La vague de chaleur intense a fait 11 morts à Montréal et peut-être 2 en Estrie

Des records de chaleur ont été battus dans les régions de Montréal, en Montérégie, en Outaouais, au Saguenay-Lac-Saint-Jean et dans le Bas-Laurent.

Photo : Pixabay

MONTRÉAL — Onze personnes ont perdu la vie à Montréal depuis le début de la vague de chaleur qui persiste dans l’est du Canada.

Le bilan s’élevait à six décès mardi. Les cinq autres ont été confirmés mercredi matin par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.

La directrice régionale de santé publique de Montréal, la docteure Mylène Drouin, a confirmé que ces décès étaient attribués à la chaleur. Elle a aussi précisé mardi qu’Urgences-Santé avait fait état d’une hausse de transports ambulanciers dans la région depuis le début de cet épisode de chaleur, «qui concorde exactement (avec) la courbe qu’on voyait en 2010 au début de la grande canicule».

Chaque décès a fait l’objet d’une enquête, a-t-elle expliqué. «Pour l’instant, ça concorde exactement avec les caractéristiques qu’on a décrites, des gens atteints de maladies chroniques, de santé mentale, des gens qui vivent seuls, des gens sans air climatisé qui vivent dans des blocs de plus de 4 à 6 étages, et évidemment dans des zones où il y a des îlots de chaleur. Ce sont les mêmes critères qui sont utilisés avec nos partenaires pour décider où il y a du porte-à-porte», a affirmé Mme Drouin en entrevue avec La Presse canadienne.

L’organisation de sécurité civile de l’agglomération de Montréal a annoncé l’instauration de mesures visant à assurer le bien-être et la sécurité des citoyens. Une opération de porte-à-porte a été entreprise afin de rejoindre les gens les plus vulnérables et de donner des conseils de prévention dans certains secteurs priorisés.

Un centre de coordination des mesures d’urgence a aussi été activé afin d’être en mesure de déployer les actions nécessaires en fonction de l’évolution de la situation. La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a invité la population à faire preuve de solidarité envers les personnes vulnérables.

Pour sa part, la ministre déléguée à la Santé publique du Québec, Lucie Charlebois, a dit faire confiance aux directions de santé publique dans chacune des régions, qui s’occupent de suivre la situation. Elle a invité les gens à être attentifs aux signes vitaux et à bien bien s’hydrater. Elle a aussi salué les initiatives de municipalités qui ont ouvert leurs piscines plus longtemps pour accommoder la population.

En mêlée de presse à Québec, le premier ministre Philippe Couillard a salué le travail des responsables de la santé publique.

«C’est tragique, mais chaque fois qu’il y a des canicules comme ça — nous, on va en avoir plus souvent qu’avant, en passant, à cause des modifications du climat qu’on connaît —, les personnes affaiblies, vulnérables, sont les plus précocement touchées. (…) Alors la santé publique, à Montréal particulièrement, a bien pris les choses en main, il faut vérifier que nos personnes âgées, particulièrement, sont bien hydratées, qu’elles puissent avoir accès à des lieux qui sont climatisés, même si c’est temporaire pour se rafraîchir», a dit le premier ministre. 

«Bonne nouvelle, il semble que selon la météo, d’ici quelques jours, la période de canicule va se dissiper, mais il faut s’attendre à avoir chaque année ce genre d’épisodes là», a-t-il ajouté.

La vague de chaleur intense s’est poursuivie mardi en Ontario, au Québec et dans les provinces de l’Atlantique. Des températures maximales dépassant les 32 degrés Celsius ont été enregistrées à plusieurs endroits mardi. Le passage d’une ligne orageuse, lundi soir, a toutefois apporté un léger fléchissement des températures et de l’humidité au Québec, selon le météorologue Alexandre Parent, d’Environnement Canada. Mais il a prévenu que les températures et l’humidité allaient grimper de nouveau dans le sud du Québec mercredi et jeudi.

Deux autres victimes probables en Estrie

En Estrie, quatre décès font l’objet d’une enquête pour déterminer s’ils ont un lien avec la chaleur extrême, selon les autorités, qui donneront de plus amples détails mercredi matin.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, avait fait état mardi après-midi du bilan de six décès à Montréal, disant que les informations continuaient d’être compilées à travers la province.

«Ce qu’il est important de retenir, c’est qu’on n’a pas un plus grand nombre que d’habitude dans ce genre de circonstances là. Chaque année, malheureusement, on a des gens qui, selon la base de leur condition physique, vont décéder de cette situation-là. Je pense qu’il ne faut pas minimiser ça, il faut réitérer l’importance des mesures de prévention, comme l’ont fait la Ville de Montréal et particulièrement le CIUSSS du Centre-Sud. C’est la chose à faire», a dit le ministre.

«On souhaite que ce soit zéro, ce n’est pas toujours possible», a-t-il ajouté.

Lundi, des records de chaleur avaient été enregistrés dans de nombreuses régions de la province. Des records ont ainsi été battus dans les régions de Montréal, en Montérégie, en Outaouais, au Saguenay–Lac-Saint-Jean et dans le Bas-Laurent. Les seules régions épargnées par l’air chaud ont été la Côte-Nord et la Gaspésie.

Deux lignes orageuses violentes ont traversé le Québec lundi soir, causant de nombreuses pannes et des dégâts importants. Au plus fort des pannes, près de 163 000 clients étaient privés d’électricité. Hydro-Québec s’attendait à ce que la plupart des clients touchés retrouvent le service au cours de la journée de mardi. Toutefois, certains bris nécessitant d’importants travaux ne pourront être rétablis avant la fin de la journée de mercredi.

Dans les Maritimes, on s’attend à des températures maximales autour de la trentaine de degrés au cours des journées de mercredi et jeudi. Le retour à des températures plus normales, soit entre 21 et 25 degrés, est attendu vendredi.

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