Pandémie: des communautés autochtones ont besoin d’aide en santé mentale

OTTAWA — De nombreuses communautés autochtones ont des difficultés à affronter un double état d’urgence, en raison de la pandémie et de ses effets sur les personnes atteintes de maladie mentale et de toxicomanie.

C’est la conclusion d’un nouveau rapport d’un comité de députés qui a passé la dernière année à étudier les effets de la COVID-19 sur les populations autochtones au Canada.

Des représentants de dizaines de communautés et d’organisations des Premières Nations, inuites et métisses ont brossé un tableau sombre de la situation.

Ils ont noté que de nombreuses communautés autochtones étaient déjà aux prises avec des crises de santé mentale, de toxicomanie et de suicide avant la pandémie.

Maintenant, les gens sont plus isolés que jamais et l’accès aux services de santé mentale a été entravé en raison des confinements, de l’annulation de programmes, de la fermeture de bâtiments publics et de l’épuisement du personnel.

L’accès limité aux centres de thérapie et de traitement a conduit à des cas de syndrome de sevrage dans certaines communautés en confinement et à une augmentation du nombre et de la gravité des incidents violents dans d’autres.

«L’angoisse de la pandémie pèse sur nous tous, et pour les Premières Nations, ce stress a été aggravé pour de nombreuses personnes en raison de problèmes de santé mentale préexistants, souvent le résultat d’un traumatisme intergénérationnel», a déclaré le chef régional de l’Alberta à l’Assemblée des Premières Nations, Marlene Poitras, au comité en novembre.

Un certain nombre de Premières Nations ont signalé un accroissement de la consommation de drogues et d’alcool et des rechutes.

«Nous avions besoin d’une aide sérieuse pour lutter contre les problèmes de drogue, d’alcool et de logement qui faisaient grimper nos cas», a déclaré au comité Erik Blaney, membre du conseil exécutif de la nation Tla’amin en Colombie-Britannique.

«C’est à ce moment-là que nous avons réalisé que nous étions dans une double pandémie, avec les nombreuses surdoses d’opioïdes au sein de la communauté.»

Le président du comité, le libéral Bob Bratina, a déclaré qu’il avait entendu un «sentiment de désespoir» généralisé de la part des communautés pour lesquelles la COVID-19 a exacerbé des conditions déjà précaires.

Les défis liés à un manque de logements adéquats et d’eau potable propre, à des problèmes de dotation en personnel ainsi qu’à l’absence de services internet et téléphoniques fiables ne sont pas nouveaux pour ces communautés. Mais ils ont conduit à de nouvelles inquiétudes pendant la pandémie, y compris les impacts de ces obstacles sur la santé mentale.

Le racisme, l’insécurité alimentaire et d’autres problèmes systémiques contribuent également au besoin de financement et d’attention accordée aux besoins des populations autochtones au Canada, a déclaré M. Bratina.

Le comité a compilé une liste complète de plus de 40 recommandations, notamment en appelant à davantage de soutiens d’urgence spécialisés en santé mentale et à un examen des mécanismes de financement fédéraux pour s’assurer que les communautés autochtones ont accès à un financement adéquat, flexible et prévisible pour le traitement de la santé mentale et des dépendances dans leurs propres communautés.

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