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Un homme de Saint-Léon-le-Grand accusé de possession et production de cannabis

SAINT-LÉON-LE-GRAND, Qc – Un homme de 35 ans a été arrêté mercredi matin à Saint-Léon-le-Grand, en Mauricie, avant de comparaître quelques heures plus tard au palais de justice de Trois-Rivières sous des accusations liées aux stupéfiants. Mathieu Bouchard a été arrêté à la suite d’une perquisition menée dans sa résidence du rang Barthélémy par les enquêteurs de la Sûreté du Québec. Lors de la perquisition, une quantité importante de cannabis en séchage et plusieurs sacs de cocottes prêts à la vente ont été saisis, de même que des véhicules ayant servi au transport des stupéfiants. Le suspect a été accusé de production de cannabis et de possession en vue d’en faire le trafic. Trois armes à feu et un véhicule tout-terrain volé ont aussi été découverts par les policiers.

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Une équipe américaine retrouve l’épave du Roberval, ayant sombré en 1916

ALBANY, États-Unis – Jim Kennard et ses partenaires concluaient leur saison de recherche d’épaves dans l’est du lac Ontario lorsqu’ils ont décidé de balayer pour une dernière fois les fonds marins avec leur sonar. Le dernier effort de l’équipe américaine, plus tôt ce mois-ci, a été récompensé par la découverte de l’épave du Roberval, un navire à vapeur canadien de 39 mètres ayant sombré il y a près de cent ans, emportant avec lui deux des neuf membres d’équipage. Le Roberval était l’un des deux seuls navires à revêtement d’acier non encore découverts dans le lac, ce qui en faisait un objet très convoité par les chasseurs d’épaves dans les Grands Lacs, a fait valoir M. Kennard. Il a souligné que son équipe était à la recherche du bateau à vapeur depuis deux ans, et a évoqué «une belle manière» de terminer la présente saison. Le navire, basé à Ottawa, transportait du bois dans la portion est du lac Ontario, en route vers Oswego, dans l’État de New York, lorsqu’il a dû affronter des conditions difficiles fin septembre 1916. Les équipes de recherche ont relaté qu’à l’époque, des tonnes de bois d’épinette empilés à bord ont été emportés lorsque les vents ont propulsé de hautes vagues et couché le navire sur un flanc. Une partie du bois a fracassé la structure de la cabine et atteint un membre d’équipage, qui est tombé à l’eau et s’est noyé. Un deuxième homme est mort à bord, piégé par la cargaison dans un compartiment à l’avant. Trois membres d’équipage sont parvenus à gagner un bateau de sauvetage qui dérivait, et ont passé neuf heures à ramer jusqu’à Oswego, au nord de Syracuse, dans l’État de New York. Le capitaine, une chef cuisinière et deux autres membres d’équipage auraient survécu en fabriquant un radeau avec du bois flottant. Ils ont été sauvés 22 heures après le naufrage par la Garde côtière américaine. M. Kennard a indiqué que le Roberval avait sombré dans des eaux de plus de 91 mètres de profondeur, à environ 25 kilomètres d’Oswego. Après avoir découvert l’épave, M. Kennard et ses partenaires Roger Pawlowski et Roland Stevens ont utilisé un engin actionné à distance pour recueillir des images vidéos des restes du Roberval. Les détails captés sur vidéo concordent avec les photos prises du Roberval après sa construction en 1907, a indiqué M. Kennard. Aussi, les dimensions de l’épave et le fait que le Roberval soit le seul navire à vapeur dans ce secteur faisant l’objet d’un naufrage documenté ont confirmé son identification. La découverte de ce navire conclut une saison de recherches au cours de laquelle l’équipe a aussi retrouvé les restes de deux goélettes ayant sombré au large d’Oswego au 19e siècle, et détecté d’autres sites potentiels pour de futures explorations. «Il s’agit de la meilleure saison à ce jour», a estimé M. Kennard.

