Panique et furie dans les résidences pour aînés qui sont ciblées par erreur

QUÉBEC — «Panique» et «furie» dans près d’une soixantaine de résidences privées pour aînés (RPA) qui sont éclaboussées dans la crise actuelle.

Pas moins de 57 de ces établissements étaient répertoriés comme ayant entre un et trois cas de COVID-19 dans leurs murs, au 25 avril, alors qu’il n’y en a que 16 qui en ont, donc 41 n’en ont aucun. Leur réputation est atteinte et des employés refusent de se présenter au travail, par crainte d’être contaminés.

«Les propriétaires sont surpris d’être dans la liste alors qu’il n’y a pas de cas à l’interne, a expliqué la relationniste du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA), Marie-Claude Dion, mercredi. On les a tous appelés. Au réel, il y a beaucoup moins de cas. Ils ne sont pas physiquement à la résidence.»

Les personnes infectées sont hospitalisées depuis longtemps, mais néanmoins, les autorités continuent de rapporter ces résidences comme étant touchées par la pandémie, en tenant compte de l’adresse de la personne hospitalisée. Une résidence a été épinglée dans la liste alors qu’un résidant était pourtant hospitalisé depuis… novembre dernier.

«On identifie des résidences où on dit qu’il y a des cas, alors qu’il n’y en a pas, c’est difficile à avaler, a dit le président du RQRA, Yves Desjardins, en entrevue avec La Presse canadienne. Il y a des familles qui traitent le propriétaire de menteur, qui l’accusent de vouloir cacher la vérité.»

Des familles et des résidants sont en «panique» ou en «stress», a-t-il déploré, en ajoutant que certains de ses membres sont «en furie». Des propriétaires ont reçu entre 50 et 80 appels.

En outre, des employés refusent de se présenter au travail et reprochent à leur tour à leur patron de ne pas dire la vérité. «Ça devient plus difficile. Si vous saviez tout le travail que ça exige, d’expliquer, de démentir, de calmer les employés, de calmer les familles», a dit M. Desjardins.

Or ce n’est déjà pas une période facile pour les RPA, qui sont souvent confondues à tort avec les CHSLD, notamment par les autorités en conférence de presse.

«Ça nous cause du tort, a conclu M. Desjardins. Quand on dit que ça va mal dans les résidences, il y en a 16 en vérité avec un à trois cas» et certaines qui sont plus problématiques, sur 1700 résidences où il n’y en a pas.

«Ça va vraiment bien, on est en contrôle: 1680 résidences sur 1750 n’ont pas de cas.»

Yves Desjardins demande aux autorités de préciser les données de la liste pour éviter de susciter de la panique.

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