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Le Canada demeure ouvert aux immigrants, soutient Justin Trudeau

MISSISSAUGA, Ont. — Le Canada reste ouvert aux nouveaux immigrants, soutient le premier ministre fédéral, même si son gouvernement vient d’adopter des mesures pour limiter l’afflux de demandeurs d’asile entrant de façon irrégulière au pays. Au cours d’un point de presse, à Mississauga, en Ontario, jeudi, Justin Trudeau a souligné que les Canadiens étaient toujours «extrêmement favorables» à l’immigration, même si la question est devenue «politiquement chargée» ici et au sud de la frontière. Selon lui, si les Canadiens gardent leur confiance envers l’immigration, c’est parce qu’ils font confiance au système. M. Trudeau a soutenu qu’en raison des investissements réalisés pour tenir compte de l’augmentation de demandes d’asile, l’intégrité du système «est intacte». Plus de 40 000 personnes sont entrées au Canada à pied à travers champs et forêts depuis 2017 — surtout au Québec, par le chemin Roxham. Les commentaires de M. Trudeau interviennent quelques jours après que son gouvernement eut présenté un budget comprenant une nouvelle stratégie de contrôle des frontières visant à détecter, intercepter et expulser les migrants arrivés de façon irrégulière. Le plan, qui devrait coûter 1,18 milliard $ sur cinq ans, comprend des fonds supplémentaires pour l’Agence des services frontaliers du Canada et la Gendarmerie royale du Canada, afin de renforcer l’exécution de la loi à la frontière, ainsi que pour l’accélération du traitement des demandes d’asile. Certaines provinces, notamment le Québec et l’Ontario, ont demandé à Ottawa de leur rembourser des centaines de millions de dollars en frais de logement et autres dépenses qui, selon elles, ont été engagées pour répondre aux besoins des demandeurs d’asile. Le budget ne prévoyait pas d’argent pour ces dépenses, mais M. Trudeau a déclaré jeudi que son gouvernement continuerait à travailler avec les provinces et les municipalités afin de soulager cette pression.

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La police enquête sur des brownies au cannabis qui ont été servis à des aînés

Le repas communautaire d’un groupe d’aînés ontariens a pris une drôle de tournure, cette semaine, alors que plusieurs ont été malades après avoir mangé des brownies au cannabis, a indiqué la Police provinciale de l’Ontario. L’agent Miles Loach a relaté que les personnes âgées avaient réclamé de l’aide médicale moins d’une heure après avoir mangé des brownies au chocolat offerts dans un centre communautaire de Whitestone, dans le sud-est de l’Ontario. Au moins dix d’entre eux se sont rendus au centre médical parce qu’ils présentaient des symptômes d’intoxication à une drogue. Des tests ont été effectués et ont permis de déterminer qu’il s’agissait de cannabis. La police dit avoir été informée vers 18 h, mardi, peu après le début du repas communautaire. Les uns après les autres, des invités ont dit avoir ressenti des symptômes allant de la sécheresse buccale à des étourdissements, en passant par de la désorientation. D’autres disaient avoir éprouvé des nausées et avoir vomi. Devant le nombre important de cas, les policiers ont alors questionné les invités sur leurs activités de la journée, a indiqué M. Loach. Ils ont découvert rapidement un point commun. «Nous avons rassemblé tous les gens qui étaient au repas communautaire et les seuls qui avaient ces symptômes étaient ceux qui avaient mangé des brownies au chocolat», a-t-il expliqué. Il s’agissait de l’un des desserts servis à la rencontre, qui est un événement social pour ces personnes âgées, a ajouté M. Loach. Les policiers enquêtent pour savoir comment ces brownies avaient pu se retrouver sur le menu. Toute personne qui aurait placé ces brownies dans le menu intentionnellement pourrait être accusée d’avoir administré une substance délétère, a rappelé le policier. Pour l’instant, la police n’en est pas encore venue à cette conclusion et toutes les options sont ouvertes, a-t-il ajouté. Aucune des personnes âgées ne semble avoir reconnu les symptômes liés à la consommation de cannabis. Ils n’ont pas été non plus affectés par des effets à long terme. «Dieu merci, personne n’a été blessé, a affirmé M. Loach. Parce que si quelqu’un avait été allergique, ou qu’il avait pris son véhicule et qu’il avait eu un accident et tué quelqu’un, nous serions devant une tout autre série d’accusations.»

