Pierre Poilievre déplore les drapeaux anti-Trudeau, mais il comprend cette colère

OTTAWA — Pierre Poilievre soutient qu’il n’aime pas les drapeaux arborant des jurons que des Canadiens brandissent pour dénoncer le premier ministre Justin Trudeau.

«Je n’aime pas les drapeaux et je n’aime pas la rage, a affirmé le chef conservateur lors d’une conférence de presse de fin d’année à Ottawa vendredi. Mais je pense que nous devons nous demander : ‘‘Pourquoi les gens sont-ils si en colère?’’ Et la réponse est qu’ils ont mal.»

Mais le chef conservateur fédéral dit aussi qu’il comprend la colère qui alimente de telles manifestations — et qu’il appartient au gouvernement et aux politiciens d’y répondre.

Ces commentaires font suite à un article de blogue de son prédécesseur à la tête du Parti conservateur du Canada. Erin O’Toole se dit préoccupé par le fait que ces drapeaux sont symptomatiques de la polarisation politique croissante au Canada, qui normalise la rage et les discours agressifs.

M. O’Toole a indiqué que l’un de ses souhaits pour 2023 est «de voir moins» ces drapeaux anti-Trudeau à travers le Canada. L’ex-leader conservateur a décrit le premier ministre comme un adversaire politique lors des dernières élections fédérales et non un ennemi.

Ses critiques ont aussi ciblé les acteurs de l’extrême droite et de l’extrême gauche, les accusant de contribuer à une polarisation croissante de la politique canadienne en montant les uns contre les autres.

Les drapeaux ont été particulièrement liés aux manifestations du «convoi de la liberté», dont les membres ont été courtisés par M. Poilievre lors de la course à la chefferie conservatrice.

Le caucus conservateur avait évincé M. O’Toole en tant que chef quelques jours seulement après le début des manifestations à Ottawa.

Questionné sur les propos de M. O’Toole et les drapeaux, Pierre Poilievre estime qu’il est facile pour les politiciens de dire aux Canadiens d’arrêter de se plaindre, mais il soutient que bien des gens sont en colère parce qu’ils ont des ennuis, notamment financiers. 

«Bien sûr, disons aux gens d’être plus civilisés. Mais en tant que dirigeants politiques, essayons réellement de résoudre les problèmes qui ont fâché et blessé les gens. C’est notre travail de transformer cette douleur en espoir.»

M. Poilievre a poursuivi en suggérant que de nombreux Canadiens sont en difficulté parce que le gouvernement libéral est déconnecté, avant de promettre d’être un premier ministre «qui rassemble les gens et leur donne l’espoir que demain sera meilleur».

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