Patrons et budget: d’autres mesures pour affronter les problèmes de main-d’oeuvre

MONTRÉAL — Le prochain budget Girard doit proposer encore plus de mesures pour alléger les problèmes de recrutement de personnel, estiment des associations patronales.

Tant la Fédération des chambres de commerce du Québec que la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante — qui représente des petites et moyennes entreprises — soulèvent ce défi de la main-d’oeuvre quant à leurs attentes face au budget du ministre des Finances Éric Girard.

«C’est un point très important parce qu’encore ce matin, il y a toujours 140 000 emplois à combler au Québec. Et il y a plein d’industries qui sont à feu et à sang, je dirais pratiquement. Pour nous c’est une priorité, oui, en tant que fédération», a commenté en entrevue le président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce, Charles Milliard.

Pour les travailleurs d’origine immigrante, «il y a peut-être encore un peu de peaufinage à faire» dans les programmes gouvernementaux, cite-t-il en exemple.

La FCCQ ne veut pas l’établissement d’un âge uniforme de la retraite pour tous les travailleurs, «par contre, le gouvernement peut créer des conditions ou un terrain fertile pour que les gens qui veulent continuer de travailler puissent le faire», indique M. Milliard.

Il aimerait aussi voir des mesures pour alléger les charges sociales des entreprises ou, à tout le moins, ne pas les augmenter. «Quand on les prend une par une, toutes ces charges sociales-là sont pertinentes et, d’un point de vue citoyen sont intéressantes, mais il y a un effet de sédimentation qui se produit quand on regarde l’ensemble des charges. Et ça devient un désincitatif à l’emploi pour plusieurs employeurs», affirme-t-il.

La FCCQ espère aussi des mesures pour favoriser encore davantage l’innovation. «C’est la seule façon où on peut vraiment augmenter notre productivité. Étant donné la rareté de la main-d’oeuvre, c’est difficile de faire plus de travail, alors il faut le faire mieux. Et, pour le faire mieux, il faut investir pour développer des produits et des procédés qui sont plus efficients, qui sont plus verts et plus innovants», plaide M. Milliard.

Les PME

À la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, le vice-président pour le Québec, François Vincent, énonce trois priorités pour les PME: réduire le fardeau fiscal global, alléger les problèmes de pénurie de main-d’oeuvre et diminuer la réglementation et «la paperasse».

En matière de recrutement de la main-d’oeuvre, il estime que le gouvernement Legault «est en action» et qu’il doit «continuer dans ce sens-là». M. Vincent croit que le crédit d’impôt pour travailleur expérimenté, par exemple, pourrait encore être bonifié afin d’inciter ceux-ci à demeurer au travail plus longtemps.

En matière de fardeau fiscal, la FCEI veut plus d’équité fiscale entre les PME et les autres entreprises.

M. Vincent explique, par exemple, que les petites entreprises des secteurs des services et de la construction ne peuvent se prévaloir de la déduction pour petite entreprise, à cause de certains critères auxquels elles ne répondent pas. Il souhaite donc «que toutes les petites entreprises puissent avoir accès à la déduction pour entreprise, peu importe leur secteur d’activité économique et peu importe le nombre d’heures qu’elles rémunèrent».

Fédération des contribuables

La Fédération canadienne des contribuables, de son côté, revendique une diminution des deux premiers paliers d’imposition, afin de permettre aux contribuables concernés d’épargner 1000 $ par année.

Elle demande également une réduction de l’appareil administratif gouvernemental «afin d’atteindre la moyenne canadienne».

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