Philippe Couillard se dit serein en ce jour d’élections

SAINT-FÉLICIEN, Qc — Le premier ministre sortant et chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, se dit serein en ce jour d’élections.

Il affirme avoir mené la campagne qu’il voulait, même si son parti était à égalité avec la Coalition avenir Québec (CAQ), et en baisse de popularité chez les francophones, si l’on se fie aux sondages d’opinion en fin de campagne. 

M. Couillard a voté lundi matin dans la circonscription qu’il représente depuis 2014, Roberval, au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Il était accompagné de son épouse, Suzanne Pilote.

Vers 10 h, il est entré au bureau de scrutin, à l’École Carrefour Étudiant, à Saint-Félicien. Il est ressorti souriant de l’isoloir, en lançant un «Voilà, bravo!», et a serré la main de tout le personnel électoral.

En mêlée de presse, il a dit qu’il était serein, parce qu’ultimement «le peuple est souverain».

«Je pense qu’on a fait une campagne de propositions concrètes pour les Québécois, appuyées sur un bilan franchement qu’on a rarement vu au Québec en termes de relance. Ça augure bien pour l’avenir», a-t-il déclaré, en incitant tous les électeurs à exercer leur droit de vote.

La journée est importante pour M. Couillard. Il pourrait faire mentir les pronostics comme en 2014 ou devenir le seul premier ministre libéral élu à n’avoir fait qu’un seul mandat depuis Adélard Godbout.

Comme si la pression n’était pas déjà assez forte, il a dû gérer l’annonce, lundi matin, d’une entente entre le gouvernement fédéral canadien et les États-Unis sur le libre-échange.

Enfilant ses habits de premier ministre, il s’est aussitôt déclaré insatisfait de la disposition sur l’agriculture et l’industrie laitière dans cette entente «très mauvaise pour le Québec».

«Je vais me tenir aux côtés des fermes familiales du Québec et de notre modèle québécois d’agriculture, comme je l’ai toujours fait», a-t-il déclaré.

«Ce qui pour moi compte beaucoup, c’est la vie dans nos régions, l’occupation de notre territoire et le type d’agriculture qu’on veut pratiquer au Québec, (…) une agriculture de taille humaine, à visage familial, qui n’est pas une agriculture industrielle dans laquelle on perd toute capacité de prendre des décisions.»

Les libéraux tiennent trois grands rassemblements de soirée électorale: à l’Hôtel du Jardin, à Saint-Félicien, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, au New City Gas à Montréal, et à l’Hôtel Plaza de Québec.

Au moment de la dissolution de l’Assemblée nationale, le Parti libéral du Québec (PLQ) détenait 68 sièges.

L’opposition officielle était formée par le Parti québécois (PQ), avec 28 sièges. La CAQ de François Legault était le deuxième groupe d’opposition avec 21 sièges, tandis que Québec solidaire en avait trois. Cinq députés étaient indépendants.

Philippe Couillard a eu la lourde tâche pendant la campagne électorale de défendre son bilan — il avait suscité la grogne en faisant des compressions — et d’essayer de convaincre les électeurs assoiffés de changement qu’il représentait une meilleure option que la CAQ.  

D’ailleurs, la plupart de ses attaques ont porté sur la confusion entourant les propos de François Legault en immigration. Comment faire confiance à quelqu’un qui ne comprend pas comment ça marche? Pourquoi porter au pouvoir quelqu’un qui veut diviser, plutôt que de rassembler? Quelqu’un qui nie le problème de la pénurie de main-d’oeuvre au Québec?

Accusé par la CAQ de mener une «campagne de peur», M. Couillard a tenté de démontrer qu’il menait, au contraire, une campagne positive.

Il a vanté son bilan en matière d’économie et de gestion des finances publiques. Déficit zéro. Quatre budgets équilibrés. Un rapport du directeur parlementaire du budget à Ottawa qui a louangé le travail de son gouvernement.

M. Couillard s’est également engagé à «faciliter la vie des Québécois» en proposant plusieurs mesures, telles que des soins dentaires gratuits jusqu’à 16 ans et pour les aînés vulnérables, le stationnement gratuit dans les CHSLD, de meilleures conditions de travail pour les employés du secteur de la santé, des limites à l’accaparement des terres agricoles, etc.

Il s’est qualifié «d’homme de parole» et de «premier ministre des régions».

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