Pédophilie: un ex-millitaire souffrant de SSPT n’ira pas en prison

COLWOOD, C.-B. — Un juge de la Colombie-Britannique a décidé de ne pas envoyer en prison un officier militaire à la retraite qui «encourageait et soutenait avec enthousiasme» l’exploitation sexuelle d’un enfant, en partie parce que l’homme souffre d’un trouble de stress post-traumatique dû à ses années de service.

Le juge Mayland McKimm a indiqué dans une décision rendue la semaine dernière par la Cour provinciale de Colwood qu’il estime que l’affaire atteint le seuil des «circonstances vraiment exceptionnelles» et mérite une peine avec sursis de 18 mois purgés dans la communauté.

La décision indique que l’homme de 60 ans, que la Presse Canadienne ne nomme pas pour protéger l’identité de l’enfant, a admis avoir collecté 881 photos de pornographie juvénile sur différents appareils.

Selon la décision, l’accusé a également échangé des textos avec sa conjointe dans lesquels ils ont discuté de la façon dont ils espéraient exploiter sexuellement le fils de la femme, agé de cinq ans, et celle-ci a également envoyé des photos explicites du garçon sur une période de trois mois.

Cependant, le juge a conclu que le stress post-traumatique de l’homme était le «facteur déclenchant» qui l’a amené à rechercher un comportement à risque et il n’y avait aucune preuve que l’homme a touché l’enfant.

Le juge McKimm a indiqué que l’homme a montré des remords sincères et souffre de graves problèmes de santé qui rendraient l’incarcération «particulièrement difficile».

«En résumé, nous avons affaire à un individu qui, pendant une période relativement brève, s’est plongé dans le monde sombre et odieux de la pornographie juvénile et de la pédophilie. Ce n’était pas une pratique sexuelle soutenue et engagée», a déclaré le juge McKimm.

Les infractions impliquant le garçon se sont produites entre février et avril 2017. Au moment de son arrestation en décembre 2017, l’homme ne consommait plus de pédophilie et il n’y a aucune preuve qu’il continuait d’accumuler de la pornographie juvénile au-delà de février de cette année-là, a indiqué le juge.

L’accusé a passé la majeure partie de sa carrière militaire de 33 ans en tant qu’assistant médical et il a pris sa retraite en tant qu’adjudant-chef, le grade le plus élevé avant celui d’officier indique la décision.

L’ex-militaire a emménagé avec la mère du garçon six mois avant le début des incidents. Elle lui a envoyé des textos sexuellement explicites avec un «encouragement et un soutien enthousiaste» pour promouvoir une relation sexuelle entre l’homme et le garçon, selon la décision.

Plus tard dans l’année, le père du garçon s’est aperçu de l’existence des images de son fils et des textos.

«Sans surprise, il a été horrifié et choqué par ce qu’il a vu et il a contacté les autorités», indique le jugement.

L’accusé a été arrêté en décembre 2017.

La Couronne a réclamé sept à dix mois d’emprisonnement plus 12 à 18 mois de probation, tandis que l’avocat de l’homme a soutenu que l’affaire impliquait des circonstances extraordinaires.

Le tribunal a appris que l’homme avait été témoin des atrocités de la guerre au cours de sept tournées de combat et souffrait d’un syndrome de stress post-traumatique aigu. Cependant, ses soignants pensaient qu’il «souffrait simplement de dépression», jusqu’à ce qu’il soit diagnostiqué en 2019 après que les accusations aient fait surface.

Le juge McKimm dit que le syndrome de stress post-traumatique était le «déclencheur central» qui a poussé l’homme à «se tourner brièvement vers cette sombre et sinistre prédilection sexuelle».

«C’est un symptôme bien connu que ceux qui souffrent du SSPT se tournent souvent vers des comportements dangereux et risqués pour lutter contre les terribles symptômes dont ils souffrent. Je suis convaincu que l’accusé ici recherchait ce comportement sexualisé risqué et déplorable pour faire face à ses symptômes.»

L’homme est conscient de la gravité de son comportement et subit un traitement psychologique, indique le jugement. Il souffre également d’une maladie cardiaque grave et débilitante et de problèmes rénaux et gastro-intestinaux persistants.

En plus de l’emprisonnement avec sursis, il purgera également une période de probation pendant deux ans et devra être inscrit au registre d’information sur les délinquants sexuels pendant 20 ans.

Le juge a écrit que le garçon ne sera peut-être jamais au courant de ses mauvais traitements et il a décrit le père du garçon comme une victime réelle.

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