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Un Montréalais arrêté relativement à une fusillade à Mississauga

MISSISSAUGA, Ont. — Un quatrième suspect, un Montréalais, a été arrêté relativement à la fusillade mortelle survenue plus tôt ce mois-ci à Mississauga, en Ontario. L’homme de 26 ans a été arrêté plus tôt cette semaine et a été accusé de meurtre prémédité. Il a été intercepté alors qu’il traversait la frontière américaine depuis la ville de Champlain. Le suspect doit être transféré dans la région de Peel pour répondre à l’accusation. Trois autres Montréalais avaient été arrêtés pour leur rôle présumé dans la mort de Michael Deabaitua-Schulde, de Mississauga, qui serait membre des Hells Angels. La fusillade avait éclaté le matin du 11 mars dans le stationnement d’un centre de conditionnement physique, indiquait la police la semaine dernière. Michael Deabaitua-Schulde, âgé de 32 ans, a été trouvé sur les lieux. L’homme de Mississauga a finalement succombé à ses blessures à l’hôpital. L’attaque était ciblée, mais le motif précis de la fusillade demeure à éclaircir, avait indiqué la police. L’enquête se poursuit.

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«Un bon budget pour l’économie», mais insuffisant en éducation

QUÉBEC — Le premier budget Girard est un «bon budget pour l’économie», clame le milieu des affaires, mais pas à la hauteur des attentes pour l’éducation, disent les syndicats du milieu. Les heureux Le milieu des affaires a été sans contredit le plus élogieux face au budget, louant sa sagesse, sa priorité au développement économique et à la main-d’oeuvre. Stéphane Forget, pdg de la Fédération des chambres de commerce du Québec, se réjouit du milliard de dollars ajouté au capital d’Investissement Québec, mais «il faut que tous ces fonds-là soient complémentaires, car l’idée ce n’est pas de compétitionner les autres fonds comme le Fonds de solidarité». M. Forget se réjouit aussi des mesures pour retenir les travailleurs plus âgés. «C’est un bon budget dans lequel les entreprises vont se reconnaître.» La vice-présidente principale de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, Martine Hébert, souhaite qu’avec les fonds supplémentaires qui lui sont alloués, Investissement Québec «prenne un virage PME». «C’est un bon budget pour l’économie québécoise avec une approche équilibrée», a résumé Mme Hébert. Le président du Conseil du patronat, Yves-Thomas Dorval, se réjouit des fonds alloués à Investissement Québec et a hâte de voir comment ils seront balisés. Il se félicite aussi des mesures adoptées pour pallier à la rareté de main-d’oeuvre, d’autant plus qu’elles s’ajoutent à celles déjà adoptées par le gouvernement précédent. Il aurait toutefois apprécié que les mesures touchant les taxes sur la masse salariale pour les travailleurs expérimentés s’adressent aussi aux grandes entreprises. Les centrales Le président de la FTQ, Daniel Boyer, trouve qu’il n’y a «pas du tout» assez d’outils pour résoudre les problèmes de rareté de main-d’oeuvre. L’employé qui a travaillé pendant 25, 30 ans dans une usine préférera prendre sa retraite que de rester au travail, même avec les nouveaux incitatifs proposés, avance M. Boyer. «Il y a des mesures timides pour les travailleurs de plus de 60 ans, mais la suite des choses passe par les conditions d’exercice d’emploi et l’organisation du travail qu’on va offrir à ces gens-là.» Il admet que l’augmentation des budgets dans la santé et l’éducation dépasse celle des coûts du système, mais il aurait voulu des réinvestissements «massifs» et aussi moins dans les infrastructures, plus dans le personnel. M. Boyer, qui siège aussi au Fonds de solidarité, souligne qu’«on constate depuis quelques années qu’Investissement Québec concurrence le Fonds de solidarité et il me semble qu’il devrait être complémentaire». Le président de la CSN, Jacques Létourneau, voit «une bonne nouvelle» dans l’injection de fonds dans Investissement Québec, ainsi qu’«un pas dans la bonne direction» pour alléger les problèmes de rareté de main-d’oeuvre. Tout comme M. Boyer, il souligne qu’il sera inévitable de bonifier les conditions de travail des employés du réseau de la santé et de l’éducation pour résoudre les problèmes de recrutement qui y sévissent. Or, «il y a plus d’argent pour le béton que pour le personnel» dans ces secteurs, a-t-il déploré. L’éducation plus critique «Ceci n’est pas le budget de l’éducation que le gouvernement nous avait promis», a martelé la présidente de la Centrale des syndicats du Québec, l’organisation qui représente le plus grand nombre d’enseignants, de même que les professionnels de l’éducation et les employés du soutien scolaire. L’investissement couvre l’augmentation des coûts de système «avec un timide ajout de 235 millions $ et pour nous, c’est insuffisant» vu les compressions passées, a estimé Sonia Éthier, présidente de la CSQ. L’ajout de classes pour les enfants en difficulté d’apprentissage lui paraît insuffisant. Mais l’ajout de 600 professionnels pour les différents niveaux scolaires, «c’est quand même bien», concède Mme Éthier. Quant aux enseignants, il faudra à tout prix améliorer les conditions d’exercice de la profession si on veut les retenir et en attirer, prévient la présidente de la CSQ. La Fédération autonome de l’enseignement, qui représente les autres enseignants du primaire et secondaire, voit «des mesures intéressantes, qui témoignent d’une prise de conscience de certains enjeux», notamment par un programme de mentorat. Mais son président Sylvain Mallette est aussi déçu. «On avait fixé à 891 millions $ le besoin de réinvestissements pour 2019-2020, juste pour permettre à l’école publique de se sortir la tête de l’eau, mais le gouvernement réinvestit 710 millions $.» Les autres Le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec a remarqué une augmentation de 42 pour cent du budget du ministère de l’Immigration — ce qu’il revendiquait depuis quelques années. Son président Richard Perron souligne que le sous-financement du ministère explique les longs délais dans le traitement des dossiers. Au FRAPRU, Véronique Laflamme se désole du fait que pour le logement social, «pour la première fois depuis la création du programme Accès-Logis en 1997, il n’y a aucune nouvelle unité de logement social ou communautaire financé» alors que Gatineau, Laval et Montréal éprouvent des problèmes de logement, indique-t-elle. L’Union des municipalités estime que la bonne tenue des finances du Québec permettra au gouvernement de transférer aux municipalités le point de TVQ promis lors du nouveau pacte fiscal. Son président Alexandre Cusson se réjouit aussi des mesures adoptées pour alléger les problèmes de rareté de main-d’oeuvre. Le président du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec, Christian Daigle, trouve le budget «positif, mais on n’a aucune mesure pour favoriser l’attraction et la rétention du personnel qu’on a à l’interne. En informatique, on dit qu’on va créer un nouveau département, mais ce département-là n’aura pas de nouveaux effectifs», s’est-il désolé. L’Association des professionnels de l’habitation et de la construction du Québec s’est dite déçue de l’abandon du programme Réno-Vert, qui permettait de favoriser les rénovations écoénergétiques.