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Menace d’Alcoa: une voix pour les grands consommateurs d’électricité

MONTRÉAL – La menace du producteur d’aluminium Alcoa de fermer des usines si ses tarifs d’électricité ne sont pas revus à la baisse donne des munitions aux grands consommateurs québécois d’électricité qui en ont contre les hausses prévues par Hydro-Québec. L’Association québécoise des consommateurs industriels d’électricité, qui représente notamment des entreprises des secteurs de l’aluminium, des pâtes et papier et de la pétrochimie, se dit préoccupée par la situation de plusieurs de ses 51 membres. La volonté du gouvernement Marois d’augmenter le rendement d’Hydro-Québec pourrait notamment se traduire par une hausse du tarif industriel d’électricité (tarif L), qui atteindrait 4,46 cents le kilowattheure. Le directeur de l’Association, Luc Boulanger, a fait valoir mercredi que des investissements ont été retardés chez certains de ses membres parce que le contexte entourant ce tarif n’est pas favorable. «Présentement, plusieurs de nos membres sont dans un mode stationnaire, affirme-t-il. Il y a des projets d’amélioration ou d’augmentation de production qui ne se feront pas.» De son côté, le président-directeur général du Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ), André Tremblay, estime que la facture annuelle d’électricité du secteur des pâtes et papiers, qui est actuellement d’environ 500 millions $, pourrait grimper de 25 pour cent si la hausse entre en vigueur, en 2014. M. Boulanger reproche également à Québec de courtiser les grands consommateurs d’électricité étrangers avec sa politique industrielle au détriment des grandes entreprises déjà implantées dans la province. En s’engageant à investir au Québec, les entreprises pourront bénéficier d’un tarif réduit garanti pour 10 ans en vertu de la nouvelle mesure que veut mettre de l’avant le gouvernement Marois avec sa politique. «Si le gouvernement veut faire de la promotion en baissant son tarif L, il devrait peut-être fermer la porte d’en arrière aussi, parce que ceux qui sont au Québec depuis longtemps vont songer à délocaliser leur production», déplore M. Boulanger. «Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas là-dedans», ajoute le directeur de l’Association. Le pdg du CIFQ croit également que les politiques du gouvernement péquiste devraient favoriser les entreprises déjà implantées. «C’est beau d’utiliser des surplus pour aller chercher des nouvelles usines, mais est-ce qu’on ne devrait pas essayer de garder celles que nous avons?» demande M. Tremblay. Pierre-Olivier Pineau, professeur aux Hautes études commerciales (HEC) et spécialiste des questions énergétiques, estime de son côté que les critiques des grands consommateurs québécois sont légitimes. Il croit également que les augmentations de tarifs découlent d’une décision politique. «Les augmentations de tarifs sont liées à une tentative du gouvernement d’augmenter la profitabilité d’Hydro-Québec afin de payer pour de la production d’énergie éolienne et renouvelable essentiellement destinée à du développement régional», explique M. Pineau. Il estime également que la hausse prévue du tarif industriel d’Hydro-Québec risque de freiner l’investissement au sein des entreprises énergivores québécoises. «Ce que le gouvernement fait au Québec, c’est de miner leur compétitivité sans que ça soit pour des raisons énergétiques, dit M. Pineau. L’industrie affirme qu’elle se retrouve à payer pour des choix politiques et que cette situation lui porte préjudice.» Le professeur aux HEC, qui s’est dit surpris de la menace d’Alcoa, croit que le gouvernement Marois pourrait profiter de cette situation pour corriger le tir avec sa politique industrielle. «L’industrie interprète les rabais accordés pour attirer des entreprises étrangères comme un affront, affirme M. Pineau. Les entreprises affirment que ça va mal pour elles et qu’il faut préserver ce qui est actuellement ici avant d’aller en chercher plus.» M. Pineau estime que le gouvernement Marois aurait intérêt à effectuer un pas en arrière pour bonifier sa politique industrielle, qui a récemment été dévoilée. «Il (le gouvernement) pourrait réviser son approche pour être plus cohérent, suggère-t-il. Il aurait l’air fou parce qu’il reviendrait en arrière sur des annonces déjà effectuées, mais ça serait pour le mieux parce que ça amènerait plus de cohérence.» De son côté, le président du Conseil du patronat du Québec, Yves-Thomas Dorval, souligne que la politique industrielle du gouvernement Marois prend plus ou moins en considération les grands employeurs du Québec. Il croit que les avantages offerts en ce qui a trait aux tarifs d’électricité favorisent davantage les petites et moyennes entreprises plutôt que les grands consommateurs d’électricité déjà présents dans la province. «Si vous faites un clin d’oeil pour tenter de convaincre des entreprises de venir s’installer, c’est une chose, mais vous risquez de perdre vos grandes compagnies qui sont déjà ici», fait valoir M. Dorval. La Fédération des chambres de commerce du Québec a également exhorté le gouvernement Marois à revoir sa décision de hausser son tarif L. Elle estime que cette augmentation fait en sorte que le tarif industriel de la province n’est plus compétitif comparativement à celui de 2 cents du kWh offert dans certaines juridictions. Selon la Fédération, la menace d’Alcoa démontre que le secteur de l’aluminium, vital pour l’économie du Québec, devient plus vulnérable.

