Pandémie: libéraux et conservateurs promettent une enquête une fois la crise passée

OTTAWA — Une enquête approfondie sur la gestion de la pandémie sera à prévoir, peu importe le gouvernement au pouvoir une fois la crise passée. Les conservateurs promettent une enquête publique, mais les libéraux ne veulent pas se commettre tout de suite sur la nature de l’enquête. 

Le gouvernement Trudeau et l’opposition officielle s’y sont engagés, mardi, près de deux semaines après la parution d’un rapport accablant de la vérificatrice générale sur le sujet. 

Dans son document, Karen Hogan a déterminé que l’Agence de la santé publique du Canada n’était pas suffisamment préparée à une pandémie de cette ampleur et a sous-estimé l’incidence possible du virus au début de la crise. D’autres rapports seront à prévoir, sur les vaccins contre la COVID-19 entre autres. 

Mardi, le chef conservateur Erin O’Toole y est allé de sa promesse qui se concrétisera, dit-il, seulement après la pandémie. 

«Un gouvernement conservateur va exiger une enquête publique pour examiner les différents aspects de la réponse du gouvernement fédéral contre la pandémie. (…) L’enquête va veiller à ce que les leçons tirées de cette crise soient diffusées publiquement», a-t-il déclaré en conférence de presse. 

Questionnée à ce sujet après coup, la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, est restée prudente. 

«Une enquête complète de la réponse du Canada à la pandémie est justifiée et nécessaire, et nous la ferons au moment approprié. (…) Je ne peux pas prédire la nature de l’enquête, mais (…) nous sommes ouverts à une enquête aussi approfondie que nécessaire, incluant une enquête publique», a-t-elle dit. 

La ministre Hajdu a souligné que le Canada est toujours au beau milieu d’une crise de santé publique et que la priorité du gouvernement est d’aider les Canadiens. 

M. O’Toole, lui, ne veut pas attendre. Il demande aux libéraux de nommer un moniteur spécial du Bureau du vérificateur général pour examiner la réponse à la pandémie en temps réel afin de s’assurer que les leçons apprises seront prises en compte lors des futures urgences. 

«Nous sommes en plein dans la troisième vague de la pandémie à cause d’une approche lente par le gouvernement Trudeau, (…) et c’est pourquoi on va avoir une troisième vague plus sévère que les pays comme les États-Unis et le Royaume-Uni», a déploré le chef conservateur. 

«Le Canada doit être préparé face aux menaces futures. Comme pays, nous ne pouvons pas nous permettre d’échouer à nouveau. Il faut assurer la santé et la sécurité des Canadiens», a-t-il insisté. 

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, a préféré se concentrer sur les menaces actuelles. 

Dans une lettre, M. Singh a pressé le premier ministre Justin Trudeau de faire preuve de «leadership» afin de mieux protéger les Canadiens frappés par cette nouvelle vague de COVID-19, qui sont plus jeunes, souvent des personnes racisées ou immigrantes et qui travaillent dans des secteurs essentiels.

M. Singh propose notamment d’offrir aux provinces l’aide de l’armée pour mettre en place des cliniques de vaccination fédérales ou du personnel pour augmenter leurs capacités à vérifier la conformité des employeurs en matière de santé et de sécurité.

Il souhaite aussi voir le gouvernement fédéral collaborer avec les provinces pour offrir de «véritables congés de maladie payés». 

«Les arguments relatifs au partage des compétences entre le fédéral et les provinces ne peuvent servir d’excuse à votre inaction. (…) Il est essentiel d’empêcher le virus de se propager davantage et le gouvernement fédéral a le pouvoir et les ressources pour y arriver», a écrit M. Singh dans sa lettre. 

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