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Budget: des marges de manoeuvre mal utilisées, estime l’opposition

QUÉBEC — Même si le ministre des Finances, Eric Girard, se targue d’avoir livré la marchandise avec son premier budget, les partis d’opposition estiment plutôt qu’il a mal dépensé les importantes marges de manoeuvre qui se trouvaient dans les coffres de l’État. Après un surplus de 2,5 milliards $ — après un versement de 3,1 milliards $ au Fonds des générations — dégagé en 2018-2019, le grand argentier de la province prévoit seulement l’équilibre budgétaire au cours des trois prochains exercices, ce qui a semblé inquiéter le Parti libéral du Québec (PLQ). «C’est un peu la dernière année des marges de manoeuvre, a prévenu le porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances, Carlos Leitao, accompagné du critique libéral au trésor, Gaétan Barrette. Profitez-en bien, parce que les années suivantes, ça ne sera pas cela du tout.» Dans sa liste de reproches, l’ex-ministre des Finances a estimé que le gouvernement Legault abandonnait certaines promesses, notamment en ce qui a trait au déploiement de la maternelle 4 ans. Québec ne prévoit que 36 millions $ au cours de l’exercice 2019-2020 et 72 millions $ lors du suivant. Au rythme actuel, a estimé M. Leitao, il faudra au moins un deuxième mandat au gouvernement Legault afin de respecter sa promesse d’offrir ces maternelles à tous. «Où est l’accélération de la croissance (économique)?, a-t-il demandé, rappelant que les caquistes promettaient d’insuffler un nouvel élan à l’économie. C’est 1,5 pour cent (de croissance du produit intérieur brut) en 2020 et 1,3 pour cent en 2021. C’est ça en faire plus? Bonne chance! Nous sommes très déçus de ce budget.» Du côté de Québec solidaire (QS), les critiques ont visé le thème de l’environnement, où, selon la formation politique, il y a eu un manque flagrant d’investissements «neufs et structurants» pour lutter contre les changements climatiques. Visiblement déçue, la porte-parole de QS, Manon Massé, a signalé qu’elle comptait réunir son caucus rapidement afin de préparer une «riposte» à un budget qui ne «tient pas compte de la plus importante urgence planétaire». «Il me semble que tous les clignotants rouges sont allumés depuis longtemps, a dit Mme Massé, accompagnée du responsable des finances publiques, Vincent Marissal. Les jeunes Québécoises et Québécois n’ont même pas 18 ans et ils l’ont compris. On ne comprend pas pourquoi le gouvernement, lui, fait fi de cette urgence.» Selon QS, la proportion des investissements dans le transport collectif par rapport à ceux dans les infrastructures routières s’est détériorée en passant de 31 pour cent à 27 pour cent. De plus, a déploré la formation politique, le montant destiné aux projets de transport en commun est demeuré stable, à 9 milliards $, dans le Plan québécois des infrastructures. «Nos attentes étaient basses, mais force est de constater que rien ne se trouve dans le budget pour lutter contre les changements climatiques», a critiqué M. Marissal. Pour sa part, le Parti québécois (PQ), malgré certaines critiques, a néanmoins souligné certains aspects positifs, notamment en matière de calcul des pensions alimentaires et de l’aide juridique. Son porte-parole en matière de finances et d’économie, Martin Ouellet, s’est toutefois demandé si les 280 millions $ mis de côté pour les soins à domicile «seront là à chaque année». «Les parents n’ont pas demandé des maternelles 4 ans, mais des CPE», a-t-il estimé, dans ses reproches adressés au gouvernement Legault. M. Ouellet a également sourcillé en constatant que le gouvernement Legault octroyait 1 milliard $ de plus à Investissement Québec, alors qu’il anticipait tout de même un ralentissement de la croissance économique au cours des prochaines années.

