Pas de libération conditionnelle pour l’anesthésiste qui agressait les patientes

TORONTO — Un anesthésiste qui avait agressé sexuellement 21 femmes à demi conscientes pendant leur chirurgie, à Toronto, ne semble pas mesurer l’ampleur des traumatismes qu’il leur a infligés, conclut la Commission des libérations conditionnelles du Canada, qui rejette sa demande.

Dans ses motifs écrits, publiés cette semaine, la Commission souligne à maintes reprises que le docteur George Doodnaught n’avait guère réfléchi à ses crimes.

L’inculpé nie en fait les crimes commis et soutient que l’anesthésie a poussé les victimes à croire qu’elles avaient été agressées, rappelle la Commission des libérations conditionnelles. Dans certains cas, l’anesthésiste a même manipulé les victimes en leur faisant croire qu’elles avaient elles-mêmes initié le contact sexuel, écrivent aussi les membres de la Commission.

Doodnaught, âgé de 70 ans, avait été arrêté en mars 2010; il a été condamné en 2013 à une peine de 10 ans de prison pour avoir agressé sexuellement des femmes de 25 à 75 ans, sur une période de quatre ans, dans un hôpital du nord de Toronto. Il a ensuite fait appel du verdict et de la peine, sans succès.

La preuve au procès a démontré que le haut du corps de ses victimes, à demi conscientes, était voilé par un drap, ce qui permettait à l’anesthésiste de les agresser sexuellement de différentes manières sans que le reste de l’équipe chirurgicale s’en aperçoive. À l’appui de sa demande de libération conditionnelle, Doodnaught a admis que son approche était «particulière»: il avait mis au point une technique consistant à pincer l’abdomen et les seins des patientes pour évaluer leur degré de sédation.

La Commission a estimé que cette défense, non crédible, démontrait son «arrogance, bien documentée», et son incapacité à faire un retour sur ses actes. Lors d’une audience, le 10 avril dernier, la commission a par ailleurs entendu deux victimes qui ont décrit le traumatisme psychologique grave et persistant que ses actes lui avaient infligé.

George Doodnaught , père de cinq enfants, trois fois marié et formé en Écosse, avait travaillé pendant 34 ans comme anesthésiste avant son arrestation.

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