Personne pour s’occuper des résidus miniers, déplore la commissaire fédérale

OTTAWA — Le gouvernement fédéral surveille adéquatement la façon dont l’industrie minière canadienne rejette ses résidus dans les eaux du pays, mais si un problème surgit, personne n’est directement responsable de le régler, déplore la commissaire à l’environnement et au développement durable.

Julie Gelfand a constaté qu’une fois les effets néfastes identifiés dans les eaux, personne n’est obligé de faire quoi que ce soit pour y remédier.

Le rapport de la commissaire Gelfand, le dernier avant la fin de son mandat de cinq ans, révèle également d’autres lacunes dans l’appareil fédéral.

Par exemple, Environnement Canada ne disposait pas d’informations suffisantes pour connaître le sort du tiers environ des résidus miniers au pays.

Le ministère n’a effectué que les deux tiers des inspections prévues pour des activités autres que l’extraction de métaux — comme les mines de charbon ou les sites d’exploitation de sables bitumineux.

En outre, le ministère n’a surveillé qu’environ 60 pour cent des plans déposés par les entreprises pour compenser la perte d’habitat des poissons causée par les bassins de résidus miniers.

«C’est donc dire que le ministère ne savait pas toujours si les sociétés minières avaient pris les mesures prévues dans leurs plans pour compenser le déclin des poissons et la perte de leur habitat», lit-on dans le rapport.

La commissaire Gelfand estime par ailleurs que les mines de potasse, de charbon et de sables bitumineux devraient être soumises à des inspections plus fréquentes. Elle s’inquiète aussi de la baisse du nombre total d’inspections des mines en Ontario.

Les impacts des recommandations de Mme Gelfand pourraient être considérables.

Un rapport publié en 2017 par Environnement Canada révélait que les trois quarts des mines qui avaient réalisé des études sur les impacts environnementaux de leurs activités avaient identifié au moins un impact. La moitié de ces mines avaient eu des impacts sur les poissons et leur habitat, et tous les impacts ont été jugés suffisamment importants pour présenter un risque pour l’environnement.

Le même rapport de 2017 indiquait qu’environ 75 pour cent de ces mines avaient constaté une réduction de la biodiversité parmi les insectes dont se nourrissent les poissons. Environ la moitié des mines avaient établi des impacts près du site minier, mais aussi beaucoup plus loin.

Les bassins de résidus miniers constituent également une préoccupation croissante. Outre les immenses bassins de décantation des sables bitumineux de l’Alberta, le nombre de plans d’eau dans lesquels les effluents miniers peuvent être stockés a presque décuplé depuis 2006 — passant de cinq à 46.

Le gouvernement fédéral a accepté les recommandations du rapport Gelfand. Environnement Canada a promis d’élaborer d’ici au printemps prochain des solutions pour remédier aux problèmes. Pêches et Océans a aussi reconnu que ses efforts pour conserver la trace des bassins de résidus miniers étaient insuffisants et a déclaré qu’il renforcerait la surveillance d’ici avril 2020.

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