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Premier budget Girard: d’importants réinvestissements en santé

QUÉBEC — Le gouvernement Legault réinvestit bel et bien en santé, par le biais de plusieurs mesures, et il s’attaque notamment à la pénurie de personnel dans ce domaine. Infirmières et préposés Ainsi, il prévoit une somme de 200 millions $ dès l’année 2019-2020 pour l’ajout de personnel infirmier. La même somme est prévue pour l’année suivante, puis les autres, soit 1 milliard $ d’ici 2023-2024. La principale organisation de syndicats d’infirmières, la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), revendiquait une somme de 350 millions $ pour l’abolition des heures supplémentaires obligatoires et la poursuite des projets de ratio infirmière-patients. Les préposés aux bénéficiaires, qui se sentent souvent oubliés dans le débat sur les conditions de travail du personnel infirmier, se verront aussi octroyer une somme de 15 millions $ par année pour en former de nouveaux, soit 75 millions $ jusqu’en 2023-2024. Soins à domicile accrus À ces sommes, il faut également ajouter 280 millions $ pour renforcer les soins à domicile et la même somme pour les années qui suivent. Le gouvernement Legault va donc au-delà de ce qu’il avait promis en campagne électorale, lorsqu’il prévoyait 200 millions $. Aînés et hébergement Les Maisons des aînés de la ministre Marguerite Blais attendrons un peu. Le budget pour leur déploiement commencera en 2021-2022 avec 74 millions $, puis 245 millions $ à compter de 2022-2023 et l’année suivante. De même, une somme de 70 millions $ par année est prévue pour ajouter des lits et des places d’hébergement. Pour les proches aidants, une somme de 21 millions $ par année est inscrite au budget. Pour améliorer l’accès à la première ligne — l’un des principaux problèmes de notre système de santé — d’autres mesures sont prévues. IPS et première ligne Parmi celles-ci, une somme de 40 millions $ par année est prévue pour les infirmières praticiennes spécialisées — une mesure qu’a réussi à concrétiser la ministre de la Santé, Danielle McCann, avec l’aval du Collège des médecins. Une somme de 10 millions $ par année est aussi prévue pour améliorer l’accès à la première ligne et, étonnamment, c’est dans les CLSC que le gouvernement Legault a choisi de l’investir. Vue et troubles d’apprentissage Dans l’optique santé et dans l’optique de lutter contre le décrochage scolaire à la fois, Québec va rembourser une partie des frais pour les lunettes ou lentilles cornéennes pour les jeunes de 17 ans ou moins, soit 250 $ pour une période de deux ans, et ce, dès septembre prochain. Le tout coûtera 36 millions $ par année. De même, le dépistage des troubles d’apprentissage chez l’enfant est prévu dans le budget de la Santé plutôt que dans celui de l’Éducation. Une somme de 48 millions $ est prévue dès 2019-2020, puis 58 millions $ et 68 millions $, pour un total de 340 millions $ d’ici 2023-2024. Les organismes communautaires du domaine de la santé et des services sociaux ne sont pas en reste; ils recevront 30 millions $ supplémentaires par année. Québec hausse d’ailleurs le budget de la santé de 5,4 pour cent, ce qui va au-delà de la croissance normale des programmes pour cette année. Ensuite, l’augmentation sera de 4,1 pour cent en moyenne pour les deux années suivantes.

