Piscines, arénas, gyms, plages et matchs d’équipe autorisés dès lundi

QUÉBEC — Le déconfinement des sports se poursuit. Québec autorise les piscines, les arénas et les centres de conditionnement physique, ainsi que les plages publiques et privées, à rouvrir à compter de lundi et précise que les matchs de sports d’équipe pourront également reprendre à cette date.

En conférence de presse mercredi, le directeur national de la santé publique, Dr Horacio Arruda, a nié que cette annonce ait été précipitée en raison de la décision la veille d’un propriétaire de gym de Québec de défier les autorités et rouvrir les portes à ses clients.

«Je ne vis pas sous pression ou sous menace ni du gouvernement ni d’un groupe», a-t-il déclaré, en condamnant le «signe d’impatience» de Dan Marino du Mega Fitness Gym de Québec.

«Je ne favorise pas la désobéissance sociale. (…) J’espère que ça ne donnera pas l’idée à d’autres de le faire parce que c’est comme ça qu’on peut perdre le contrôle.»

La ministre déléguée à l’Éducation, Isabelle Charest, a opiné du bonnet, rappelant qu’il fallait respecter le calendrier de déconfinement. «Si tout le monde dicte sa façon d’opérer en fonction de ses besoins, bien évidemment on se retrouve dans une situation qui est ingérable», a-t-elle affirmé.

M. Marino avait déploré dans les médias que les gyms, fermés depuis le 24 mars, aient été «oubliés». Il avait plaidé le droit de rouvrir son établissement et de «gagner sa vie honorablement», sans quoi il ferait faillite.

Pour sa part, Christian Ménard, propriétaire du Pro Gym de Montréal, qui compte 9000 membres, se dit prêt à rouvrir lundi. «Ce que je vais demander aux gens, c’est d’essayer de rester au maximum deux heures dans le gym et de laisser aller un roulement», a-t-il expliqué en entrevue.

L’annonce de mercredi s’inscrit dans le cadre du déconfinement du domaine sportif et des activités physiques entamé par les autorités de santé publique il y a quelques semaines. Le golf et le tennis ont fait partie du premier groupe d’activités qui ont reçu le feu vert du gouvernement du Québec, à la mi-mai.

Du côté des sports d’équipe extérieurs, comme le baseball et le soccer, ils ont été autorisés à reprendre les entraînements dès le 8 juin et les matchs pourront reprendre le 22 juin.

«Nos joueurs se réjouiront, a réagi mercredi le directeur général de Soccer Québec, Mathieu Chamberland, dans un communiqué. Cette annonce signifie non seulement le début des matchs mais aussi que nos jeunes joueurs de 4 à 6 ans pourront commencer à fouler les terrains de soccer.»

La ministre Charest demande tout de même à tous les sportifs d’éviter d’utiliser les vestiaires et les toilettes, même si ces endroits ne sont pas interdits d’accès. Elle a précisé qu’il ne sera pas nécessaire de porter un masque lors de la pratique d’un sport, puisque celui-ci pourrait nuire à l’oxygénation, et que seuls les contacts «accidentels et sporadiques» seront tolérés.

Les compétitions de sports de combat demeurent interdites.

Le Dr Arruda a prévenu les fédérations sportives qui pourraient être tentées d’ignorer les consignes de santé publique (distanciation physique, étiquette respiratoire et lavage de mains avant et après la pratique d’un sport) contre le danger de «perdre leur réputation» en devenant «la source d’un problème».

Parcs aquatiques et 2e vague

Les parcs aquatiques ont quant à eux vécu une autre déception, mercredi. Le Dr Arruda a expliqué que ces parcs ne pourront pas rouvrir, puisqu’ils tombent dans la catégorie des «activités récréatives» qui attirent des gens de plusieurs régions.

D’ailleurs, le directeur national de santé publique s’est montré inquiet de l’arrivée d’une deuxième vague de la COVID-19. Ce n’est pas parce qu’il fait beau et chaud que le coronavirus a disparu, selon lui. «Je suis toujours en train de me dire: Quand est-ce que ça va réapparaître, a-t-il confié. Je suis le mauvais garçon qui vient dire: Oups, attention.»

Il a par ailleurs confirmé que son équipe et lui revoyaient la stratégie de dépistage du Québec. Mardi, le premier ministre François Legault avait déclaré avoir demandé au Dr Arruda un plan pour augmenter le nombre de tests. «Il faut que je le fasse, parce que la question m’est posée, et puis si je veux être capable de survivre à ma santé mentale, il faut que je vois ce nombre-là remonter», a dit Horacio Arruda mercredi.

Dimanche dernier, le nombre de tests de dépistage menés quotidiennement dans la province a chuté à 5200. La cible du gouvernement se situe plutôt autour de 14 000 tests par jour.

Pourquoi les Québécois ne se font-ils plus tester? Le Dr Arruda a évoqué plusieurs raisons, dont la «saturation». À l’instar du premier ministre, il n’exclut pas de mettre sur pied une campagne publicitaire pour «re-motiver la population».

«Il y a une saturation des consignes du Dr Arruda, et même il y en a qui disent que c’est un complot et il n’y en avait pas de problème», a-t-il admis en parlant de lui à la troisième personne.