Paradis fiscaux: PKP a manqué de loyauté envers le Québec, dit Khadir

QUÉBEC – Le chef péquiste Pierre Karl Péladeau a manqué de loyauté envers la nation québécoise parce que ses entreprises ont eu recours aux paradis fiscaux, a déclaré lundi le député de Québec solidaire (QS) Amir Khadir.

M. Khadir a rejeté les explications de M. Péladeau, à la suite de la diffusion de reportages soulevant des questions sur les pratiques du conglomérat Québecor qu’il contrôle.

«Comme loyauté à la nation du Québec, il y a un grand problème, a-t-il dit en conférence de presse. C’est un grand problème de déloyauté aux intérêts de la nation du Québec.»

Le président de QS, Andrès Fontecilla, a affirmé que le Parti québécois doit clarifier ses positions avant de penser à un éventuel rapprochement qui favoriserait le projet indépendantiste.

«Si le Parti québécois est d’accord avec les paradis fiscaux, on est loin d’une possibilité de convergence avec un parti de gauche tel que Québec solidaire, qui soutient que les compagnies privées doivent payer tous leurs impôts et davantage d’impôts», a-t-il dit.

Au terme d’un caucus en prévision de la rentrée parlementaire auquel participait notamment M. Fontecilla, mardi, M. Khadir a affirmé que plusieurs positions du PQ empêchent tout rapprochement.

Selon M. Khadir, l’élection de M. Péladeau comme chef du parti, en soi, a nui aux possibilités de pactes électoraux ou de collaborations sur des enjeux communs.

Le député a également reproché au PQ ses politiques d’austérité, son projet de charte de la laïcité et son préjugé favorable envers le milieu des affaires, au moment de son passage au pouvoir, de 2012 à 2014.

M. Khadir a décrit le choix de Bernard Drainville au poste de leader parlementaire comme un obstacle supplémentaire entre les deux formations, en raison de sa responsabilité dans le projet de laïcité péquiste.

«Le choix de leur leader parlementaire, pas seulement du chef, tout ça entraîne des complications, non seulement pour nous mais pour l’ensemble du mouvement souverainiste», a-t-il dit.

M. Khadir a soutenu que les pratiques fiscales de Québecor portent atteinte à l’engagement de M. Péladeau envers le Québec.

«Je n’achète aucune de ses explications, ses compagnies sous sa direction ont voulu éviter de payer de l’impôt au Québec», a-t-il dit.

Après la conférence de presse, la députée de QS Françoise David a réclamé plus de vigueur de la part du gouvernement dans le dossier de l’achat du quincailler Rona par l’entreprise américaine Lowe’s, annoncé la semaine dernière.

Mme David a réclamé des engagements écrits sur les emplois, le maintien du siège social au Québec et le recours aux fournisseurs locaux.

«Les garanties non écrites de Lowe’s, ça ne vaut pas cher, alors au minimum: est-ce que la ministre de l’Économie pourrait exercer une forte pression, a-t-elle dit. Qu’est-ce que veut dire garder la vaste majorité des emplois: 55 pour cent, 80 pour cent, moi je voudrais savoir.»

Mme David n’a pas été en mesure de préciser si les conseils d’administration devraient disposer de plus de pouvoir lorsqu’une transaction est contraire aux intérêts québécois.

«Il faut avoir une vision totalement différente du développement de l’économie québécoise», a-t-elle dit.

Mme David a affirmé que le gouvernement doit consulter plus largement la population sur l’utilisation des surplus après le retour de l’équilibre budgétaire prévu au cours des prochaines semaines.

À son congrès de mai prochain, QS discutera des moyens pour faire la promotion de son projet d’accession à l’indépendance, qui passe par une assemblée constituante.

«Tout au long de l’hiver et du printemps, nous allons travailler activement à améliorer cette formule-là pour la proposer à l’électorat du Québec», a-t-il dit.

M. Fontecilla a relativisé les résultats d’un récent sondage montrant que près de 50 pour cent des répondants qui voteraient pour sa formation rejetteraient la souveraineté.

«Nous devons en parler plus, c’est une évidence, et nous devons articuler l’ensemble des éléments de notre discours général à la question de la souveraineté», a-t-il dit.

La convergence des partis souverainiste ne sera pas à l’ordre du jour, en mai prochain, mais M. Fontecilla croit cependant que les militants pourraient décider d’en parler plus tard.

«C’est un débat permanent, et nous ne sommes pas arrivés à des conclusions encore, mais c’est un sujet qui est discuté», a-t-il dit.