Pas encore de demande officielle mais Québec vérifie l’aide militaire possible

OTTAWA — Le gouvernement fédéral n’a pas encore reçu une demande pour envoyer l’armée en appui au Québec, mais François Legault soupèse ses options.

Mardi, le premier ministre québécois a indiqué qu’il a demandé à Ottawa combien de militaires ayant une formation médicale sont disponibles pour prêter main-forte dans les CHSLD de la province.

«Ils pourraient peut-être nous envoyer quelques travailleurs», a dit M. Legault en réponse à une question lors de sa conférence de presse. «Mais je ne vois pas de quelle autre manière» Ottawa pourrait contribuer à soulager la situation dans les CHSLD.

À Ottawa, deux heures plus tôt, Justin Trudeau rappelait que «les centres d’aînés et les résidences d’âge d’or sont une juridiction provinciale». Il indiquait également qu’il n’a reçu aucune demande pour envoyer des membres des Forces armées canadiennes au Québec.

«C’est des histoires épouvantables», a laissé tomber le premier ministre Trudeau lorsqu’il a été invité à commenter la situation dans le CHSLD Herron, à Dorval.

Il a par ailleurs indiqué que son gouvernement pourrait appuyer financièrement les provinces qui voudraient imiter le Québec en augmentant les salaires des travailleurs dans les établissements de soins de longue durée.

«Il y a des provinces qui sont très intéressées par le modèle québécois qui veut donner de la paye extra à ceux qui travaillent dans nos centres d’aînés et les provinces qui sont intéressées, le gouvernement fédéral pourrait participer à envoyer de l’argent pour aider ces gens-là», a-t-il déclaré.

Matériel et argent à distribuer

Le premier ministre Trudeau a indiqué qu’Ottawa a reçu jusqu’à maintenant 1,1 million de masques N95 ainsi que des millions de gants et attend l’arrivée d’autre équipement de protection personnelle. Le tout sera bientôt distribué aux provinces.

Le gouvernement fédéral a également annoncé 130 millions $ pour venir en aide aux communautés isolées du nord du pays.

Le dernier bilan de dossiers ouverts pour la prestation canadienne d’urgence (PCU) s’élève à 6 millions, comptés depuis le 15 mars, incluant donc les 3,5 millions de demandes de PCU faites la semaine dernière et les demandes d’assurance-emploi qui les ont précédées. De tout ça, 5,4 millions de dossiers ont déjà été traités.

Plan de quarantaine exigé

À partir de minuit mardi soir, toute personne qui arrive au Canada aura à présenter un plan de quarantaine précis pour ses 14 premiers jours au pays, sinon elle devra s’installer à l’hôtel.

Le gouvernement fédéral paiera la note de ces séjours obligés à l’hôtel.

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé le resserrement de cette mesure d’isolement obligatoire, à son point de presse mardi avant-midi, «une couche supplémentaire» de protection, selon la vice-première ministre Chrystia Freeland.

Depuis le 25 mars, la Loi sur la mise en quarantaine a été évoquée par Ottawa, forçant toute personne arrivant au pays et présentant des symptômes de la COVID-19 à prouver qu’elle peut se mettre en quarantaine chez elle pendant 14 jours, sinon les autorités fédérales la logeaient.

Tous les autres voyageurs devaient aussi s’isoler pour 14 jours, mais n’avaient pas à offrir un plan vérifiable.

À partir de minuit, mardi soir, les mêmes exigences s’appliqueront tant aux voyageurs sans symptômes qu’aux voyageurs malades. Tous devront présenter leur plan de quarantaine.

Pour punir plus facilement ceux qui n’obéiraient pas à cette loi de mise en quarantaine ou aux autres limites de déplacement imposées par les autorités, le ministère fédéral de la Justice a apporté des modifications réglementaires.

Il ne sera plus nécessaire aux autorités policières de poursuivre une pareille affaire par voie de procédure sommaire en vertu du Code criminel. Une contravention sera simplement émise.

«En vertu de ce régime de contraventions, la personne qui reçoit un procès-verbal peut payer le montant indiqué sur celui-ci volontairement et éviter ainsi de devoir subir un procès et d’avoir un casier judiciaire. Cela permettra également d’économiser de précieuses ressources judiciaires et d’organismes d’application de la loi», a fait savoir le ministère fédéral de la Justice par voie de communiqué.

Retour du Parlement

Les conservateurs continuent d’exiger un retour des réunions aux Communes, en personne, afin de demander des comptes au gouvernement minoritaire libéral sur sa gestion de la crise.