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Manitoba: nouveau procès pour un homme reconnu coupable du meurtre d’une ado

WINNIPEG – La Cour d’appel du Manitoba a ordonné, mercredi, la tenue d’un nouveau procès pour un homme reconnu coupable il y a deux ans du meurtre non prémédité d’une adolescente de Winnipeg, commis en 1984. Mark Edward Grant avait été condamné à la prison à vie à l’issue de son procès en 2011. Candace Derksen était âgée de 13 ans lorsqu’elle est disparue en revenant de l’école. Son corps avait été retrouvé des semaines plus tard, ligoté et gelé, dans une remise. M. Grant a toujours nié être l’auteur du meurtre de la jeune fille. La Cour d’appel a estimé que le juge qui a présidé le procès avait commis une erreur de droit en excluant des preuves montrant qu’une autre femme avait été enlevée neuf mois après la mort de Candace Derksen, alors que Mark Edward Grant était en détention. Dans leur jugement rendu public mercredi, les trois juges de la Cour d’appel affirment que l’exclusion de ces preuves a empêché l’accusé de se défendre comme il le voulait devant le jury. Les juges estiment que cette erreur est suffisante pour invalider le verdict et ordonner la tenue d’un nouveau procès.

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L’Ontario émettra des obligations vertes pour financer le transport en commun

TORONTO – L’Ontario deviendra la première province à émettre des «obligations vertes», l’an prochain, pour aider à financer les transports en commun, a indiqué mercredi la première ministre, Kathleen Wynne. Le programme sera dévoilé lors de la mise à jour économique de la semaine prochaine, et représente un outil novateur pour recueillir des fonds nécessaires pour le transport en commun dans la province, a affirmé Mme Wynne. La première ministre a soutenu que le marché mondial pour les obligations vertes dans avait doublé au cours de la dernière année, et était désormais évalué à plus de 346 milliards $ US (environ 362 milliards $ CAN). Il s’agit de la première mesure annoncée par Mme Wynne pour contribuer à obtenir les milliards de dollars nécessaires à l’augmentation des services de transport collectif dans la grande région de Toronto-Hamilton, lourdement congestionnée. La mesure devra être adoptée à l’Assemblée législative mais ne constitue pas un vote de confiance risquant de défaire le gouvernement libéral minoritaire. Le ministre des Finances, Charles Sousa, a fait valoir que les nouvelles obligations tireraient avantage de la capacité de la province à obtenir des fonds à de faibles taux d’intérêt. Selon M. Sousa, les nouvelles obligations permettront des économies à long terme pour la province car bon nombre d’investisseurs sont prêts à mettre des capitaux dans des initiatives environnementales spécifiques — ou à tout le moins permettre au gouvernement de le faire. Des responsables au ministère des Finances indiquent qu’il s’agit d’une portion du programme régulier d’emprunt du gouvernement provincial, mais que cette portion serait spécifiquement consacrée à des projets de transports écoresponsables. Les obligations vertes ne figuraient pas parmi les leviers recommandés par l’agence provinciale de transports Metrolinx afin de recueillir les quelque 2 milliards $ par année jugés nécessaires pour améliorer l’offre de transport dans la grande région de Toronto-Hamilton. Mme Wynne a aussi désigné un comité le mois dernier pour examiner ces propositions, qui comprennent notamment une hausse de la taxe de vente harmonisée, une taxe régionale sur le carburant de cinq cents le litre, et des redevances de 350 millions $ par année sur les stationnements d’affaires.

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Les médecins explorent une nouvelle arme pour lutter contre le sida

