Pascal Bérubé qualifie des propos du premier ministre Legault de «minables»

QUÉBEC — Le chef intérimaire du Parti québécois (PQ), Pascal Bérubé, s’est attiré les foudres du premier ministre et de son leader parlementaire, mardi, après qu’il eut soulevé des questions sur le déconfinement et sur l’indépendance de la santé publique.

Le ton s’est envenimé lors de la période des questions, à un point tel que le président de l’Assemblée nationale, François Paradis, a exhorté les députés à s’assurer que «la journée d’aujourd’hui ne se reproduise plus».

M. Bérubé a répondu au premier ministre hors micro que celui-ci tenait des propos «minables». Il a quitté le Salon bleu en colère, non sans que le leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, ne manque de souligner son absence d’un débat.

Des «vous faites exprès» et «aucun respect» ont aussitôt retenti des banquettes, et le président Paradis s’est vu obligé de rappeler à l’ordre M. Jolin-Barrette pour ses commentaires qu’il a jugés «inutiles».

Au coeur de cette histoire, les questions de M. Bérubé en lien avec certaines décisions sur le déconfinement qui pourraient être politiques et ne pas s’appuyer sur la science, selon lui. Il a cité en exemple la décision de garder les écoles fermées dans le Grand Montréal, et celle de lever les contrôles routiers en région.

«Le voyagement entre les régions chaudes et les régions froides pourra avoir des répercussions, a-t-il déclaré. Est-ce que le premier ministre peut admettre que la décision de retirer les contrôles routiers en région ne reposait sur aucune modélisation scientifique?»

C’est à cet instant que M. Legault a accusé le chef péquiste de vouloir «tuer le tourisme» dans sa région du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, des propos «minables», a rétorqué Pascal Bérubé.

Arruda et Legault, «la même personne»

M. Bérubé ne s’est pas arrêté là. «On ne distingue plus ce qui relève du politique et de la santé publique. Le Dr (Horacio) Arruda et lui, c’est la même personne maintenant», a-t-il lancé.

«Il serait temps qu’on clarifie les choses, parce qu’il prend des décisions qui engagent la santé publique des citoyens, les droits et libertés», a-t-il ajouté.

Plus tôt, Pascal Bérubé avait été dur envers le directeur national de la santé publique, Dr Arruda, et le gouvernement, qui était mal préparé, selon lui, pour la crise de la COVID-19.

La preuve, a-t-il dit, c’est que le Québec a été le dernier au pays à se procurer des masques, ce qui lui confère le statut de «dernier de classe».

En comparaison, a-t-il renchéri, des provinces de l’Ouest se sont mises à acheter des masques dès janvier. «On n’a manifestement pas précipité l’achat des masques au Québec, parce qu’on était les derniers», a-t-il laissé tomber.

«Je ne sais pas pourquoi, qu’est-ce qui explique ce manque de préparation du gouvernement du Québec, de la santé publique face à ce qui s’en venait, mais clairement on était dans les derniers de classe pour la prévision. Il faut le dire.»

Il a cité la Dre Joanne Liu, qui en fin de semaine qualifiait de «complètement farfelus» les propos tenus par Horacio Arruda sur la question du masque au début de la crise.

Le Dr Arruda avait d’abord évoqué le risque pour la personne portant le masque de se contaminer, avant d’arguer que certains Québécois n’auraient pas les moyens de s’en procurer, que la question du masque soulevait des enjeux légaux et que finalement, il n’y avait pas assez de masques pour tout le monde.

Selon M. Bérubé, le Québec a tergiversé et «perdu du temps précieux», notamment à Montréal et à Laval. «C’est majeur», s’est-il exclamé.

Legault défend Arruda

Interpellé en point de presse mardi sur cette question, M. Legault a réaffirmé que selon lui, le Dr Arruda, un sous-ministre adjoint, agit avec toute l’indépendance que son poste nécessite.

«On a eu des bonnes discussions durant les trois derniers mois, à peu près à tous les jours, et moi j’ai suivi les indications du Dr Arruda», a-t-il déclaré.

«Le Dr Arruda donnait ses consignes de lui-même. Ce n’est pas nous qui avons imposé quoi que ce soit au Dr Arruda», a ajouté le premier ministre.

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