Comme les élus ont, d’un commun accord, suspendu les travaux jusqu’au 20 avril, s’il n’y a pas de nouvel accord entre eux, ce sont les 338 députés qui seront rappelés en Chambre lundi prochain.

«Nous sommes tous d’accord, ramener les 338 députés au parlement, ce ne serait pas l’idéal», a souligné Andrew Scheer, chef par intérim du Parti conservateur, lors d’un point de presse à Ottawa, mardi matin.

«On ne peut pas (attendre) quatre semaines pour avoir les séances virtuelles», a-t-il argué. Selon lui, des rencontres en personne, en groupe réduit, aux Communes sont essentielles pour «tenir le gouvernement responsable».

«Nous devrions avoir des sessions de reddition de comptes régulières et fréquentes à la Chambre des communes», a martelé M. Scheer.

Au Bloc québécois, on n’accepterait que des rencontres «occasionnelles» et en petit groupe.

«Dans tous les scénarios, le Parlement ne devrait pas se réunir au-delà de 32 députés, jusqu’à avis contraire. Nous sommes ouverts aux discussions pour des rencontres occasionnelles, comparables à ce qui s’est fait samedi dernier. Une reprise des travaux selon l’horaire normal serait irresponsable à ce moment-ci», a fait savoir le chef Yves-François Blanchet dans une déclaration envoyée par courriel.

En l’absence d’entente entre tous les partis, le gouvernement libéral pourrait, pour éviter le rappel de la Chambre, proroger le Parlement. Pareil geste mettrait fin à la session parlementaire. Les travaux des élus et des sénateurs ne reprendraient alors qu’après un nouveau discours du Trône.

Pareil scénario ne passerait pas, selon les bloquistes.

«Les Canadiens et les Québécois n’ont pas donné à Justin Trudeau le mandat de gouverner sans Parlement. S’il n’avait pas le courage de répondre au Parlement, il pourrait en payer le prix», a écrit M. Blanchet.

Rapatriements

Mardi, des Canadiens rentraient au pays en provenance du Bangladesh, du Koweït et de Trinité-et-Tobago. Trois vols ont également été facilités par le gouvernement canadien pour ramener des ressortissants canadiens des Philippines.

Ottawa continuait aussi à garder un oeil sur les Canadiens en mer; 50 sur des navires de croisière et 300 membres d’équipage sur des paquebots.

Ils sont encore 2100 Canadiens coincés à l’étranger à attendre une réponse à leur demande de prêt auprès du gouvernement canadien. Ottawa a distribué depuis un mois 1334 prêts et 4,4 millions $.

Nombre de cas

Il y a 27 063 cas confirmés et probables décelés par les tests administrés au Canada. La COVID-19 a provoqué jusqu’à maintenant la mort de 903 Canadiens.

Quatre provinces du pays n’ont rapporté aucun nouveau cas de la COVID-19, mardi. Ce sont le Manitoba, le Nouveau-Brunswick, l’Île-du-Prince-Édouard ainsi que Terre-Neuve-et-Labrador.

Distribution des cas au pays, selon les plus récents bilans disponibles: 14 248 cas au Québec, dont 435 décès; 7953 cas en Ontario, dont 334 décès; 1870 cas en Alberta, dont 48 décès; 1517 cas en Colombie-Britannique, dont 72 décès; 517 cas en Nouvelle-Écosse, dont trois décès; 301 cas en Saskatchewan, dont quatre décès; 246 cas au Manitoba, dont quatre décès; 244 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont trois décès;116 cas au Nouveau-Brunswick; 25 cas à l’Île-du-Prince-Édouard; huit cas au Yukon; cinq cas dans les Territoires-du-Nord-Ouest; aucun cas au Nunavut.

À ces bilans provinciaux et territoriaux s’ajoutent les 13 cas chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars.

L’Agence de santé publique du Canada a compté plus de 450 000 tests administrés. Le taux de résultats positifs à ces tests est de presque six pour cent.

Les commentaires sont fermés.

Étant donné que le sort réservé à des personnes âgées très vulnérables est tout à fait inacceptable et étant donné que le gouvernement fait un appel pressant pour obtenir des bras de diverses catégories de personne, et étant donné que monsieur Trudeau offre depuis quelque temps l’offre de l’armée qui dispose d’une expertise dans divers domaines, pourquoi monsieur Legault n’a pas encore accepté cette offre de contribution?

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