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Budget: travailleurs, immigrants, IQ et sièges sociaux dans la mire

QUÉBEC — En plus de consacrer plus de 1,7 milliard $ pour stimuler la participation au marché du travail dans un contexte de pénurie de main-d’oeuvre, le premier budget du ministre des Finances Eric Girard précise certaines orientations du gouvernement Legault entourant Investissement Québec (IQ) et la question de la protection des sièges sociaux. Parmi le bouquet de mesures au menu dans le document déposé jeudi, le gouvernement du Québec, qui nage dans les surplus, octroie également des millions de dollars au secteur de l’intelligence artificielle en plus de bonifier le congé fiscal pour les grands projets d’investissement dans les régions. Explications: — — — Repousser sa retraite: Avec un taux de chômage historiquement bas de 5,5 pour cent l’an dernier, Québec mise sur les travailleurs âgés de 60 ans et plus et l’intégration des nouveaux arrivants dans l’espoir d’atténuer la problématique de la main-d’oeuvre, qui affecte la quasi-totalité des entreprises de la province. Le budget Girard consacre 892 millions $ sur cinq ans à des mesures pour inciter les gens plus expérimentés à continuer à travailler ainsi que 730 millions $ à l’intégration et la formation des immigrants. Ainsi, Québec abaisse d’un an, soit à 60 ans, l’âge d’admissibilité au crédit d’impôt non remboursable aux travailleurs d’expérience. Près de 44 000 nouveaux travailleurs pourront en bénéficier. La baisse d’impôt maximale serait de 1500 $ pour un employé de 60 ans et variera de 150 $ à 1050 $ pour ceux âgés de 61 à 64 ans. «Cette mesure devrait profiter à quelque 158 000 travailleurs dès 2019», a souligné M. Girard, en point de presse, dans le cadre de la présentation de son budget. On veut également inciter quelque 34 000 petites et moyennes entreprises à embaucher ces travailleurs expérimentés. Québec propose une diminution des cotisations sur la masse salariale pouvant atteindre un maximum de 1250 $ pour les travailleurs de 60 à 64 ans et un plafond de 1875 $ pour les employés de plus de 65 ans. En ce qui a trait aux nouveaux arrivants, le «nouveau parcours» prévoit des mesures de 730 millions $ destinées à l’intégration, la francisation, le soutien aux collectivités et l’accompagnement des entreprises, notamment. — — — Congé fiscal en région: Un plus grand nombre de projets destinés aux régions devraient pouvoir bénéficier d’un congé fiscal puisque le ministre des Finances réduit le seuil d’admissibilité de 25 millions $, à 50 millions $. Cette mesure, qui avait été annoncée en 2013, prévoit une aide fiscale correspondant à 15 pour cent des dépenses admissibles sous la forme d’un congé de 15 ans sur le revenu provenant d’activités admissibles. Elle offre également une pause de 15 ans des cotisations d’un employeur au Fonds des services de santé. Le gouvernement Legault estime que cette mesure devrait favoriser la réalisation de projets totalisant 800 millions $ au cours des «prochaines années». Des régions comme l’Abitibi-Témiscamingue, le Bas-Saint-Laurent, la Côte-Nord, le Saguenay—Lac-Saint-Jean sont notamment dans la mire de Québec. — — — IQ plus présente: Le bras financier de l’État québécois bénéficiera d’une bonification de 1 milliard $ de son capital-actions, qui atteindra 5 milliards $, pour «intervenir davantage auprès des entreprises à partir de ses fonds propres», en octroyant des prêts ou grâce à des prises de participations dans divers projets. Si le budget annonce les couleurs du gouvernement Legault, il faudra toutefois attendre la refonte du mandat de la société d’État, pilotée par le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, avant d’en savoir plus sur cette stratégie — probablement en avril, alors qu’un nouveau président-directeur général sera nommé incessamment. À l’heure actuelle, les engagements d’IQ totalisent environ 3,17 milliards $, d’après les informations fournies par les fonctionnaires du ministère des Finances. De plus, dans le but d’englober les secteurs minier, forestier et des énergies vertes, le fonds Capital Mines Hydrocarbures — dont la capitalisation est de 1 milliard $ — adoptera le nom de «Capital Ressources naturelles et Énergie». — — — Pour rester ici: Le gouvernement Legault, qui a déjà dit qu’il n’hésiterait pas à intervenir afin de protéger certains sièges sociaux d’une prise de contrôle étrangère, met aussi 1 milliard $ dans une enveloppe destinée à l’accompagnement des «entreprises stratégiques» de la province — qui n’ont pas été identifiées dans le budget mais qui sont d’importantes compagnies. Bien qu’une prise de participation dans une société d’envergure puisse s’avérer dispendieuse, M. Girard a estimé que la somme figurant dans le budget était un bon point de départ. «Nous ne travaillons pas seuls, a dit le ministre des Finances. La Caisse de dépôt et placement du Québec, qui est indépendante dans ses choix, a (environ) 300 milliards $ sous gestion. Il s’agit de moyens supplémentaires et c’est important. On commence avec cela.» Interrogé, M. Girard a reconnu qu’il était difficile de ne pas faire de lien avec la situation entourant SNC-Lavalin, qui a vu le cours de son action dégringoler après que les procureurs fédéraux eurent refusé de négocier un accord de réparation avec elle en plus d’être aux prises avec des difficultés financières. La firme d’ingénierie établie à Montréal n’a pas d’actionnaire de contrôle, alors que la participation la plus importante — 20 pour cent — est détenue par la CDPQ. «(L’enveloppe) pourrait être utilisée pour SNC-Lavalin, mais le programme n’a pas été conçu (pour l’entreprise)», a dit M. Girard. De plus, une équipe stratégique dont le mandat sera de se pencher sur la protection des sièges sociaux verra le jour. Aucun échéancier n’a toutefois été dévoilé. Encore une fois, il faudra attendre avant de connaître l’ensemble des modalités de cette nouvelle mesure, mais Québec souhaite intervenir rapidement, selon ce qui a été indiqué pendant le huis clos du budget. — — — Bien payés: On entend presque quotidiennement le premier ministre François Legault répéter sur toutes les tribunes qu’il désire créer des emplois bien rémunérés. Pour y parvenir, le budget propose 380 millions $ au cours des cinq prochaines années destinés à des «projets innovants», alors que 329 millions $ seront consacrés à l’accélération de l’intelligence artificielle. En ce qui a trait aux projets qualifiés d’innovants, on allongera 320 millions $ étalés sur cinq ans pour la décontamination de terrains, la construction d’infrastructures publiques ainsi que la mise en valeur de terrains «stratégiquement situés» et qui présentent un potentiel de développement intéressant. Quelque 220 millions $ sont destinés à l’est de Montréal, Québec, Gatineau, Laval, Lévis, Longueuil Sherbrooke, Trois-Rivières et de Saguenay. Cent millions de dollars iront à des projets «à venir».