NEW YORK, États-Unis – Les médecins pourraient un jour lutter contre le VIH en inondant l’organisme d’anticorps, laissent entendre deux nouvelles études. Cette stratégie a permis, chez des singes, de fortement réduire la concentration sanguine d’un cousin du VIH. La tactique pourrait aussi permettre de pourchasser le virus là où il se terre dans l’organisme, ce que les thérapies actuelles sont incapables de faire. Ces résultats pourraient potentiellement révolutionner la lutte au VIH si l’approche devait se révéler efficace chez les humains, affirme un commentaire publié dans les pages du journal scientifique Nature. Les anticorps sont des protéines qui s’attachent à des virus pour en assurer la destruction. Les anticorps produits par les gens infectés au VIH sont toutefois essentiellement inutiles. Les deux nouvelles études ont utilisé une version synthétique d’anticorps rares et particulièrement efficaces contre le VIH. Une première étude menée chez des macaques rhésus a démontré qu’une seule injection d’anticorps pouvait avoir un impact important, a dit le docteur Dan Barouch de l’Université Harvard. Les 18 animaux avaient été infectés de la version simienne du VIH et chez 13 d’entre eux, le virus a été rendu impossible à détecter en moins d’une semaine. Le virus est réapparu après la disparition des anticorps, de un à trois mois après la fin du traitement. Chez les trois singes les moins infectés avant le traitement, le virus n’est pas réapparu pendant une période d’observation de huit mois. Le docteur Barouch a expliqué qu’ils n’ont pas été guéris mais que le traitement a permis à leur système immunitaire de prendre le dessus pour de bon. La deuxième étude publiée dans Nature a témoigné de résultats encourageants chez un nombre plus restreint de singes.

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Les sages-femmes du Québec manifestent devant les bureaux de Pauline Marois

MONTRÉAL – En négociation depuis plus de deux ans avec le ministère de la Santé et des Services sociaux, des sages-femmes du Québec ont manifesté, mercredi midi à Montréal, devant les bureaux de la première ministre Pauline Marois. Elles désiraient exprimer leur exaspération devant la lenteur des négociations et ce qu’elles qualifient d’intransigeance du gouvernement. Le point chaud des négociations se situe au niveau de la rémunération du temps de garde et de la prime pour horaire défavorable. La présidente du Regroupement Les Sages-femmes du Québec, Claudia Faille, explique que les sages-femmes reçoivent actuellement 1 $ de l’heure par heure de garde et aucune prime pour horaire défavorable, alors que les autres professionnels de la santé sont payés une heure de salaire pour huit heures de garde et obtiennent des primes pour horaire défavorable. Le Regroupement demande un forfait englobant le salaire pour les heures de garde et les primes pour horaire défavorable qui représenterait, selon Mme Faille, moins qu’une heure de salaire pour huit heures de garde. Elle reconnaît que la demande est «grande» par rapport à la situation actuelle, mais fait valoir que la première entente était «injuste». Cette entente remonte à 2004, puis avait été renouvelée par décret jusqu’en 2010. Selon Mme Faille, le Regroupement a reçu jusqu’à maintenant des offres qui «frôlaient l’insulte» de la part du gouvernement. Le Regroupement représente 159 sages-femmes.

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Santé: la fiabilité de sites comme Wikipédia demeure un problème

MONTRÉAL – Les applications de type «wiki» sont de plus en plus populaires en sciences de la santé, mais le manque de fiabilité des contenus demeure leur point faible. C’est un des principaux constats qui se dégagent d’une étude synthèse supervisée par le docteur Patrick Archambault, professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval, et publiée dans la plus récente édition du Journal of Medical Internet Research. Les wikis sont des applications web qui permettent à un groupe d’usagers de créer et de modifier des contenus afin de partager leurs connaissances, ou encore d’obtenir de l’information sur un sujet donné. Le plus connu est Wikipédia, qui se classe au sixième rang mondial dans la liste des sites web les plus consultés. Le docteur Archambault et ses collègues ont passé en revue 111 études consacrées à des wikis portant sur la santé. Les études révisées indiquent que plus de 50 pour cent des médecins et des étudiants en sciences de la santé ont recours aux wikis. Les plus grands utilisateurs sont les jeunes étudiants universitaires, qui s’y réfèrent dans une proportion de 81 pour cent. Une majorité de professionnels de la santé (55 pour cent) consulte également ces outils. Par contre, rares sont ceux qui créent ou modifient le contenu de pages wikis. Cette participation ne dépasse pas 18 pour cent chez les jeunes étudiants et elle est de moins de 1 pour cent chez les chercheurs. Les 25 études recensées portant sur la qualité de l’information — dont 24 ciblaient Wikipédia — rendent quant à elles un verdict plutôt sévère: 44 pour cent concluent que les informations sur la santé véhiculées par les wikis sont partiellement fiables et doivent être améliorées, alors que 28 pour cent jugent que leur contenu n’est pas fiable et ne doit pas être utilisé. Malgré ces faiblesses, le docteur Archambault croit fermement au potentiel des wikis en santé. «Il faudra trouver des incitatifs pour encourager les professionnels de la santé à partager leur expertise ainsi que des façons d’intégrer ce partage de connaissances à leur travail quotidien sans les surcharger, a-t-il dit. Si nous y arrivons, nous pourrions voir un changement radical dans la production et l’application des connaissances en santé, pour le plus grand bien de nos patients.» Un groupe d’experts médicaux s’est d’ailleurs attelé à cette tâche en créant le WikiProject Medicine. Ce groupe vient de conclure une entente avec la Collaboration Cochrane, une organisation internationale réputée pour la fiabilité de ses données scientifiques dans le domaine de la santé, afin d’augmenter le nombre de résumés vulgarisés dans Wikipédia. Il existe aussi un partenariat entre Wikipédia et la PubMed Health des National Institutes of Health des États-Unis pour accroître la diffusion de connaissances scientifiques fiables et issues de revues systématiques rigoureuses dans les pages de l’encyclopédie en ligne.

