Philippe Couillard condamne les propos d’un gérant d’Adidas de Montréal

QUÉBEC — Les propos d’un gérant d’une boutique de Montréal qui minimisait la place du français ont provoqué jeudi un concert de condamnations à l’Assemblée nationale et dans les réseaux sociaux.

Même le premier ministre Philippe Couillard et la mairesse de Montréal, Valérie Plante, ont senti le besoin de désapprouver les déclarations du gestionnaire de la nouvelle boutique Adidas, ce géant des articles de sport, située rue Sainte-Catherine, dans la métropole.

Selon ce qu’a rapporté Le Journal de Montréal, lors de l’inauguration du magasin, Alexandre Des Roches s’est presque excusé de parler en français en affirmant qu’il allait dire quelques mots dans cette langue afin d’accommoder les médias francophones et la Ville de Montréal. Le reste de la cérémonie s’est déroulé en anglais.

Les réactions n’ont pas tardé sur Twitter, où plusieurs consommateurs ont appelé au boycott, ont dit qu’ils n’allaient pas acheter de produits Adidas, ont évoqué le «mépris» ou «l’insulte», tandis que quelques autres ont dit que le Canada est un pays bilingue et que les Québécois devaient l’accepter.

«(Ces propos du gérant) sont inacceptables, inacceptables, a déclaré M. Couillard à la période de questions, en réponse au chef péquiste Jean-François Lisée. Le signal des chefs d’entreprise doit être clair: la langue de travail au Québec, c’est le français. Dans la métropole du Québec, on parle français.»

Il s’est toutefois empressé d’ajouter qu’il se porte aussi à la défense de la communauté anglophone: «Ce qui ne veut pas dire que l’anglais soit une langue étrangère, loin de là. Les citoyens de langue anglaise au Québec sont des actifs très importants pour notre société auxquels on veut donner encore plus.»

Au dire de M. Lisée, ce nouvel épisode linguistique est la conséquence du laisser-aller du gouvernement libéral en matière de défense du fait français.

«C’est le résultat de quatre ans de signaux du premier ministre, qui a dit: « l’important, c’est que tout le monde dans une usine parle anglais au cas où il y ait quelqu’un qui pose une question »», a affirmé le chef péquiste, en ironisant sur une déclaration de son adversaire au cours de la campagne électorale de 2014.

La ministre responsable de la Charte de la langue française, Marie Montpetit, s’est également montrée catégorique. Selon elle, c’est irrespectueux de ne pas s’adresser aux gens en français.

«Ce n’est pas une question d’accommodement, c’est une question de respect, c’est absolument inacceptable comme comportement, comme conduite», a-t-elle dit à la sortie de la Chambre en point de presse.  

La députée caquiste de Montarville, Nathalie Roy, a quant à elle déclaré que c’est «déplorable» et «malhabile» de la part d’Adidas.

«Au Québec, il y a une langue officielle, a-t-elle rappelé en conférence de presse. Moi, j’aime bien magasiner où on me parle en français.»

En conférence de presse, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a rappelé que Montréal est d’abord une ville de langue française et que l’entreprise a commis un faux pas en voulant l’ignorer.

«C’est un manque flagrant de sensibilité, la métropole est une métropole francophone, pas question d’accommoder, le terme est dérangeant, très», a-t-elle dit, flanquée de son homologue de Québec, Régis Labeaume, qu’elle rencontrait.

«Moi, je n’irai jamais acheter là (…), je trouve cela scandaleux, surtout que c’est un francophone (le gérant), il faut vraiment être colonisé», a-t-il pour sa part dénoncé.

La Presse canadienne a tenté à plusieurs reprises de contacter le personnel de la boutique de Montréal, en vain. Nous avons également tenté de contacter M. Des Roches, ainsi que le porte-parole d’Adidas à Toronto, John Febbraro, sans obtenir de réponse.  

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