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Le budget du gouvernement du Québec en chiffres

QUÉBEC — Voici quelques chiffres qui résument le budget déposé jeudi par le ministre des Finances du Québec, Eric Girard: – 5,6 milliards $: surplus enregistré par le gouvernement pour l’année financière qui s’achève, avant le versement au Fonds des générations, soit nettement plus que la dernière estimation de 1,7 milliard $ faite par le gouvernement. – 2,5 milliards $: surplus prévu pour l’année financière 2019-2020, toujours avant le versement au Fonds des générations. – 5,4 pour cent: Augmentation des dépenses en santé et services sociaux en 2019-2020, ce qui représente 801 millions $ de plus. Les dépenses en santé et services sociaux atteindront 45,4 milliards $, sur un total de 104 milliards $ pour l’ensemble des ministères. – 5,1 pour cent: Augmentation des dépenses en éducation et enseignement supérieur, ce qui porte le total à 24,4 milliards $. – 4,8 pour cent: Hausse des revenus consolidés pour l’année financière qui s’achève, ce qui a contribué à donner un confortable coussin au nouveau gouvernement caquiste. Les revenus consolidés pour 2018-2019 ont atteint 113,6 milliards $, dont 23,4 milliards $ en transferts fédéraux (hausse de 4,1 pour cent). Les revenus tirés de l’impôt des sociétés ont bondi de 11 pour cent et ceux de l’impôt des particuliers de 5,8 pour cent. – 4 ans: Échéancier que se donne le gouvernement pour éliminer la contribution additionnelle des parents pour la garde d’enfants, comme il s’était engagé à le faire en campagne électorale. À compter de 2019, 40 000 familles n’auront plus à payer cette contribution. À terme, cette mesure privera le gouvernement de près de 185 millions $ en revenus annuels. – 15 milliards $: Hausse des investissements dans le cadre du Programme québécois des infrastructures. La valeur du PQI pour les 10 prochaines années est ainsi portée à 115,4 milliards $. Ces sommes supplémentaires serviront notamment à la construction de nouvelles écoles, à l’ajout d’espaces pour l’implantation des maternelles 4 ans ainsi qu’à la mise en place graduelle de Maisons des aînés. – 1 milliard $: montant ajouté au capital-actions d’Investissement Québec, qui passe ainsi de 4 à 5 milliards $. – 1 milliard $: somme mise de côté par le gouvernement pour une enveloppe qui servira à protéger la présence des sièges sociaux au Québec. – 9 milliards $: Somme consacrée au service de la dette en 2019-2020. Ce montant continuera de croître au cours des prochaines années, pour atteindre 9,7 milliards $ en 2023-2024. – 46,1 pour cent: Poids de la dette brute du Québec par rapport au PIB, qui est ainsi à son plus bas depuis près de 20 ans. La Loi sur la réduction de la dette prévoit que ce ratio doit être ramené sous les 45 pour cent pour l’année financière 2025-2026. Le gouvernement croit pouvoir atteindre cet objectif en 2020-2021, soit cinq ans plus tôt que prévu.

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Budget 2019-2020: Le gouvernement donne la priorité aux aînés et aux patients

