Peter Harder ne témoignera pas au procès intenté par Abousfian Abdelrazik

OTTAWA — Le représentant du gouvernement libéral au Sénat Peter Harder a refusé de témoigner le mois prochain dans un procès intenté par un Montréalais à la suite de sa longue détention au Soudan.

M. Harder, l’ancien vice-ministre des Affaires étrangères, invoque son privilège parlementaire pour éviter de témoigner devant le tribunal après avoir été cité à comparaître pour répondre à des questions sur l’épreuve vécue à l’étranger par Abousfian Abdelrazik.

Plusieurs autres parlementaires qui ont été impliqués dans le dossier Abdelrazik, dont la sénatrice Mobina Jaffer, le député conservateur Deepak Obhrai, le député libéral Wayne Easter et le député québécois Maxime Bernier — qui a quitté le Parti conservateur jeudi — ont signalé à l’avocat de M. Abdelrazik, Paul Champ, qu’ils étaient prêts à témoigner.

Lawrence Cannon, un ancien ministre conservateur des Affaires étrangères, devrait également être un témoin, selon M. Champ.

Abousfian Abdelrazik, 56 ans, qui est né au Soudan, est arrivé au Canada en provenance d’Afrique en tant que réfugié en 1990. Il est devenu citoyen canadien cinq ans plus tard.

Il a été arrêté lors d’une visite au Soudan, en 2003, pour voir sa famille. En détention, il a été interrogé par le Service canadien du renseignement de sécurité au sujet de présumés liens extrémistes. Il affirme avoir été torturé par des agents de renseignement soudanais au cours de deux périodes de détention, mais le Canada assure qu’il n’était pas au courant de ces présumés sévices.

M. Abdelrazik nie toute implication terroriste et poursuit le gouvernement canadien devant la Cour fédérale, demandant des excuses et une indemnisation.

Ottawa a déjà choisi de s’entendre à l’amiable lors de poursuites intentées par d’autres Canadiens ayant dénoncé le rôle du gouvernement fédéral lors de leur emprisonnement à l’étranger, notamment Maher Arar, Omar Khadr, Abdullah Almalki, Ahmed Elmaati et Muayyed Nureddin.

Il a semblé, plus tôt cette année, que le dossier Abdelrazik allait également être réglé à l’amiable. Mais le gouvernement a brusquement annulé les séances de médiation et un procès devrait commencer le 17 septembre.

Jusqu’à 35 témoins pourraient comparaître à Ottawa lors des huit semaines de procès.

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