’est pas. L’ouvrage est l’œuvre collective de onze chercheurs canadiens, dont M. Lyon, et Stéphane Leman-Langlois, professeur agrégé à l’École de service social de l’Université Laval, à Québec. M. Lyon affirme que le Canada, avec ses lois solides et ses organismes de protection de la vie privée, affiche un bon bilan dans le respect des informations personnelles. Mais il met en garde contre un relâchement — contre la perception qu’«il n’y a pas lieu de s’inquiéter si l’on a rien à se reprocher». La manière avec laquelle les informations personnelles sont gérées affecte la vie des gens, que ce soit pour le simple accès à un édifice, ou l’obtention de subventions ou de privilèges, a-t-il fait valoir. La surveillance n’est pas mauvaise en soi, a-t-il ajouté. «Elle n’est ni bonne ni mauvaise, mais elle n’est jamais neutre.»

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La tuerie de l’Assemblée nationale a eu lieu il y a 30 ans ce jeudi

QUÉBEC – À l’Assemblée nationale, trois traces de balles, dans le hall et un corridor de l’édifice, témoignent encore discrètement, 30 ans plus tard, du passage meurtrier du caporal Denis Lortie, qui s’est soldé par la mort de trois personnes. Un trou dans le volet d’une fenêtre, une marque sur un cadre en cuivre et une éraflure sur un mur de marbre permettent d’imaginer les déflagrations qui les ont précédés, le matin du mardi 8 mai 1984, quand le soldat Lortie a marché jusqu’au Salon bleu dans l’espoir de tuer des politiciens et d’anéantir le Parti québécois au pouvoir. Trente ans plus tard, le calme régnait dans l’édifice, jeudi, où ce sont plutôt les bruits de pas qui résonnaient dans les corridors vides, en attendant la reprise des travaux prévue dans deux semaines. Postés aux entrées et dans des positions qui leur permettent de couvrir tous les angles à l’intérieur, les constables spéciaux ainsi que les agents du service de sécurité saluaient avec leur courtoisie habituelle le personnel, les visiteurs et au moins un journaliste à la recherche des derniers signes visibles de la fusillade. Mercredi, le cabinet du président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, a annoncé qu’une plaque commémorative sera apposée prochainement dans l’hôtel du parlement pour commémorer la tragédie dont le 30e anniversaire, contrairement au 25e, passe cette année inaperçu. Cindy Cannon se souvient d’avoir d’abord confondu le bruit des déflagrations de la mitrailleuse de Denis Lortie avec celui des travaux de construction qui étaient effectués, ce 8 mai 1984, sur l’édifice. Mme Cannon, alors âgée de 20 ans, était à son poste ce matin-là, dans le bureau du député libéral Pierre Paradis, dont elle était la secrétaire. «Je ne savais que c’était des coups de feu, il y avait tellement de construction à l’Assemblée, à l’époque souvent on entendait des bruits de foreuse à percussion, a-t-elle dit dans une entrevue téléphonique, jeudi. Donc c’était pas clair que c’était des coups de feu.» Comprenant en écoutant la radio qu’un homme armé est dans l’édifice, Mme Cannon s’est réfugiée sous le bureau de M. Paradis, qui était absent ce jour-là, où elle a attendu d’être secourue. «C’était un mardi matin, il n’y avait pas beaucoup d’activités à l’Assemblée et je disais: est-ce que quelqu’un va penser que je suis dans mon bureau et venir me chercher?» Après une dizaine de minutes, le député libéral Ghislain Maltais est venu la chercher pour quitter l’édifice précipitamment. «Quand on est sortis du parlement, je n’avais qu’une chaussure tellement on avait couru, on n’avait pas notre sac à main, on n’avait rien», a-t-elle dit. Après avoir téléphoné à ses proches pour les rassurer, Mme Cannon est allée avec d’autres membres du personnel dans un restaurant près de l’Assemblée nationale. Mais il faudra attendre en fin de journée pour avoir une idée de l’ampleur du drame qui, en plus de trois morts, a aussi fait 13 blessés. «On savait que c’était grave mais on était tellement sous le choc et on n’avait pas d’information au restaurant, a-t-elle dit. Il y avait des rumeurs qu’il y avait des blessés, des morts, ils n’étaient pas très sûrs.» Vêtu de son uniforme militaire, Denis Lortie a réussi à atteindre le Salon bleu, où il espérait trouver les députés, qui ne siégeaient cependant pas ce matin-là. Là, il s’est assis avec son arme sur le fauteuil du président, où il a été rejoint par le sergent d’armes René Jalbert, qui l’a calmé et l’a convaincu de se rendre. En 1987, Lortie a été condamné à l’emprisonnement. Il a bénéficié d’une libération conditionnelle moins de 10 ans plus tard. Trente ans plus tard, les images de la tragédie à la télévision, lors des commémorations, continuent d’ébranler Mme Cannon. «Je réalise que j’étais là, a-t-elle dit. J’étais jeune et j’étais moins consciente. Je me dis que ça aurait tellement pu être plus grave que ça. S’il était arrivé à deux heures l’après-midi, ça aurait pu être une hécatombe. Une chance que M. Jalbert était là.» Pour son intervention héroïque, M. Jalbert, un ancien militaire décédé en 1996, a été décoré en novembre 1984 de la Croix de la Vaillance, décernée à seulement une vingtaine de personnes au Canada pour un acte de courage remarquable accompli dans des circonstances extrêmement périlleuses. Témoin du déploiement policier depuis les fenêtres de son bureau à côté de l’hôtel du parlement, il y a 30 ans, le député péquiste François Gendron, qui était ministre à cette époque, a déclaré jeudi qu’un malaise a subsisté longtemps après la fusillade, jusqu’à ce que le temps fasse son oeuvre. «Quand tu sais que sur ton pupitre à l’Assemblée nationale, pendant un bon bout de temps, il y avait un trou de balle, pour le vrai, et que tu regardes l’horloge et tu dis: regarde, si on avait été dans cette enceinte, on aurait des grosses chances d’avoir été passé au crible. Donc, ça dérange. Ça dérange l’intérieur», a-t-il dit. Deux employés de l’Assemblée nationale, Camille Lepage, un messager, et Georges Boyer, un page, sont tombés sous les balles de Lortie. Un employé du Directeur général des élections, Roger Lefrançois, qui était au Salon bleu afin de participer à une commission parlementaire, a également péri dans la fusillade. Richard Thibault, un autre employé de l’Assemblée nationale qui animait la télédiffusion des débats à la chaîne parlementaire, était à quelques mètres du Salon bleu dans un studio, le 8 mai 1984, où il se préparait à entrer en ondes pour présenter les travaux de la commission à laquelle M. Lefrançois devait contribuer. «En regardant mon moniteur, parce qu’on s’en allait en ondes, j’ai réalisé qu’il se passait quelque chose de pas correct, a-t-il dit. Ça m’a pris un certain temps avant de réaliser ce qui se passait, je dirais un bon 30, 40 secondes. Le cerveau humain, ça lui prend un certain temps pour assimiler une horreur comme celle-là.» M. Thibault croit que les images qui subsistent de la tragédie, captées par la caméra un du Salon bleu, font en sorte que le devoir de mémoire envers les victimes est plus douloureux. «Les seules images qu’on a, c’est les images de Lortie qui tire comme un malade un peu partout, a-t-il dit. Ce n’est pas des belles images, on ne veut pas se rappeler de ça.»