QUÉBEC — Les aînés et les patients seront les grands gagnants du premier budget du gouvernement Legault, déposé jeudi à l’Assemblée nationale par le ministre des Finances, Eric Girard, qui disposait d’une solide marge de manoeuvre financière pour augmenter les services à la population. Le budget s’appuie sur un surplus substantiel de 5,6 milliards $ pour l’année financière 2018-2019, bien plus élevé qu’anticipé par Québec en décembre (1,7 milliard $), si on exclut le versement au Fonds des générations (3,1 milliards $). Pas étonnant, dans ce contexte, de voir le ministre Girard s’engager à déposer des budgets sans déficit pour la durée du mandat, et ce, sans devoir recourir à la réserve de stabilisation, un confortable coussin gonflé de 9,7 milliards $ pour d’éventuels jours difficiles. Cette conjoncture favorable permet au gouvernement de diminuer le fardeau fiscal des contribuables. Le ministre calcule que son budget 2019-2020 leur remet près de 1 milliard $. Le gouvernement s’était engagé à profiter de la bonne santé financière du Québec pour réinvestir dans les services publics. C’est le secteur de la santé et des services sociaux qui recevra une attention particulière, avec plus de 800 millions $ de nouveaux fonds en 2019-2020. Comme promis, Québec injecte de fortes sommes (280 millions $ cette année, 1,5 milliard $ en cinq ans) pour favoriser le maintien à domicile des personnes âgées. Québec réserve par ailleurs 21 millions $ cette année pour soutenir les proches aidants et 70 millions $ pour ajouter des places en centre d’hébergement. Le gouvernement, qui prévoit consacrer au total, 2,5 milliards $ aux aînés d’ici cinq ans, reporte cependant à la toute fin du mandat sa promesse d’investir dans la construction de 30 maisons des aînés. Il faut donner un «important coup de barre» pour améliorer le sort des aînés, a convenu le ministre des Finances, en conférence de presse. Au total, le budget de la Santé et des Services sociaux grimpe de 5,4 pour cent en 2019-2020, atteignant plus de 45 milliards $, soit près de la moitié du budget de dépenses de l’État. Le gouvernement a entendu le cri du coeur des infirmières: 215 millions $ seront réservés cette année (1,1 milliard $ d’ici cinq ans) pour embaucher davantage d’infirmières et de préposés aux bénéficiaires. Le gouvernement s’était aussi engagé à réduire à 90 minutes le temps d’attente moyen à l’urgence. Il n’y a pas de mesure spécifique à ce chapitre dans le budget, mais le ministre met de côté 574 millions $ en cinq ans pour les services de première ligne. «Taxe famille»: plus tard Les parents qui espéraient le retour du tarif unique en garderie devront se montrer patients: l’élimination promise de la «taxe famille» se fera graduellement d’ici la fin du mandat. Québec avait annoncé en décembre le gel de la contribution annuelle prévue cette année, mais le tarif demeure modulé selon le revenu des parents. Par ailleurs, aucun nouveau déploiement de places en services de garde n’a été annoncé. Ceux qui comptaient sur de nouvelles bonifications des allocations familiales, à la suite de celle de 500 $ annoncée en décembre pour un deuxième ou un troisième enfant, devront eux aussi être patients et attendre les prochains budgets. Éducation: les maternelles 4 ans d’abord Québec majore le budget de l’Éducation de 5,1 pour cent. Le parti pris du gouvernement pour les maternelles quatre ans grugera pas moins de 1 milliard $ d’ici cinq ans, dont 36 millions $ dès maintenant pour ouvrir 250 classes en septembre. Les enfants ayant des difficultés d’apprentissage auront droit à 48 millions $ cette année. L’engagement visant à