Parti québécois: les non membres pourront élire le futur chef

MONTRÉAL — Les non-membres du Parti québécois (PQ) pourront voter pour élire le futur chef de la formation.

Pour la première fois, les péquistes ouvrent les portes et testent cette nouvelle formule.

L’instance qui décide des règles de la course à la direction, la conférence des présidents du PQ, a fait connaître ses décisions samedi matin à Montréal lors d’une conférence de presse.

L’humoriste Guy Nantel avait demandé des accommodements, notamment pour que la course ne nuise pas à sa tournée de spectacles, mais la conférence des présidents a refusé.

«Il n’y a pas eu de négociations, nous, en exécutif national, on a accepté les règles», a fait savoir le président du PQ, Dieudonné Ella Oyono.

Le nouveau statut de sympathisant permet de prendre part aux instances du PQ, et en échange d’une contribution de 5 $, accordera aussi le privilège de voter pour élire le futur chef.

«Passionnant»

«Il y a des gens qui deviennent membres pour voter à la chefferie, mais ce bassin pourrait grossir, parce que les gens sont intéressés, a expliqué la présidente d’élection, Agnès Maltais. C’est excitant, comme idée, que tu puisses participer à l’élection d’un chef de parti directement, c’est passionnant.»

À ses côtés, M. Ella Oyono a laissé entendre que l’objectif est d’accroître le nombre de membres — qui est en déclin —, mais il a refusé de donner une cible précise.

«Est-ce qu’on en vise 50 000 ou 100 000? Il n’y a pas un objectif précis. C’est sûr que 200 000, ça serait mieux.»

C’est une troisième course à la direction du PQ en six ans, les effectifs des membres sont en baisse: faut-il du sang neuf parce que les troupes sont fatiguées?

«Je ne sens pas ça, mais il faut quand même contacter tout le monde, il faut mobiliser», a dit un des candidats dans la course, le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, dans une mêlée de presse, peu après l’annonce.

Il a dit être satisfait du nouveau cadre, même si son idée de tenir des primaires dans chaque région _ un peu comme aux États-Unis _ n’a pas été retenue.

Des conditions plus strictes

Les conditions exigées des aspirants à la chefferie sont plus strictes que lors de la dernière course en 2016.

Chaque candidat doit verser un dépôt non remboursable de 10 000 $ pour obtenir un bulletin de candidature, puis doit effectuer un autre versement de 15 000 $ au plus tard le 9 avril.

L’aspirant doit aussi recueillir 2000 signatures de membres, dans un minimum de neuf régions et 50 circonscriptions, à raison d’un minimum de 10 signatures par circonscription.

Il y a déjà trois candidats déclarés et deux pressentis ou intéressés, mais la période de candidature s’amorce officiellement dans un mois, le 2 mars, et se termine le 9 avril.  

Actuellement, le député de Jonquière Sylvain Gaudreault, l’avocat Paul St-Pierre Plamondon ainsi que l’historien Frédéric Bastien sont sur la ligne de départ, mais l’avocat spécialisé en immigration Stéphane Handfield ainsi que l’humoriste Guy Nantel ont manifesté leur intérêt.

Les débats auront lieu entre le 15 avril et le 20 mai, mais les dates n’ont pas encore été arrêtées. Il y aura un minimum de deux débats nationaux, soit un à Montréal et un deuxième dans le Centre-du-Québec.

La période de scrutin par internet ou par téléphone aura lieu du 15 au 19 juin, par le même mécanisme préférentiel qu’en 2016. L’électeur indique donc sur son bulletin ses choix en ordre de préférence.

Dans le cas où aucun candidat n’obtient la majorité absolue des voix au premier tour, la candidature ayant obtenu le moins de voix et toute autre ayant récolté moins de 10 pour cent des voix sont éliminées.

Les bulletins en leur faveur sont redistribués en fonction du deuxième choix indiqué, au deuxième tour, et ainsi de suite jusqu’au choix d’un gagnant obtenant une majorité absolue.

Le dévoilement du nouveau chef aura lieu le 19 juin à l’occasion d’un rassemblement dans la capitale nationale ou dans Chaudière-Appalaches.

C’est la troisième course à la direction du PQ depuis 2014. Pierre-Karl Péladeau avait été élu en 2015, après la défaite électorale de 2014 et la démission de Pauline Marois. M. Péladeau avait démissionné en 2016 et quelques mois après, le parti élisait Jean-François Lisée, qui a tiré sa révérence après la débâcle électorale de 2018.

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