Passer par la prévention pour aider à freiner les décès liés aux surdoses au Québec

MONTRÉAL — Chaque jour, au moins une personne meurt d’une surdose liée à la consommation d’opioïdes ou d’autres drogues au Québec. Cette problématique doit être confrontée en amont, selon l’Association québécoise pour la promotion de la santé des personnes utilisatrices de drogues (AQPSUD), qui rappelle que parler de surdoses avec un proche pourrait sauver une vie.

C’est d’ailleurs pourquoi ce mercredi, l’AQPSUD tiendra plusieurs activités de visibilité dans le cadre de la Journée internationale de sensibilisation aux surdoses. Son objectif: inciter les gens à parler de la réalité des surdoses autour d’eux, afin d’éviter que de nouveaux décès surviennent.

«Depuis quelques années, on constate vraiment une épidémie d’opioïdes au Québec. On dénote depuis deux ans un triste score d’une personne par jour au Québec qui meurt d’une surdose», s’inquiète Sophie Sénécal, qui est chargée de l’opération Illumination de l’AQPSUD.

«C’est une situation qui est particulièrement préoccupante dans les grandes villes comme Québec, Montréal, Gatineau et Sherbrooke, mais qu’on voit un peu partout dans la province en ce moment.»

Afin de porter son message aux yeux du plus grand nombre de personnes possible, l’association mise sur son opération Illumination, qui vise à illuminer le plus d’édifices possible en mauve ce mercredi soir.

Même si elle travaille en équipe réduite, l’AQPSUD a déjà reçu la confirmation de la participation de plusieurs municipalités et organisations. Ainsi, la Grande Roue de Montréal, la Tour du Stade olympique et le Quartier des spectacles, à Montréal, seront tous illuminés en mauve, tout comme le seront d’autres installations à Québec, Fermont, Rouyn-Noranda, Sherbrooke, Saint-Jérôme et plus encore.

«Des surdoses, il y en a partout. Tristement, les gens commencent de plus en plus à en voir dans leur quotidien, déplore Mme Sénécal. Il y a quelques années, lorsqu’on a commencé à travailler pour la Journée internationale de sensibilisation aux surdoses, c’était un phénomène qui était plus marginal. Maintenant, pratiquement tout le monde connaît une personne qui a fait une surdose.

«Nous, ce qu’on dit, c’est que parler de surdoses pourrait sauver des vies.»

Phénomène en légère hausse

Pour le premier trimestre de l’année, soit de janvier à mars, l’Institut national de la santé publique (INSPQ) dénote 116 décès liés à une intoxication suspectée aux opioïdes ou autres drogues, ce qui représente une moyenne de 39 décès par mois. Pour la même période en 2021, la moyenne était de 33 décès par mois.

L’AQPSUD formule plusieurs hypothèses pour expliquer ces chiffres, dont la prolifération des drogues de mauvaise qualité sur le marché depuis la pandémie. L’association souligne aussi que plusieurs consommateurs développent une dépendance aux opioïdes après une blessure.

«On vit malheureusement dans des sociétés où on est très forts sur la prescription de médicaments, mais très peu sur tout ce qui est du soutien psychosocial, se désole Mme Sénécal. Il y a beaucoup de gens qui vont développer des dépendances, mais ils n’auront accès à aucun soutien dans ce contexte-là.»

À terme, l’association espère voir une décriminalisation complète des drogues au Canada afin d’arrêter la «roulette russe» qui sévit en ce moment en raison des drogues de mauvaise qualité en vente sur la rue.

Mais d’ici à ce que cela survienne, l’AQPSUD souhaite au moins en arriver à un point où la consommation de drogues ou d’opioïdes ne sera plus un sujet tabou dans les chaumières.

«Il faut éviter que les personnes qui ont une dépendance se retrouvent à consommer seules dans l’isolement le plus total, parce que c’est dans ces cas-là qu’il y a des décès qui surviennent», prévient Mme Sénécal.

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