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Pollution des Grands Lacs: des villes veulent agir contre les «microbilles»

TRAVERSE CITY, États-Unis – Un rassemblement d’une centaine de villes canadiennes et américaines autour des Grands Lacs a demandé, mardi, aux autorités fédérales et industrielles des deux pays d’adopter des mesures pour contrer la pollution liée aux microplastiques dans la région. Les scientifiques ont rapporté avoir découvert ces deux dernières années des milliers de particules de plastique dans les Grands Lacs, dont certaines ne sont visibles qu’à l’aide d’un microscope. D’importants amas de plastique ont également été identifiés dans les océans un peu partout à travers le monde. Selon les scientifiques, certaines de ces particules sont en fait les «microbilles» abrasives retrouvées dans les produits d’hygiène personnelle tels les désodorisants, le dentifrice ou les gels nettoyants. Elles sont si petites qu’elles ne sont pas retenues par le système de traitement des eaux usées et se retrouvent ainsi dans les lacs. Les poissons et les oiseaux risquent alors de les ingérer, croyant à tort qu’il s’agit d’oeufs de poissons. L’organisation Great Lakes and St. Lawerence Cities Initiative a envoyé des lettres à Environnement Canada et son équivalent américain, l’agence de protection environnementale des États-Unis (USEPA) pour les questionner sur leur stratégie face à ce problème. Le directeur administratif du groupe, David Ullrich, a reconnu qu’il faudrait peut-être patienter des années avant qu’une réglementation ne soit élaborée à cet égard. D’autres lettres ont aussi été envoyées à 11 entreprises utilisant des microplastiques dans leurs produits pour demander que ces particules soient remplacées par des matières biodégradables. Les entreprises Procter & Gamble et Johnson & Johnson ont soutenu qu’elles les supprimeraient graduellement de leurs produits tandis que L’Oréal a promis de ne pas mettre sur le marché de nouveaux produits contenant ces microbilles. Le groupe Great Lakes and St. Lawerence Cities Initiative fait aussi pression auprès de maires du Québec, de l’Ontario et de huit États américains pour inciter les résidants à cesser d’acheter des produits contenant de telles microbilles. «Nous n’appelons pas à un boycott, nous demandons aux citoyens de s’informer par eux-mêmes», a précisé M. Ullrich.

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La commissaire à la vie privée évoque de piètres pratiques à l’Agence du revenu

