Percée dans le traitement de l’athérosclérose

MONTRÉAL — Des travaux réalisés notamment à Montréal ont mené à l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques potentielles dans le traitement de l’athérosclérose, un grave problème de santé publique communément appelé «durcissement des artères».

L’athérosclérose se produit quand des dépôts graisseux s’accumulent sur la paroi des artères, entraînant leur rétrécissement et une perte d’élasticité. Elle compte parmi les principales causes d’infarctus du myocarde et d’accidents vasculaires cérébraux (AVC).

Le chercheur Alexeï Pshezhetsky, du CHU Sainte-Justine, et ses collègues se sont intéressés au rôle des enzymes neuraminidases dans le développement de l’athérosclérose.

Des expériences réalisées en laboratoire mènent les chercheurs à conclure que l’inactivation génétique ou l’inhibition pharmacologique des neuraminidases 1 et 3 (NEU1 et NEU3) pourrait retarder considérablement la formation de plaques sur la paroi des artères.

Ces enzymes élimineraient les fragments d’acide sialique présents dans le «mauvais» cholestérol (le LDL). Sans cet acide sialique, le cholestérol s’accumulerait de manière incontrôlée.

Cet excès de mauvais cholestérol cause ensuite la formation de plaques d’athérome sur la paroi des artères. 

«Nous avons identifié les enzymes qui éliminent le sucre à la surface des particules du LDL, a résumé M. Pshezhetsky en primeur à La Presse Canadienne. Après ça, ces particules sont absorbées (…) et les plaques commencent à se développer.»

Ces sucres, précise-t-il, servent à assurer la circulation des particules de LDL. S’ils sont éliminés par les enzymes, les particules ne circulent plus et commencent à s’accumuler. Au fil du temps, ces dépôts finissent par se durcir et entraver la circulation sanguine.

On pourrait donc envisager le développement de thérapies géniques ou de médicaments qui empêcheraient les enzymes de s’attaquer aux sucres. Des expériences réalisées sur des souris démontrent que cela pourrait être possible.

«Si on neutralise les neuraminidases 1 et 3, ça va protéger les sucres en surface (du LDL)», a ajouté M. Pshezhetsky.

Leur découverte pourrait aussi trouver des applications dans le traitement d’autres problèmes de santé beaucoup plus rares que l’athérosclérose, a-t-il ajouté.

Le tabagisme, la sédentarité, l’hypertension, la prédisposition génétique, l’âge, le sexe et l’obésité comptent parmi les facteurs de risque qui peuvent contribuer à l’apparition de l’athérosclérose.

L’athérosclérose est la cause la plus fréquente de maladie coronarienne. L’Agence canadienne de santé publique estime qu’environ 1,6 million de Canadiens vivent avec la maladie coronarienne ou avec les séquelles d’un AVC. La maladie coronarienne est la deuxième cause de décès en importance au pays, après le cancer.

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