Philippe Couillard ment dans l’affaire Rona, selon François Legault

LA POCATIÈRE, Qc — Philippe Couillard ment sur l’affaire Rona, selon le chef caquiste François Legault.

Le premier ministre a répété cette semaine qu’il n’était pas au courant de la vente par Investissement Québec des actions du quincaillier, pas plus que son cabinet, qui n’a pas autorisé la transaction. Cette vente a pavé la voie à l’acquisition de Rona par le géant américain Lowe’s.

Encore vendredi en point de presse, M. Couillard a soutenu que «personne» de son cabinet n’avait communiqué avec le chef de cabinet du ministre de l’Économie de l’époque Jacques Daoust, qui avait transmis un courriel laconique censé autoriser la transaction.

Mais en mêlée de presse vendredi après-midi à La Pocatière, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) a carrément remis en question la parole du premier ministre.

Selon le chef caquiste, M. Daoust ne voulait pas vendre les actions, comme le rapporte un document rendu public cette semaine qu’il aurait écrit avant sa mort. Il y soutiendrait qu’on lui avait joué dans le dos pour autoriser la transaction.

Par ailleurs, son chef de cabinet, nommé par le bureau du premier ministre, n’a pas pu prendre seul cette décision et a donc obtenu l’aval du cabinet du premier ministre, a plaidé M. Legault.

Enfin, le chef de la CAQ a cité le rapport de la vérificatrice générale sur cette question, en évoquant que les membres du conseil d’administration d’Investissement Québec y affirmaient qu’ils ne se sentaient pas autorisés à vendre les actions et qu’ils avaient donc obtenu l’accord du gouvernement.

«Ce qui est clair, c’est qu’il y en a un des deux qui ment, c’est M. Daoust ou c’est M. Couillard», a déclaré M. Legault, en rencontrant les journalistes au cours d’une visite à l’Institut de technologie agroalimentaire.

«Moi, avec les informations qu’on a aujourd’hui, j’ai de gros doutes que c’est M. Couillard.»

Cela laisse donc entendre que le chef libéral a menti à la Chambre à la période de questions cette semaine.

Il est très rare qu’un élu, a fortiori un chef de parti, en accuse un autre de mentir en Chambre. Le fait de mentir à l’Assemblée peut constituer un outrage au Parlement, s’il a été induit en erreur. Il reviendrait alors à la présidence de se pencher sur l’affaire et de trancher.

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