ajouter une heure par jour d’activités parascolaires dans les écoles secondaires se traduira par un investissement de 21 millions $ dès maintenant et 124 millions $ par année au cours des trois prochaines années. L’enseignement supérieur sera moins gâté: cégeps et universités devront se partager, au total, un maigre 54 millions $ en 2019-2020. Le réseau des maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence sexuelle recevra 90 millions $, répartis sur cinq ans. Économie: Investissement Québeccroît Le gouvernement Legault mise d’abord sur son bras financier, Investissement Québec, pour maintenir l’essor économique du Québec. Son capital-actions destiné à des prêts et prises de participation passe de 4 à 5 milliards $. Le mandat de la société d’État sera revu à court terme, de manière à stimuler davantage l’économie et favoriser l’accroissement des investissements étrangers. Un nouveau président sera nommé incessamment. Pour contrer la pénurie de main-d’oeuvre, l’âge requis pour avoir droit au crédit d’impôt destiné aux travailleurs âgés passe de 61 à 60 ans, si leur revenu de travail est inférieur à 64 000 $. Les charges sur la masse salariale des entreprises qui embauchent des travailleurs âgés seront réduites. Pour donner suite au projet de loi 9 sur l’immigration présentement à l’étude, Québec injectera 146 millions $ en 2019-2020 pour améliorer les services offerts aux nouveaux arrivants en les aidant à s’intégrer au marché du travail et à apprendre le français. Dette et PIB Sans compter les 25 milliards $ de transferts fédéraux attendus cette année, les surplus dans les coffres et des finances publiques en ordre permettront au gouvernement de contrôler son niveau d’endettement. Le poids de la dette nette du Québec atteint 40 pour cent du produit intérieur brut (PIB). Celui de la dette brute représente 46 pour cent du PIB, soit le taux «le plus bas des 20 dernières années». Le gouvernement estime réaliste de réduire le poids de la dette brute à 45 pour cent du PIB dès l’an prochain, soit bien avant l’échéance prévue. La progression du PIB devrait atteindre 1,8 pour cent en 2019 et 1,5 pour cent en 2020. Les revenus consolidés atteignent cette année 115 milliards $ et on s’attend à une hausse de 3,2 pour cent l’an prochain. Les dépenses, qui sont de 113 milliards $, devraient aussi croître de 3,2 pour cent l’an prochain. Municipalités L’engagement du gouvernement de transférer aux municipalités 1 point de pourcentage de la TVQ, pour leur permettre d’être moins dépendantes de la taxe foncière, est absent du budget 2019-2020. Les négociations pour la conclusion d’un nouveau pacte fiscal avec les municipalités débuteront plus tard, a indiqué le ministre des Finances.

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Un homme est accusé de l’homicide involontaire de son bébé de 7 semaines

JOLIETTE, Qc — Un homme de 24 ans de Varennes, en Montérégie a été accusé jeudi de l’homicide involontaire coupable de son bébé de sept semaines et de voies de fait grave à l’endroit de celui-ci. Le suspect, dont l’identité ne peut être dévoilée en vertu d’un interdit de publication, a comparu au palais de justice de Joliette. L’affaire est revenue à la surface jeudi lorsque la Sûreté du Québec (SQ) a annoncé l’arrestation de l’individu en lien avec la mort d’un nourrisson survenue il y a un peu plus de deux ans, soit le 18 mars 2017, à Charlemagne, dans la région de Lanaudière. Aucun autre détail n’a filtré quant aux circonstances entourant le décès du poupon. Le suspect a été remis en liberté sous plusieurs conditions. Il reviendra devant le tribunal à la fin du mois d’avril.