Pandémie: le vote par la poste serait fort populaire, prévoit Élections Canada

OTTAWA — Élections Canada s’attend à une très forte augmentation du nombre de Canadiens qui voteraient par la poste si des élections avaient lieu avant la fin de la pandémie.

Un sondage d’opinion publique commandée par l’agence suggère que 21,8 % des électeurs préféreraient voter par correspondance pendant la pandémie, tandis que 58 % iraient voter en personne dans les bureaux de vote par anticipation ou le jour du scrutin.

Lors des élections fédérales de l’automne dernier, moins de 50 000 des 18,4 millions de Canadiens qui se sont prévalus de leur droit de vote l’ont fait par la poste — 34 142 d’entre eux vivant à l’étranger et seulement 15 403 au Canada.

Les recherches d’Élections Canada indiquent que ce nombre pourrait grimper jusqu’à environ quatre millions d’électeurs si des élections ont lieu alors que le pays est toujours sous l’emprise de la COVID-19, et l’agence prévient qu’un tel volume de bulletins de vote par correspondance pourrait retarder la publication des résultats électoraux.

Les résultats de l’enquête sont communiqués dans une mise à jour publiée sur le site web d’Élections Canada au sujet de l’impact de la pandémie sur la planification d’une élection, qui pourrait survenir dès cet automne. C’est à ce moment-là que les experts en santé publique craignent que le pays ne soit touché par une deuxième vague du coronavirus.

Discours du Trône

Le gouvernement libéral ne détient qu’une minorité de sièges à la Chambre des communes et pourrait être défait à tout moment.

Les partis de l’opposition auront la possibilité de renverser le gouvernement peu après le retour du Parlement le 23 septembre, lorsqu’un discours du Trône présentera le plan des libéraux pour relancer l’économie ravagée par la pandémie. Le discours du Trône sera soumis à un vote de confiance.

Élections Canada affirme que plusieurs mesures visant à assurer la santé et la sécurité des électeurs et des travailleurs électoraux sont déjà en préparation, y compris d’accroître la capacité du système de vote par correspondance.

D’autres mesures comprennent l’établissement de protocoles de distanciation physique dans les bureaux de vote et les bureaux locaux d’Élections Canada, l’achat de masques et de crayons à usage unique pouvant être fournis aux électeurs qui n’apportent pas le leur, la réduction du nombre de travailleurs électoraux et l’annulation du vote sur les campus universitaires, dont un grand nombre sont fermés alors que les programmes d’enseignement sont offerts en ligne pendant la pandémie.

Le directeur général des élections, Stéphane Perrault, prévoit en outre de recommander formellement le mois prochain que le Parlement apporte des modifications «limitées» à la Loi électorale du Canada qui permettraient à l’agence de tenir des élections plus sûres en période de pandémie.

Ces changements comprennent la possibilité de voter en personne pendant deux jours de fin de semaine, au lieu du jour de scrutin habituel un lundi. De plus, il recommandera un changement visant à permettre que les bulletins de vote envoyés par la poste avant la date limite continuent d’être acceptés jusqu’au jour suivant les deux jours de fin de semaine durant lesquels se tiendrait le scrutin en personne.

Et il souhaite que les directeurs du scrutin aient une plus grande marge de manoeuvre pour servir en toute sécurité les électeurs dans les établissements de soins de longue durée, en augmentant le nombre de jours de vote et en tenant compte des besoins de chaque établissement.

Pas de vote par internet

La mise à jour publiée sur le site révèle qu’Élections Canada n’a pas envisagé d’instaurer le vote par internet, car cela nécessiterait une planification et des tests importants pour s’assurer qu’un tel système puisse assurer la confidentialité, le secret, la fiabilité et l’intégrité du vote. Compte tenu des contraintes de temps, l’agence affirme que l’option de vote en ligne ne peut pas être explorée adéquatement pour le moment.

L’agence précise qu’elle évalue toujours combien il en coûtera pour mettre en oeuvre toutes les mesures nécessaires pour organiser une élection en toute sécurité pendant la pandémie.

Si une élection a lieu avant qu’Élections Canada ne puisse pleinement mettre en œuvre les mesures de sécurité ou avant que les modifications législatives recommandées ne soient apportées, l’agence dit qu’elle se concentrera sur les mesures de sécurité de base pour les électeurs et les travailleurs électoraux, comme la distanciation physique et les équipements de protection.

On prévient que les électeurs pourraient, en conséquence, subir des retards aux urnes, mais l’agence affirme qu’une campagne électorale plus longue lui donnerait davantage de temps pour mettre en œuvre des mesures de sécurité et traiter les bulletins de vote par correspondance.

La Loi électorale du Canada stipule qu’une période électorale doit durer un minimum de 36 jours et ne pas dépasser les 50 jours, mais il appartient au premier ministre de déterminer la durée exacte de la campagne dans ces paramètres.

Le message de l’agence réitère que «dans un cas extrême et imprévu, selon les recommandations des experts en santé publique, le directeur général des élections pourrait certifier qu’il est impossible pour Élections Canada de conduire l’élection dans une ou plusieurs circonscriptions, et demander au gouverneur en conseil le retrait du bref».

Cette recommandation «serait une première dans l’histoire d’Élections Canada», précise l’agence.

Laisser un commentaire
Les plus populaires