Pennsylvanie: Giuliani s’en mêle

WILLIAMSPORT, Pa. — L’avocat personnel du président Donald Trump, Rudy Giuliani, s’est présenté devant un tribunal fédéral pour la première fois en près de 30 ans, mardi, pour accuser les démocrates aux commandes de grandes villes d’avoir orchestré un vaste complot pour truquer l’issue de l’élection présidentielle.

Le scrutin s’est déroulé il y a deux semaines et aucune preuve de fraude n’a encore fait surface.

Avec cette poursuite, la campagne Trump cherche à empêcher la Pennsylvanie de confirmer la victoire de Joe Biden dans cet État et de lui accorder les 20 grands électeurs en jeu.

Les avocats du camp démocrate ont répliqué que les allégations de M. Giuliani représentent, au pire, des infractions mineures qui ne justifieraient en rien d’invalider le résultat de l’élection en Pennsylvanie. Ils ont demandé au juge Matthew Brann de mettre fin aux procédures.

«La meilleure description de cette situation est une vaste fraude électorale, d’envergure nationale, dont ceci fait partie (…). Ce n’est pas un incident isolé, c’est répété dans au moins dix autres juridictions», a lancé M. Giuliani.

Le juge Brann pourrait de nouveau entendre les deux camps jeudi, à moins qu’il ne décide de rejeter l’affaire d’ici là.

Les multiples poursuites intentées par le camp Trump n’ont aucune chance de renverser l’issue du vote dans un seul État, et encore moins à l’échelle nationale. Des représentants des deux partis ont plutôt estimé que le scrutin s’est déroulé correctement, ce qui a été confirmé par des observateurs internationaux.

Selon la poursuite en Pennsylvanie, les «comtés fortement démocrates» ont contrevenu à la loi en identifiant, avant le jour du scrutin, les votes par correspondance qui comportaient des erreurs — comme, par exemple, une signature manquante — pour que l’électeur puisse y remédier, assurant que son vote serait comptabilisé.

Les comtés fortement républicains «ont respecté la loi et n’ont pas informé les électeurs, privant plusieurs d’entre eux de leur droit de vote», selon la poursuite.

Un avocat du Comité national démocrate a dit qu’on ne sait pas combien d’électeurs ont eu la chance de remédier aux erreurs de leurs bulletins, mais que la pratique n’a rien d’illégale.

M. Giuliani a consacré l’essentiel de son temps à prétendre que près de 700 000 votes à Philadelphie et dans le comté d’Allegheny — où se trouve Pittsburgh — n’ont pas été inspectés par des observateurs républicains.

Il a énuméré des villes — dont Philadelphie, Pittsburgh, Las Vegas, Phoenix, Milwaukee et Détroit — remportées par M. Biden et prétendu que les démocrates qui les contrôlent ont empêché les observateurs de la campagne Trump de surveiller les travailleurs électoraux pendant le dépouillement du vote par correspondance, de manière à leur permettre de falsifier suffisamment de votes pour garantir la défaite de M. Trump.

Mais mardi, dans une autre affaire, la Cour suprême de la Pennsylvanie a tranché que les observateurs de la campagne Trump avaient obtenu un accès raisonnable au dépouillement du vote.

M. Biden dispose actuellement d’une avance d’environ 73 000 voix en Pennsylvanie.

Les problèmes dénoncés par la campagne Trump et ses alliés — comme des problèmes avec les signatures ou les enveloppes — sont typiques de n’importe quelle élection.

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