OTTAWA – La commissaire à la protection de la vie privée affirme que de piètres pratiques de sécurité à l’Agence du revenu du Canada (ARC) ont contribué à l’accès inapproprié d’employés à des milliers de documents pendant plusieurs années. La commissaire Jennifer Stoddart a émis mardi 13 recommandations — incluant une meilleure surveillance des droits d’accès des employés — pour s’assurer que l’ARC protège des informations privées. Mme Stoddart a fait valoir que les Canadiens sont en droit de s’attendre à ce que l’on protège leurs renseignements personnels, «surtout lorsqu’ils les communiquent au gouvernement sous contrainte légale». Elle a souligné que l’accès inapproprié aux renseignements des contribuables pouvait avoir de sérieuses conséquences telles le vol d’identité ou la fraude financière, sans compter l’embarras de la personne impliquée. La commissaire a notamment déploré l’absence d’un outil automatisé pour identifier et signaler un accès potentiellement inapproprié aux renseignements d’un contribuable. Mme Stoddart a déposé mardi une vérification portant sur l’Agence du revenu du Canada, en plus du rapport annuel sur la Loi sur la protection des renseignements personnels, qui encadre les pratiques des agences fédérales en ce domaine. Pour la deuxième année consécutive, le rapport fait état d’un nombre record de plaintes déposées par les Canadiens et de cas d’atteinte à la sécurité des renseignements personnels signalés par des organisations fédérales. D’avril 2012 à la fin mars, la commissaire a reçu 2273 plaintes du public, en hausse comparativement à 986 pour la même période l’année précédente. La majeure partie de la hausse émane de deux cas d’atteinte à la protection des données très médiatisés mettant en cause Ressources humaines et Développement des compétences Canada (auparavant Développement des ressources humaines) et le ministère de la Justice. Toutefois, même en excluant ces cas, un nombre record de 1114 plaintes en un an aurait été enregistré. Par ailleurs, le nombre de cas de violation de données rapportés par les organisations fédérales au bureau de la commissaire est passé de 80 à 190. Il n’est pas clair si cette hausse est liée à une plus grande vigilance ou si le nombre d’incidents du genre a réellement augmenté, a souligné Mme Stoddart. Elle a aussi signalé certains éléments du périmètre de sécurité entre les États-Unis et le Canada, qui vise à faciliter le déplacement des personnes et la circulation des biens tout en renforçant la sécurité aux frontières. La commissaire a émis des inquiétudes à propos d’un nouveau système d’entrée et de sortie pour retracer les déplacements des voyageurs, et dans le cadre duquel les données recueillies par agents frontaliers seraient conservées pendant 75 ans. «Nous nous inquiétons du fait que des éléments additionnels, comme par exemple les empreintes digitales ou les photos, puissent être inclus au fur et à mesure que la mesure évolue dans différentes phases», indique la commissaire dans son rapport.

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Le CSTC se sert des ambassades pour espionner, selon Der Spiegel

OTTAWA – L’agence de renseignement canadienne a refusé, mardi, de commenter des allégations selon lesquelles elle se servirait des missions diplomatiques pour mener ses activités d’espionnage. Une porte-parole du Centre de la sécurité des télécommunications (CSTC), Lauri Sullivan, a déclaré qu’aucun commentaire ne serait fait sur les «activités de collecte de renseignement à l’étranger ou les capacités» de l’agence. Le magazine allemand Der Spiegel a rapporté que le Canada se servait des bureaux de ses ambassades pour effectuer de la surveillance, le tout de connivence avec ses principaux alliés, soit les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie. Cette révélation — d’abord mise au jour par le blogueur Bill Robinson, qui observe de près les faits et gestes du CSTC —, survient alors le Nouveau Parti démocratique a tenté, en vain, d’obtenir le soutien de la Chambre des communes pour créer un comité parlementaire qui serait chargé de surveiller les activités de l’agence du renseignement. Mardi, le porte-parole néo-démocrate en matière de défense, Jack Harris, a plaidé pour la création d’un comité spécial chargé de formuler des «recommandations sur la façon dont il conviendrait d’exercer la surveillance parlementaire» sur les politiques gouvernementales en ce qui a trait au service de renseignement. Sa motion a rapidement été défaite. Dans un article publié cette semaine, Der Spiegel cite des documents obtenus par Edward Snowden, l’ex-analyste de l’agence de renseignement des États-Unis, la NSA. On mentionne dans une note de présentation que le CSTC compte des «chambres privées» dans des consulats ou ambassades du Canada à l’étranger et que la majorité du personnel diplomatique ignore la véritable mission des personnes y travaillant. «Ces emplacements sont petits tant dans leur superficie que dans la taille de l’équipe qui y est affectée», indique-t-on dans la note. Selon Der Spiegel, les agences des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’Australie auraient elles aussi de telles installations secrètes et cachées dont l’équipement serait installé sur le toit ou l’étage supérieur des ambassades. Ce n’est que la dernière d’une série d’allusions aux activités d’espionnage du CSTC dont il est mention dans les documents coulés par Edward Snowden. Le CSTC aurait épié les ministères des Mines et de l’Énergie du Brésil, incitant les autorités à exiger des comptes auprès d’Ottawa. On mentionne également dans d’autres documents que le Canada aurait aidé les États-Unis et le Royaume-Uni à espionner les participants au sommet du G20 à Londres, il y a quatre ans. Le CSTC dispose d’une équipe de plus de 2000 employé et d’un budget d’environ 350 millions $.