Partage des coûts de santé: les pm veulent une rencontre au début de 2023

Les premiers ministres des provinces et territoires se font pressants: la réunion avec le premier ministre Justin Trudeau sur le partage des coûts de la santé qu’ils réclament depuis plus de deux ans, ils la veulent dès le début de l’année 2023.

Les 13 se sont réunis de manière virtuelle, vendredi, et leur message était clair: Ottawa doit hausser sa participation au financement des soins de santé de 22 à 35 % et au plus vite, car les systèmes de santé de toutes les provinces sont durement mis à l’épreuve, à l’heure actuelle.

Ils réitèrent donc leur demande afin de rencontrer le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, mais insistent maintenant pour que ce soit dès le début de l’année prochaine, afin que les résultats soient inclus dans le budget fédéral du printemps.

Le dialogue de sourds persiste. Le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, a répondu que le premier ministre Trudeau «rencontre ses homologues à peu près à toutes les semaines», mais lors de rencontres individuelles. Et «moi aussi je rencontre les ministres de la Santé» des provinces, a-t-il ajouté.

Le ministre Duclos a ajouté que le premier ministre Trudeau fera bien «ce qu’il souhaite faire».

Ottawa insiste pour obtenir des résultats et poser des conditions aux provinces avant de hausser le Transfert canadien en matière de santé. Le ministre Duclos soutient que ce sont les premiers ministres des provinces qui empêchent leurs ministres de la Santé respectifs de «parler de résultats» avec le fédéral.

Et avant de préciser combien d’argent il accordera aux provinces et territoires, Ottawa tient à ce que les parties s’entendent sur les résultats, a expliqué M. Duclos. «Envoyer des transferts inconditionnels à des ministres de la Santé, ce n’est pas un plan», a-t-il lancé.

Imputabilité et autonomie

Pour ce qui est des premiers ministres des provinces et territoires, interrogés sur leur imputabilité face à ces fonds fédéraux, ils ont affirmé qu’ils étaient déjà redevables devant leurs propres citoyens de la façon dont ces milliards sont et seraient dépensés dans le domaine de la santé.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a souligné que les provinces et territoires devaient jouir d’une certaine autonomie, puisque les besoins en santé ne sont pas tous les mêmes d’une province à l’autre.

«Si le fédéral imposait une même vision partout, on n’arriverait pas à répondre aux besoins propres de chaque province et territoire», a lancé le premier ministre du Québec.

Et les besoins sont nombreux: santé mentale, rareté de personnel, diminution des listes d’attente, accès à la première ligne, soins à domicile, infrastructures et autres.

«Actuellement, les contribuables — en tout cas, c’est le cas au Québec— envoient 40 % de leurs impôts et taxes à Ottawa. Donc, ce n’est pas normal qu’on n’ait pas plus d’aide pour financer» les soins de santé, s’est exclamé M. Legault.

De son côté, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a reproché au premier ministre Trudeau d’«abandonner les Canadiens». 

«Les Canadiennes et Canadiens s’attendent à ce que leur premier ministre réponde présent et défende leur droit aux soins de santé publics – et non qu’il blâme les autres et se dérobe à ses responsabilités», a-t-il affirmé.

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