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Une employée de Suncor tuée par un ours dans le nord-est de l’Alberta

FORT MCMURRAY, Alta. – Une employée de Suncor a été tuée sur son lieu de travail par un ours noir, dans le nord-est de l’Alberta, mercredi. L’incident est survenu en après-midi au camp principal de Suncor, à 25 kilomètres au nord de Fort McMurray. Ce camp est situé dans un endroit fort isolé mais il bouillonne d’activités, a indiqué le caporal George Cameron de la GRC. La victime a été déclarée morte sur les lieux. Son identité et son âge n’ont pas été dévoilés. Barrie Harrison, de la commission de la santé et de la sécurité au travail de l’Alberta, a dit que l’employée avait été attaquée par un ours noir mâle d’âge mature. L’animal a été tué par les agents de la GRC. Les autorités ignorent si la victime était seule ou accompagnée au moment du drame. M. Harrison a indiqué que les entreprises de la région ont établi des procédures pour éviter ce genre d’attaque. L’homme qui travaille depuis plusieurs années pour la commission a dit qu’il n’avait encore jamais entendu parler d’un cas où un ours avait attaqué quelqu’un sur les lieux d’un gisement. «Il s’agit d’un évènement très tragique, a reconnu une porte-parole de Suncor, Sneh Seetal. Nous tentons d’entrer en contact avec ses proches. Tant et aussi longtemps que nous ne les avons pas retracés, nous ne révélerons rien sur la victime.» Mme Seetal a ajouté que l’entreprise avait rappelé à ses travailleurs d’être particulièrement vigilants en traitant avec la faune environnante. «Une partie de la formation que nous donnons à nos employés consiste à leur dire d’alerter les personnes compétentes s’ils voient une bête sauvage afin que les mesures appropriés soient appliquées.»